Après l’optimisme, un camouflet plutôt que l’aide espérée !


Après l’optimisme, un camouflet plutôt que l’aide espérée !

Les syndicats du secteur aérien se sont montrés optimistes lorsque le ministre des Transports s'est publiquement engagé, le 8 novembre 2020, à collaborer avec les compagnies aériennes pour élaborer et finaliser des mesures d'aide. Unifor, l'APAC, l'ALPA et la CALDA ont aussi été encouragés quand le ministre des Finances a ensuite confirmé cet engagement dans l'Énoncé économique de l'automne.

« Or, 10 semaines plus tard, rien n'indique que cette aide s'en vient », se désolent-ils.

Se disant «dévastés» par le manque d'aide financière directe au secteur après des mois de promesses, les syndicats (qui représentent collectivement plus de 300 000 travailleurs canadiens) réclament de nouveau une entente urgente entre le gouvernement fédéral et les transporteurs du Canada.

Ils souhaitent « une contribution financière directe et significative, comparable à celle que d'autres pays ont apportée à leur propre secteur ».

LIRE PLUS – Nouveau cri du cœur des syndicats : « Les dommages au transport aérien pourraient devenir permanents » 

La SSUC aux employés de transporteurs étrangers

Les syndicats souhaitent cette aide d’autant plus qu’ils ont appris que des transporteurs étrangers commandités par les États ont pu se prévaloir, non seulement d'une aide gouvernementale dans leur pays d'appartenance, mais aussi de la Subvention salariale d'urgence du Canada (SSUC) pour leurs employés basés au Canada.

« La décision du gouvernement de soutenir les transporteurs étrangers peut techniquement cadrer avec les règles du programme de SSUC, mais elle représente un camouflet de plus pour les transporteurs nationaux et l'ensemble de l'industrie de l'aviation, a déclaré Jerry Dias, président national d'Unifor.

Selon lui, le Canada devrait faire passer en premier les besoins du Canada et de ses transporteurs aériens.

« Cette omission est d'autant plus déplorable que bon nombre de ces transporteurs étrangers ont déjà reçu une aide gouvernementale directe de leurs pays respectifs », dénonce-t-il.

L’aide s’impose d’autant plus, selon les syndicats, que d'autres pays sont déjà en train de préparer une deuxième série de mesures d'aide pour leur secteur aérien –  « alors que le Canada n'a toujours rien fait »…

« Une crise pire que toutes les crises précédentes réunies »

Les syndicats soulignent que les transporteurs aériens du Canada ont déjà été durement éprouvés par le passé – notamment par les attentats du 11 septembre et le SRAS. Selon eux, la pandémie actuelle est « pire que toutes les crises précédentes réunies » et il faudra le soutien du gouvernement pour permettre au secteur de survivre sous une forme quelconque.

« Unifor, l'APAC et l'ALPA exhortent le nouveau ministre des Transports et les compagnies aériennes, au nom des milliers d'employés du secteur aérien au Canada, à tout mettre en œuvre pour parvenir à une entente de façon à soutenir ces travailleurs comme d'autres pays l'ont fait pour les leurs », insiste Rob Giguere, chef de la direction de l'APAC (Association des pilotes d'Air Canada).

Selon Tim Perry, président de l'ALPA (Air Line Pilots Association) Canada, « les législateurs canadiens continuent de rater le coche », faute de consulter comme il se doit les parties prenantes de l'industrie de l'aviation et les associations syndicales.

« Ils ont carrément ignoré les nombreuses recommandations bien articulées et basées sur la science qui leur ont été faites », déplore-t-il.

Les perspectives d'une reprise future à des années d'ici...

« Les responsables du gouvernement et des compagnies aériennes doivent conclure une entente. Plus les choses traîneront, plus nos travailleurs en paieront le prix – car il y a chaque jour de nouvelles annulations de liaisons et pertes d'emplois, et les perspectives d'une reprise future semblent à des années d'ici », conclut Russ Williams, président de la CALDA (Canadian Airline Dispatchers Association).

Indicateur