Vox pop : l’effet du cocktail météo sur l’humeur de vos clients


Vox pop : l’effet du cocktail météo sur l’humeur de vos clients
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

Comment les sautes d’humeur de mère Nature et la météo en dent de scie affectent-elles la demande des clients d’agences de voyages ? Nous avons posé la question à cinq patrons d’agence.

Sylvie Myre, présidente de Voyages à Rabais :

« Quand survient une tempête, la première chose que le monde fait, c’est de pelleter. Dès qu’ils ont fini, ils remplissent nos lignes et nos bureaux !

Cette année, l’idée des vacances dans le Sud s’est imprégnée particulièrement tôt dans l’esprit des clients. Ma grand-mère avait l’habitude de dire que la troisième neige est celle qui reste, mais dans notre région, l’hiver s’est installé dès la première neige.

Malgré tout, il reste encore beaucoup de produits, y compris pour la semaine de relâche. Les prix peuvent être plus élevés et les clients doivent parfois faire preuve de flexibilité, notamment quant au jour du départ. Mais l’offre demeure abondante. »

France Gaudreault, présidente de Voyages Aqua Sud :

« Au Saguenay, il fait tellement froid ces jours-ci... C’est fou ! Nos clients sont au bout du rouleau : ils veulent partir. Je viens de réserver des vacances durant la semaine de relâche pour une cliente. Le forfait à 1100 $ choisi hier n’était plus disponible et elle a dû se rabattre sur un forfait à 1500 $. Il faut faire avec ce qui reste. C’est le jeu de l’offre et la demande ! »

Moscou Côté, directeur général de Voyages Constellation :

« Un jour, il fait tellement froid qu’on ne peut pas sortir. Le lendemain, il pleut et il y a de la slush partout. Avec cette météo, nous avons été bien occupés en janvier, oui. Un peu moins qu’on s’y serait attendu, cependant...

Mais on se dit qu’on est en avance sur le marché puisque le volume des ventes des principaux voyagistes est en léger recul, apparemment, ce mois-ci. Ce curieux recul s’explique peut-être par le fait que la météo a été maussade dès l’automne. Quand il fait mauvais, on le sait, les gens achètent davantage, mais s’il fait mauvais trois mois de suite, les gens n’achètent pas trois fois plus !

Il faut aussi se méfier des comparaisons sur un an, car l’année dernière était déjà nettement au-dessus de la moyenne. »

Nathalie Guilbert, copropriétaire et vice-présidente loisir de Groupe Voyages VP :

« Chez nous, la météo provoque parfois des problèmes de logistique (protection, annulation…), mais on ne peut pas dire que les ventes augmentent avec le froid, car nos clients tendent à réserver tôt !

L’an dernier, plusieurs se sont fait prendre à trop attendre. Cette année, ils ont profité des réservez-tôt dès leur sortie. Notre clientèle privilégie souvent des hôtels assez luxueux; elle ne veut pas risquer d’avoir à faire des compromis sur ce qu’elle veut en réservant à la dernière minute. »

Robert Turcotte, président de Groupe Voyage Hone :

« Ça fait 25 ans que je travaille dans le secteur du voyage et que j’observe les effets de la météo sur la demande des clients. Quand les gens sont tannés comme ils le sont depuis un mois, le volume d’appels augmente toujours. On ne se fera pas d’amis en souhaitant que l’hiver continue sur sa lancée… Mais si ça arrive, ce sera bon pour nous ! »

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