TDC : Nathalie Boyer à l’heure des bilans


TDC : Nathalie Boyer à l’heure des bilans
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

Dans quelques jours, Nathalie Boyer troquera son joli chapeau de directrice générale de Transat Distribution Canada contre un couvre-chef peut-être encore plus impressionnant : celui de vice-présidente exécutive et chef des opérations des Services réseau chez Raymond Chabot Grant Thornton.

Mais si Nathalie Boyer s’avoue excitée face aux défis qui l’attendent, c’est néanmoins le cœur gros qu’elle s’apprête à dire au revoir à une industrie qui la passionne depuis 20 ans. PAX s’est entretenu avec elle à l’heure des bilans.

20 ans chez Transat

Diplômée des HEC, la comptable agréée a fait ses premiers pas chez Transat en août 1999. Elle a occupé divers postes de direction, dont celui de directrice principale, finances et administration, avant d’être désignée DG de TDC en avril 2017.

« Je vais bientôt avoir 47 ans. Ça fait 20 ans que je suis chez Transat. L’occasion d’aller voir ce qui se fait ailleurs s’est présentée à moi sans que je la sollicite ou la cherche. J’ai décidé de la saisir », dit-elle.

En attendant le 31 juillet, Nathalie Boyer continue de se donner à 110 % à Transat, essayant de fermer quelques dossiers qui lui tiennent à cœur, tout en orchestrant une transition en douceur avec celle qui lui succédera, Louise Fecteau.

Ce dont elle est le plus fière

Quand nous demandons à Nathalie Boyer de quelles réalisations elle tire le plus de fierté en tant que DG de TDC, elle évoque spontanément le plan stratégique sur trois ans, développé au début de son mandat.

« Avec nos employés et nos membres, nous avons identifié les initiatives qui devraient être prioritaires. La plupart sont bien entamées, sinon complétées », se félicite-t-elle.

Rien ne comble davantage Nathalie Boyer de fierté que ses réalisations touchant l’innovation. Et à ce chapitre, sa plus grande réalisation – et sa plus concrète –, c’est sans doute l’agence laboratoire eX par Voyages Transat, établie dans le quartier Dix-30, à Brossard.

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« Définir les balises de l’agence de voyages de demain, penser au rôle de l’agent de voyages de demain, c’est quelque chose qui passionne depuis mes débuts. Je crois que l’agence eX pourra fournir aux membres de notre réseau des outils et des ressources pour continuer à inspirer les clients, les accompagner, les faire se sentir uniques... »

Vers demain

Nathalie Boyer est convaincue que l’agent de voyages peut demeurer encore très longtemps un pilier important dans le processus d’achat du client.

« Je crois foncièrement en l’importance des agents de voyages. Le meilleur ordinateur ne pourra jamais remplacer le contact humain. L’affichage d’un tarif sur une page web, ça ne fait pas fait vivre au client la même expérience qu’un conseiller passionné, qui inspire son client en partageant sa passion avec lui. »

Selon elle, l’avenir sourira particulièrement à ceux qui sauront s’adapter aux changements (plutôt que de vainement tenter de leur résister).

« Le potentiel demeure immense pour les agents qui regardent loin devant; pour ceux qui sont prêts à évoluer, à prendre des virages; pour ceux qui ont la volonté de saisir les opportunités pour être à la bonne place au bon moment. »

Ce qui lui manquera le plus

Qu’est-ce qui manquera le plus à Nathalie Boyer lorsqu’elle aura quitté l’industrie ? Sa réponse est spontanée : « les gens ! »

« Mes membres, mes collègues, mes employés, mes partenaires… C’est ce qui va le plus me manquer. Parce que toutes ces personnes ont enrichi mon parcours professionnel et personnel. Parce que sans tous ceux qui ont cru en moi et en qui j’ai cru, je ne serais pas celle que je suis aujourd’hui. »

Ce qui lui manquera le moins

Quand on lui demande ce qui lui manquera le moins, Nathalie Boyer réfléchit un moment… puis évoque « les marges ».

« C’est sûr qu’il y a quelques dossiers épineux dont je ne m’ennuierai pas. Cependant, la chose qui ne me manquera vraiment pas, ce sont les marges – ces marges minuscules qu’on dégage dans le domaine du voyage. C’est fou le travail que ça prend pour réaliser 1 $ de profit ! On doit faire beaucoup avec peu dans cette industrie ! »

TDC entre bonnes mains

Nathalie Boyer n’a pas de conseils à prodiguer à Louise Fecteau qui s’apprête à lui succéder.

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« Louise a l’étoffe d’une bonne leader, qui sera à l’écoute de ses membres. Elle connaît bien TDC. Je lui souhaite seulement de continuer à avoir du plaisir dans ce qu’elle fait et d’y mettre sa propre saveur pour être un agent de changement. »

Le plus beau des domaines 

Alors qu’approche le moment de faire ses adieux à ses membres, Nathalie Boyer enjoint ceux-ci à être fiers d’eux-mêmes et de leur profession – « ce qui implique de ne pas donner vos services », glisse-t-elle, ne pouvant s’empêcher de promouvoir encore une fois les frais professionnels.

« Et maintenez votre passion du voyage, qui est le plus beau des domaines », ajoute-t-elle.

Au revoir !

À l’heure d’entamer un nouveau chapitre de sa vie professionnelle, Nathalie Boyer ne ferme pas définitivement la porte à un éventuel retour, un jour, dans l’industrie.

« Pas du tout ! La vie est trop courte. On ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve. En plus, je suis passionnée du voyage et je suis sûre que je le demeurerai. Quoi qu’il arrive, je me sentirai toujours comme une ambassadrice de ce beau domaine ! »

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