Dimanche,  27 novembre 2022  4:20

Transat: «Nous sommes toujours là. Nous sommes fièrement là. Et nous allons le demeurer.»


Transat: «Nous sommes toujours là. Nous sommes fièrement là. Et nous allons le demeurer.»

Hier (24 octobre), Transat a rassemblé une cinquantaine de ses plus importants partenaires d’affaires québécois au siège social d’Air Transat à Dorval pour leur présenter son programme hiver 2022-2023 et pour les remercier de leur soutien au cours des dernières années.

Après une visite de l’appareil-phare d’Air Transat, le Airbus A321neoLR, Joseph Adamo, chef de la direction ventes et marketing de Transat, a fait le point sur les activités de la Société, qui s’apprête à fêter ses 35 ans.

Cet anniversaire surviendra après « trois années et demie de tumultes », a indiqué M. Adamo – en additionnant aux années pandémiques la saga qui a suivi l’annonce d’une fusion entre Transat et Air Canada en mai 2019 (transaction qui a finalement avorté).

« Ç’a été assez rock’n’roll depuis trois ans et demi. Mais nous sommes toujours là. Nous sommes fièrement là. Et nous allons le demeurer », a déclaré Joseph Adamo.

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Une nouvelle Transat…

Mais si Transat est « toujours là », elle n’est plus exactement la même, a-t-il expliqué.

En effet, les tumultes des dernières années ont incité la société à repenser certaines de ses façons de faire. Elles l’ont aussi obligée à faire des choix parfois difficiles – comme celui de renoncer à ses ambitions dans le secteur de l’hôtellerie.

« On tourne la page et on se concentre sur nos activités-coeurs », a résumé M. Adamo, en évoquant les trois métiers clés de Transat – ceux de transporteur, de voyagiste et de détaillant.

Joseph Adamo, chef de la direction ventes et marketing de Transat.


Le recentrage sur l’Est du Canada, « une bonne décision »

Autre décision importante découlant de la pandémie : celle de se retirer de l’Ouest canadien, pour se concentrer dans l’Est du pays, en Ontario, au Québec et dans les Maritimes. « Une bonne décision », a estimé Joseph Adamo.

Il a souligné que, globalement, cette décision se traduira en 2023 par un déploiement de capacité très similaire à celle de 2019 – mais en forte croissance au Québec. « L’offre sera très abondante et très diversifiée », dit-il. Et ce, tant vers le Sud que vers l’Europe...

Le chef de la direction ventes et marketing de Transat a mentionné que TS entend aussi densifier son offre, y compris durant les saisons intermédiaires. « Faire voler les appareils, c’est le nerf de la guerre. Un avion qui dort, ce n’est pas payant », a-t-il noté.


L’importance d’un transporteur performant

Joseph Adamo a expliqué que la décision de recentrer les activités de Transat dans l’Est du pays sera bénéfique pour l’ensemble de l’écosystème du groupe, qui repose à la base sur la performance de son transporteur. « Sans un transporteur efficace et ultimement profitable, le groupe ne tient plus. »

C’est aussi ce qui explique l’énergie que Transat investit tant dans la modernisation, le rajeunissement et la simplification de sa flotte. Celle-ci est désormais « tout Airbus », composée d’A330 et d’A321 (A321ceo ou A321neoLR, et même des A321neoXLR à partir de 2025). Joseph Adamo ne tarit pas d’éloges à propos de ces appareils « plus verts, plus silencieux et commercialement plus agiles ».

Mais si Transat recentre ses activités dans l’Est du Canada, elle n’abandonne pas la clientèle du reste du pays. Celle-ci pourra profiter des ententes de partage de code que la Société a conclu avec WestJet et Porter ainsi que du renforcement du rôle de plaque tournante des aéroports Montréal-Trudeau et Toronto Pearson.

Joseph Adamo a fait valoir que, globalement, cette dynamique permettra à Air Transat d’être plus compétitive non seulement vis-à-vis des acteurs locaux de l’aviation, mais aussi vis-à-vis de compétiteurs européens comme Air France, KLM et British Airways.

 

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Stabilisation, transformation, confiance, prudence…

Alors que 2022 aura été « une année de stabilisation et de transformation » pour Transat, Joseph Adamo entrevoit 2023 avec « confiance et prudence ».

Relevant que ces concepts peuvent paraître contradictoires, Joseph Adamo a expliqué que de nombreux défis continuent de se dresser à l’horizon : inflation, prix du carburant, fluctuation de la devise canadienne… Et que dire de la possibilité d’une récession – ce « mot en r » qu’on préférerait ne pas prononcer !

Malgré tout ça, Transat croit pouvoir se permettre d’être confiante pour 2023, en raison notamment de la demande latente qui demeure très importante.

« Beaucoup de gens qui auraient souhaité voyager en 2022 ne l’ont pas fait. Et ce n’est pas l’argent qui les a empêchés de voyager, mais d’autres craintes », a avancé M. Adamo, en postulant que beaucoup de ces gens voyageront finalement en 2023.

À plus long terme, l’évolution de la démographie canadienne permet aussi à Transat d’être optimiste puisqu’elle se traduira par un transfert massif de richesse au cours des 9-10 prochaines années. Les légataires voudront voyager, croit-on.



La marque Transat

Entre-temps, la marque Transat se porte bien, s’est réjoui Joseph Adamo en rappelant qu’Air Transat vient d’être désignée comme le meilleur transporteur loisir en Amérique du Nord. Qui plus est, les rétroactions de la clientèle après un voyage – du type « Recommanderiez-vous Transat à un ami ? » – sont également favorables, dit-il.

C’est dans ce contexte que Transat a lancé, le 3 octobre, la nouvelle et très dynamique campagne de marque « Le voyage nous transporte ».


Mais les délais d'attente ?

Il n’en demeure pas moins que l’expérience client continue de poser de grands défis au centre de contact. Lors de sa rencontre avec les partenaires, Joseph Adamo ne s’en est pas caché…

« Notre niveau de service demeure inacceptable. Je n’aurais pas pensé qu’on en serait encore là en octobre 2022 », a-t-il reconnu, en s’excusant.

Il a assuré que les problèmes ne découlent absolument pas du fait que Transat chercherait à faire des économies, à sauver sur les salaires ou sur les budgets… Au contraire, Transat ne cesse de recruter et de former de nouveaux employés, dit-il. D’ailleurs, les choses s’améliorent, selon lui – notamment grâce au déploiement de nouveaux outils libre-service –, même si l’amélioration demeure trop peu perceptible jusqu’à maintenant.

Joseph Adamo a donc demandé encore un peu de patience à ses partenaires : « On va y arriver. On va s’en sortir et ça ne sera pas si long »








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