Vox pop : le plus irritant dans le quotidien d’un agent


Vox pop : le plus irritant dans le quotidien d’un agent
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

Le métier de conseiller en voyages comporte bon nombre de joies et plaisirs. Mais il comporte aussi son lot de désagréments et vexations. Nous avons contacté quelques conseillers pour savoir qu’est-ce qu’ils jugent le plus irritant dans leur travail quotidien.

LIRE PLUS : Frais de service, frais de dossier, honoraires... et maux de tête!

Martine Potvin, Club Voyages Sol Playa : les coupures de prix

Ce qui m’irrite le plus, c’est les coupures de prix faites par d’autres agences ou, pire encore, par les voyagistes – lorsque ceux-ci accordent des tarifs famille et amis à des gens qui ne devraient pas y avoir droit. C’est souvent nous qui conseillons ces voyageurs qui, ensuite, réservent auprès de gens qui n’ont rien fait d’autre que leur fournir un numéro d’employé. Quand c’est rendu que des agents de bord donnent leur code à des passagers pour un futur achat, il y a un vrai problème !

Les temps d’attente en ligne pour parler aux fournisseurs sont également une grande source d’irritation. Une grosse perte de temps. Parfois, on passe la journée entière à attendre. À la fin, on a les oreilles en chou-fleur!

Nancy Côté, Voyages Louise Drouin : les changements de prix

Le premier irritant qui me vient à l’esprit : les changements de prix. Un client appelle pour s’informer. On lui donne un prix. Une heure plus tard, il a pris sa décision et rappelle pour réserver… mais le prix a augmenté de 100 $ par exemple. Ça arrive souvent. Nous, on n’y peut rien; on n’a aucun de contrôle là-dessus. Et même si on a bien prévenu le client que le prix n’était pas garanti, ça ne veut pas dire qu’il va l’accepter.

Il nous faut donc dealer avec ça; contacter le fournisseur pour voir s’il ne pourrait pas honorer le premier prix, etc. Parfois ça marche, d’autres fois pas. Et si le client se braque, alors, on recommence et on essaie de lui trouver autre chose. C’est beaucoup de taponnage!

Gabrielle Verville-Félix, Voyages Boislard Poirier : les coupures de commission

Moi, j’aime mon métier avec ses hauts et ses bas. C’est sûr que les longs temps d’attente en ligne peuvent parfois être agaçants. Personnellement, j’évite autant que possible d’appeler les fournisseurs en profitant des autres

outils à ma disposition pour trouver mes réponses. Et dans les cas où je dois appeler et qu’on me met en attente, je mets ce temps à profit en faisant autre chose, en répondant à d’autres clients...

Par contre, ce que je trouve vraiment démotivant, c’est le manque d’entraide de certains fournisseurs en ce qui concerne les commissions : tous les moyens semblent bons pour moins nous en verser !

Christophe Serreno, Voyages en Direct Place Victoria : les fausses idées sur les agents

Certains clients entretiennent des idées fausses sur les agents de voyages. L’image qu’ils ont de nous s’apparente à celle des vendeurs véreux de voitures usagées. On nous prend de haut. On critique nos prix par rapport à ceux trouvés en ligne. On met en doute la valeur de nos conseils. On critique nos frais de services...

Tout ça nous met sur la défensive : il nous faut constamment nous expliquer, justifier la valeur de notre métier. Une vente qui devrait se conclure en quelques minutes peut finir par prendre une heure ! C’est très irritant.

Nathalie Lahaie, Voyages Arc-en-Ciel : les clients me, myself & I

Je ne sais pas si ça se dit, mais il me semble que l’attitude me, myself & I est de plus en plus dans l’air du temps : trop de clients semblent centrés sur eux-mêmes. On dirait qu’ils recherchent la petite bête noire, qu’ils sont à l’affut de la moindre chose qui dérange leur confort. Ils sont impatients et n’hésitent pas à se plaindre si tout n’est pas parfait tout de suite. Je ne sais pas trop comment me l’expliquer : peut-être que les clients deviennent plus critiques à mesure qu’ils sont plus expérimentés ?

Pour ma part, je crois que, même s’il y a souvent de petites choses qui nous agacent, ça ne devrait pas nous empêcher de porter notre attention sur les belles et bonnes choses qui nous entourent. Quand je participe à des voyages de groupe, des membres s’étonnent souvent que je ne sois pas blasée, que je reste si positive, que je conserve mon enthousiasme, ma capacité d’émerveillement… C’est parce qu’il me semble que c’est la meilleure attitude à avoir et que j’essaie de la propager !

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