Dimanche,  8 décembre 2019  1:35

Après un été difficile, Sunwing aborde l’hiver en pleine confiance


Après un été difficile, Sunwing aborde l’hiver en pleine confiance
Sam Char, Colin Hunter, Lyne Chayer et Mark Williams.
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

« Un cauchemar. »

C’est le mot utilisé par Colin Hunter, président-fondateur de Sunwing, pour qualifier les effets de l’immobilisation du B737 MAX sur les résultats de l’entreprise l’été dernier. Toutefois, c’est avec beaucoup de confiance que Sunwing aborde maintenant la saison hiver 2019-2020.

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PAX s’est entretenu avec les dirigeants de Sunwing en marge de la première pelletée de terre du futur siège social québécois de l’entreprise à Laval.

Quel a été l’effet de l’immobilisation du B737 MAX sur les résultats de Sunwing pendant l’été ?

Colin Hunter : L’été 2019 aura été un cauchemar. L’immobilisation du B737 MAX a soustrait quatre appareils de notre flotte. Il nous a fallu compenser en sous-louant d’autres appareils.

Malheureusement, les appareils disponibles étaient peu nombreux et ceux que nous avons obtenus, auprès de transporteurs américains, ne rencontraient pas nos standards. Nous avons fini par payer des sommes importantes pour des appareils qui ne nous satisfaisaient pas.

Nous considérons l’été 2019 comme perdu. Une saison à oublier.

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Les projections pour l’hiver 2019-2020 sont-elles plus favorables ?

Colin Hunter : L’hiver 2019-2020 se présente beaucoup, beaucoup mieux. Le B737 MAX n’est toujours pas disponible, mais nous avons pu affréter des appareils qui rencontrent parfaitement nos standards. Cette fois, nous nous sommes tournés vers des transporteurs européens, pour qui l’hiver est la basse saison.

Nous ignorons encore quand nous pourrons utiliser à nouveau nos B737 MAX, mais cela n’est plus un problème, car, pour éliminer toute incertitude, nous avons conçu notre programme hivernal sans tenir compte de ces appareils. Les appareils provenant d’Europe dont nous disposons nous accordent une capacité adéquate pour la saison qui s’amorce.

Quant à l’été 2020, il est encore loin. On devrait mieux savoir d’ici là à quoi s’en tenir avec les B737-MAX…

Comment évaluez-vous la capacité globale sur le marché pour l’hiver 2019-2020 ? Y a-t-il un risque de surcapacité ?

Colin Hunter : Ça dépend de si le B737 MAX revient dans le portrait et de quand il y revient. En cas de retour, il risque d’y avoir soudainement trop d’avions disponibles, puisque la plupart des acteurs de l’industrie ont, comme nous, rebâti leur programme sans le B737 MAX.

Mais cela se traduirait-il nécessairement par de la surcapacité ? C’est difficile à dire. Ça dépend notamment du délai de notification pour le retour des appareils prévu dans les contrats conclus avec les entreprises qui les ont loués…

Sunwing a-t-elle augmenté son offre pour l’hiver 2019-2020 ?

Sam Char : Au départ de Montréal, notre capacité est augmentée puisque nous avons affecté un appareil supplémentaire à la métropole. Nous avons également accru légèrement notre capacité au départ de Québec. D’ailleurs, la réponse pour le nouveau service Québec-Mazatlan est déjà excellente. Le marché de Québec répond toujours bien aux nouveautés, tant en individuel qu’en groupe.

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Par contre, alors que nous offrions six vols hebdomadaires au départ de Bagotville, nous n’en offrirons plus que quatre cette année. À cause de la situation avec le B737 MAX, nous ne pourrons plus offrir de vols au départ de Sept-Îles cet hiver. Mais au départ de Val-d’Or, nous continuons d’offrir deux vols hebdomadaires, en plus d’offrir un vol par semaine au départ de Mont-Joli.

Quelle est la part de marché de Sunwing dans le secteur du tourisme-voyage au Canada ?

Sam Char : Le but de Sunwing n’a jamais été d’accroître ses parts de marché pour accroître ses parts de marché. Le but de Sunwing est d’être profitable – ce qui n’a rien à voir avec la grosseur des parts de marché.

Au fil des années, des dizaines d’entreprises de l’industrie ont disparu. Plusieurs d’entre elles avaient établi des tarifs trop bas ou mal contrôlé leurs dépenses afin d’accroître leur part de marché. Mais elles l’ont fait au détriment de leur profitabilité, ce qui a entraîné leur perte. Cela n’arrivera pas à Sunwing !

