Haïti : des touristes québécois coincés dans leur hôtel


Haïti : des touristes québécois coincés dans leur hôtel
Le Royal Decameron Indigo Beach Resort & Spa à Haïti.
Antoine Stab

C’est d’abord en tant que journaliste plein air qu'Antoine Stab a découvert le monde du voyage et son industrie. Français d'origine et québécois d'adoption, il se dit curieux de tout, autant ce qui se passe dans la cour arrière qu’à l’autre bout du monde.

Une centaine de touristes québécois sont présentement confinés au Royal Decameron Indigo Beach Resort & Spa, un hôtel de la Côte des Arcadins, en Haïti. Les violences qui secouent le pays les empêchent de se rendre à l'aéroport de Port-au-Prince.

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Air Transat, qui opère deux vols réguliers entre Port-au-Prince et Montréal, chaque mercredi et dimanche, estime ne pas être en mesure d'assurer en toute sécurité le transfert vers l'aéroport de ses clients, qui ont acheté un forfait tout inclus auprès du voyagiste. 

« Ils devaient prendre un avion dimanche dernier et hier (mercredi). Malheureusement, les transferts n'ont pas pu se faire pour des raisons de sécurité. Il y a des embâcles sur plusieurs routes du pays, et notamment celle qui mène à l'aéroport. La situation est hors de notre contrôle, car ces entraves varient selon le lieux des manifestations »,  explique Debbie Cabana, porte-parole d'Air Transat à PAX.

L'hôtel est situé à environ 75 kilomètres au nord de la capitale d'Haïti. La route 1, la seule qui relie l'établissement hôtelier à l'aéroport, est jugée extrêmement dangereuse et les gens ne s'y aventurent pas.

Escorte policière ou transport en hélicoptère ?

La conseillère de voyages Nancy Trépannier de l'agence Odyssea Voyage a deux de ses clients qui sont actuellement bloqués. 

« On s'échange des messages via Facebook Messenger. La communication n'est pas toujours bonne. J'ai le sentiment qu'Air Transat prend la situation au sérieux. Ils font ce qu'ils peuvent pour assurer la sécurité de mes clients. J'espère que la situation va s'arranger rapidement et qu'ils vont pouvoir trouver un moyen sécuritaire de faire le transfert » indique-t-elle en entrevue à PAX.

Un appareil spécialement affrété par Air Transat est en attente pour les rapatrier, en plus du vol toujours maintenu pour dimanche prochain. Mais l'avion ne décollera pas vers Port-au-Prince tant que la problématique du transfert n'est pas résolue.

La compagnie aérienne assure être en contact constant avec les touristes québécois coincés à l'hôtel, ainsi qu'avec les autorités locales et l'ambassade canadienne pour trouver une solution. 

Elles envisagent notamment l'idée d'un transfert de l’hôtel à l’aéroport, accompagnée d’une escorte policière. Une autre solution pourrait venir par les airs, avec un transport en hélicoptère, comme l'ont fait des clients d'un autre voyagiste, ce que Transat refuse de faire jusqu'ici, invoquant des raisons logistiques et de sécurité pour la centaine de touristes impliqués.

« Premièrement, il y a le nombre de passagers : les hélicoptères qui sont disponibles peuvent en transporter entre deux et quatre, donc on parle d'une opération qui se prolongerait probablement sur une vingtaine d'heures. Et l'hélicoptère n'est pas un moyen absolument sûr dans la situation où nous sommes aujourd'hui. Ce qui nous paraît, nous aujourd'hui, comme la meilleure solution, c'est un convoi terrestre », a fait valoir le vice-président de Transat, Christophe Hennebelle, en entrevue avec La Presse canadienne, précisant que cette décision avait été prise de concert avec les autorités canadiennes sur place. « La meilleure solution envisagée dans la discussion avec l'ambassade, c'est la voie terrestre ».

Un pays divisé

Haïti connait des problèmes politiques et sociaux chroniques depuis de nombreuses années. Dernier épisode : le 11 février dernier avec des manifestations violentes et des barricades dans les principales villes du pays.

Dernier épisode en date : de violentes secousses sociales, des manifestants réclamant le départ du président haïtien Jovenel Moïse pour de multiples raisons. Les manifestations ont jusqu'ici coûté la vie à plusieurs protestataires et de nombreuses activités sont paralysées en raison du mouvement soulevé par la colère populaire.

En réaction, le gouvernement canadien a mis à jour hier ses « conseils aux voyageurs et avertissements » en recommandant à ses ressortissants d’éviter tout voyage non essentiel dans le pays.

Malgré tout, les opérations aériennes d'Air Transat et d'Air Canada se déroulent normalement, bien que les deux compagnies aériennes aient pris l'initiative d'adapter sa politique de flexibilité.

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