Dimanche,  17 octobre 2021  0:06

L'agent en vedette : Normand Godin


L'agent en vedette : Normand Godin

Chaque semaine, tous les mardis, nous demanderons à un ou une conseillère en voyages de se livrer au jeu des questions-réponses en leur proposant de parler de voyage autrement... et de leur raconter quelques anecdotes au passage.

Cette semaine, c'est au tour de Normand Godin, conseiller en voyages à l'agence La Cité du Voyage à Laval, de se confier.

Depuis quand êtes-vous dans l’industrie ? 

Jeune, je ne me voyais pas travailler dans le domaine du voyage. Mais un jour, je me promenais sur la rue St-Jean à Québec et j’ai vu le bureau de recrutement des Forces armées canadiennes.

Par curiosité je suis entré et ils m’ont donné un rendez-vous quelques jours plus tard pour la batterie d’examen. À ma grande surprise, je pouvais choisir n’importe quel métier. Ne connaissant pas les 85 métiers des Forces canadiennes, je leur ai demandé de me montrer quels étaient ceux qui commençaient bientôt. Parmi ceux-là, il y avait « Assistant contrôleur aérien ». J’ai demandé ce que ça mange en hiver ? À la suite de la description, j’ai décidé que c’est ça que je prendrais.

Comme mon anglais n’était pas très bon, ils m’ont envoyé suivre un cours d’anglais pendant 6 mois. Après 5 ans, j’ai quitté mon poste et je suis allé à la baie James pendant 3 ans travailler dans le transport aérien. Pendant mon retour à Chicoutimi, je vois une annonce pour partir une agence de voyages. Tout ce que je connaissais du domaine, c’était tous les codes d’aéroport et les types d’avions. Depuis ce temps, je suis resté dans le domaine du voyage. Cela fait 35 ans !

Quel a été votre premier voyage ? 

Lorsque j’étais au secondaire, il y avait un programme fédéral : « Les Jeunes Voyageurs ». Je me suis inscrit et j’ai été choisi. Nous allions en groupe dans une autre région du Canada et nous habitions dans les familles d’autres participants.

Cela a commencé par un voyage en train de Québec à Ottawa puis Winnipeg. Ensuite nous prenions l’avion (mon premier vol) pour Thompson, Manitoba (je vous laisse trouver l’endroit sur la carte). C’est là que j’ai pris goût aux voyages. J’avais 14 ans.

Quel est votre plus beau souvenir de voyage ? 

L’Inde. La veille de notre visite prévue pour le Taj Mahal, il y a eu une énorme tempête qui n’a duré que quelques heures, mais a ravagé une bonne partie de la ville d’Agra. Nous nous sommes rendus à pied, car les autocars ne pouvaient pas passer. Lorsque nous avons passé le portail principal, wow ! Comme par miracle, aucun dégât majeur. C’était tout simplement magique. Il n’y a pas que le Taj Mahal de magnifique en Inde, mais celui-là est vraiment dans mon top 10.

La destination chouchou que vous recommandez le plus souvent à vos clients ?

 Je laisse l’opportunité au client de me faire pars de ses goûts. S’il souhaite une suggestion pour l’Europe de ma part, Il y a de fortes chances que je propose la Péninsule Ibérique. Elle n’a plus de secret pour moi. J’ai travaillé une saison en Andalousie. Ce qui explique peut-être pourquoi j’aime tant proposer ces destinations. Les plaisirs gastronomiques, l’histoire l’architecture et les plages sont autant d’arguments de ventes.

La demande la plus farfelue d’un client ? 

Une demande pour un mariage sikh avec le marié vêtu en vêtement style sultan sur son étalon décoré comme à l’époque des Maharajas et la belle princesse vêtue des plus beaux vêtements de princesse. Mais à Cancún. Ça ne s’est pas fait, car le prix les a quelque peu freinés.

Si vous aviez un conseil à donner à quelqu’un qui souhaite devenir conseiller en voyages, quel serait-il ? 

Spécialisez-vous rapidement dans les produits hauts de gamme, les croisières et les groupes. Ce ne sont pas les destinations soleil à elles seules qui vont vous faire vivre. N’ayez pas peur de charger des frais de service. Nous ne sommes pas des œuvres de charité. Le client satisfait aujourd’hui ne vous fera pas de cadeau dans 30 ans pour votre retraite. Tout travail mérite salaire. Est-ce que votre coiffeur fait votre coupe de cheveux gratuitement ?

Un deuxième conseil... Lorsqu’un client demande quelque chose et que ce n’est pas disponible ou impossible, offrez une alternative. Malheureusement, dans notre domaine comme dans bien d’autres, les conseillers sont souvent portés à clore la discussion trop rapidement.

Quelle serait « LA » vente que vous rêvez de faire ?

Vendre une croisière en Antarctique. Si je n’en vends pas une d’ici 2 ans, c’est moi qui la ferai. C’est prévu !

Un aspect de votre métier que vous aimeriez changer ? 

La certification de conseiller en voyages devrait inclure plus que le côté légal. Ça ne semble pas une priorité pour le gouvernement. La deuxième chose est la relation fournisseurs (grossistes) / client (le conseiller en voyages). Connaissez-vous bien des domaines où l'on traite le client comme l'on traite les agents de voyage ? Il n’y a que dans le domaine du voyage qu’un bon nombre de fournisseurs traitent ses clients avec si peu d’égards. Il y a bien entendu quelques exceptions. Donc améliorer la reconnaissance du travail effectué pour les transports et grossistes passe par une amélioration des commissions en cessant par exemple de « booster » les taxes qui n’ont rien à voir avec les vraies taxes dans le seul but de diminuer le montant commissionable. À chaque début de saison, les taxes sont « boostées ». Comme personne ne réagit, nos fournisseurs en profitent.


Si vous êtes conseiller ou conseillère en voyages et que vous désirez vous aussi participer à cette chronique, écrivez-nous à salledepresse@paxglobalmedia.com

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