Mercredi,  23 octobre 2019  12:33

EXCLUSIF - Affaire Vasco/Zellers : « On ne lâchera pas ! », dit Gilles Garceau


EXCLUSIF - Affaire Vasco/Zellers : « On ne lâchera pas ! », dit Gilles Garceau
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

Condamné à verser près de 1,5 M$ à cinq anciens franchisés Vasco/Zellers, Voyage Vasco ira-t-il en appel du jugement rendu le 30 août dernier par la Cour supérieure ? Compte tenu de l’importance des montants en cause, on peut présumer que oui… Cependant, on ne le saura peut-être que le 9 octobre, date limite du délai d’appel.

LIRE PLUS : La Cour donne raison à 5 ex-franchisés Vasco/Zellers

Entre-temps, les cinq agences demanderesses se disent très satisfaites de la décision de la juge Guylène Beaugé. Si elles ne peuvent pas encore crier victoire dans la guerre qui les oppose depuis 2011 à leur ancien franchiseur, elles estiment toutefois avoir remporté une bataille décisive. Et quoi qu’il advienne, elles se disent prêtes à poursuivre le combat, s’il le faut.

« On compte aller jusqu’au bout. On ne lâchera pas ! », affirme Gilles Garceau, employé-clé de l’une de ces agences, en entrevue avec PAX.

Un jugement « sans équivoque »

Le tribunal a établi à 190 342,79 $ le montant de la compensation qui devrait être versée par Vasco à Gilles Garceau et sa conjointe, Annie Guillemette, qui ont exploité l’agence Voyage Vasco Carrefour du Nord à l’intérieur du Zellers de Saint-Jérôme de novembre 2009 à juin 2012.

Avec les intérêts et autres frais et indemnités, le total atteint quelque 274 000 $. C’est une somme appréciable, bien qu’inférieure aux 310 110,03 $ qu’ils réclamaient. Gilles Garceau est-il déçu que la juge n’ait pas donné raison sur toute la ligne aux plaignants et ne leur ait pas accordé toutes les compensations qu’ils demandaient ?

« Pas du tout. Ça fait partie du jeu. La juge a basé sa décision sur la jurisprudence. Le jugement est très clair, très explicite, sans équivoque. Nous l’acceptons sans peine. C’est même une très grande victoire à nos yeux. Dans le plan de match que nous avions établi, l’étape que représente ce jugement était la plus importante », dit-il, en soulignant que les franchisés ont été raisonnables dans leurs réclamations.

Dure bataille

Néanmoins, Gilles Garceau ne cache pas que le parcours pour obtenir ce résultat a été difficile.

« J’ai travaillé fort. Ce n’est pas facile de devoir repartir à zéro, financièrement, à 64 ans, après avoir tout perdu. Je me suis présenté en Cour avec 30 000 pages de preuves ! Psychologiquement, ç’a été stressant. Il y a eu des moments où j’ai pensé tout abandonner... »

Mais lorsqu’un des plaignants commençait à se décourager, ses confrères étaient là pour le remonter, indique Gilles Garceau, très fier de la solidarité affichée par les franchisés.

« Au cours des huit dernières années, nous avons fait preuve de notre patience, mais aussi de notre résilience. Et quand nous avons obtenu le jugement, j’ai dit à mon garçon : tu vois, dans la vie, quand on est sûr d’être dans son droit, il faut aller jusqu’au bout sans baisser les bras. »

Encore du suspense 

Cela dit, Gilles Garceau est bien conscient que le suspense pas fini. Plusieurs mois, voire des années, pourraient encore s’écouler avant qu’un point final conclue l’affaire. Plusieurs obstacles pourraient encore se dresser avant que les agences demanderesses puissent disposer des compensations prévues dans le jugement du 30 août. 

« À ce propos, ce que je peux dire, c’est que nous avons envisagé toutes les éventualités et que nous nous sommes préparés pour chacune d’elles. Nous avons un plan A, mais aussi un plan B et C… En fait, nous avons un plan pour toutes les lettres de l’alphabet ! »

Pour la suite des choses, Gilles Garceau entend démontrer la même détermination et de la même combativité dont il a fait preuve durant toute sa carrière. À 72 ans, il roule sa bosse dans l’industrie depuis pas moins de 52 ans. Son parcours compte plusieurs hauts faits, dont celui d’avoir rempli presque à lui seul le premier vol d’Air Transat en 1987.

« Sur les 368 passagers, 328 étaient les miens. Je n’oublierai jamais ça », rappelle-t-il fièrement.

Ces dernières années, Gilles Garceau oeuvre avec bonheur chez InterSky – Voyages Inde. Il prendra sa retraite dans quelques semaines, mais n’entend pas abandonner son combat avec les autres agences demanderesses.

Outre l’agence Vasco Carrefour du Nord de Saint-Jérôme, les autres agences demanderesses dans cette affaire sont Vasco-Zellers Place Versailles, Vasco-Zellers Saint-George-de-Beauce, Vasco-Zellers Place Alexis Nihon et Vasco-Zellers Place Vertu.

Elles reprochent notamment à Vasco d’avoir fait de fausses représentations concernant la rentabilité de leurs franchises implantées dans des succursales de Zellers. Les franchisés reprochent aussi à leur franchiseur des « inexécutions contractuelles » et le tenaient responsable de leurs déboires financiers (pertes d’investissements, de bénéfices, d’expectative de profit).

Vasco n'a pas répondu aux demandes d'entrevue de PAX.

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