Colin Hunter : Notre priorité est d’offrir un bon produit, au bon prix, à la satisfaction du client, de façon à ce que ce dernier nous revienne ensuite.

Sunwing s’inquiète-t-elle du changement au paysage concurrentiel que pourrait provoquer l’accord entre Air Canada et Transat ?

Colin Hunter : Non, ça ne nous inquiète pas. L’achat de WestJet par Onex n’est pas non plus une source d’inquiétude pour nous. Le paysage concurrentiel change constamment et nous nous y adaptons toujours.

Le fait d’être une entreprise intégrée verticalement, avec nos voyagistes, notre compagnie aérienne, nos hôtels, notre réceptif terrestre, etc. nous confère une grande indépendance et nous met à l’abri.

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Sunwing a-t-elle songé à acquérir Transat ?

Colin Hunter : Non. On nous a approchés plusieurs fois en vue d’ententes de ce genre, mais nous n’avons jamais été intéressés.

Quand on souhaite prendre le contrôle ou se fusionner avec une entreprise qui est en affaires depuis aussi longtemps que l’est Transat, le coût de l'héritage (legacy cost) est nécessairement très élevé. Trop élevé à nos yeux.

Nous préférons suivre notre propre voie. Nous avons un partenariat très satisfaisant avec TUI. Et puisque nous sommes profitables, ce partenaire ne cherche jamais à intervenir dans nos affaires !

Une partie de la famille Sunwing prend la pose en marge de la cérémonie de la première pelletée de terre. Les activités du centre d’appels seront consolidées au futur siège social québécois de Sunwing à Laval pour répondre aux besoins de la clientèle du Québec.

Sunwing pourrait-elle offrir des forfaits voyages en Europe un jour ?

Colin Hunter : Nous n’avons aucun projet en ce sens. Nous serions plus intéressés à développer davantage le marché américain, qui voyage durant les mois d’été et qui serait complémentaire à notre marché canadien voyageant plutôt l’hiver.

Nous exploitons déjà un voyagiste aux États-Unis, mais nos opérations sont limitées par le fait que nous ne pouvons pas yutiliser nos propres avions. Les lois nous obligent à utiliser des transporteurs américains, ce qui rend nos opérations moins profitables. Ça me prendrait un fils américain pouvoir faire voler nos appareils à partir des États-Unis !

Y a-t-il quelque chose que les conseillers ne savent pas à propos de Sunwing, mais qu’ils auraient intérêt à savoir ?

Colin Hunter : Je crois que la majorité des conseillers connaissent bien notre division hôtelière, Blue Diamond Resorts, surtout la marque Royalton qui est notre plus grand succès. Par contre, je pense que nos autres marques sont moins connues, notamment les Memories Resorts, les Starfish Resorts pourtant très présentes à Cuba.

Lyne Chayer : J’ai encore parfois l’impression de surprendre certains conseillers quand je leur dis que Sunwing englobe cinq divisions, à savoir le tour-opérateur au Canada, la ligne aérienne, le t.-o. Vacation Express aux États-Unis (qui est le deuxième plus important dans ce pays après Apple Vacations), notre réceptif à destination Expériences Sunwing (autrefois Nexus Tours) et la division hôtelière Blue Diamond Resorts.

Habituellement, les conseillers connaissent bien la marque Royalton, en effet. Mais quand on leur parle de Mystique Blue, Starfish, Grand Memories, Planet Hollywood, CHIC, c’est moins clair. De la même manière, je crois que certains conseillers saisissent mal l’importance de notre partenariat avec le géant TUI et ses nombreux avantages. [NDLR : le plus grand groupe de tourisme du monde détient 49 % de Sunwing.]

On a donc encore du travail de formation à faire pour faire connaître à nos partenaires l’étendue et la diversité des activités du Groupe Sunwing.

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Sunwing Airlines vient d’annoncer le remplacement de Swissport à YUL par TSAS – Avjet. Pourquoi ce changement ?

Lyne Chayer : Comme le contrat avec Swissport venait à terme, nous sommes allés en appel d’offres. Notre choix s’est porté pour TSAS qui nous a semblé le partenaire le plus efficace pour offrir un service à la clientèle amélioré à l’aéroport Montréal-Trudeau.

Mark Williams : Nous pensons que les vacances de nos clients commencent au moment où ils arrivent à l'aéroport. Nous sommes certains que ce nouveau partenariat avec TSAS à Montréal garantira un service haut de gamme à nos clients, autant dans l’aéroport que dans les airs.

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