Dimanche,  22 septembre 2019  0:46

9 questions à Sylvain Ouellet


9 questions à Sylvain Ouellet

Chaque semaine, PAX demandera à différents acteurs de l'industrie (conseillers en voyages, fournisseurs, représentants, directeurs d'agence, alouette!) de se livrer au jeu des questions-réponses en leur proposant de parler de voyage autrement... et de leur raconter quelques anecdotes au passage.

Cette semaine, place aux confidences de Sylvain Ouellet, délégué commercial chez Tours Chanteclerc.

Votre premier voyage ?

Hormis les traditionnels voyages en voiture en famille du côté des plages du Maine, mais aussi la traversée de quelques états de la côte est jusqu’en Floride, mon premier voyage en avion s’est déroulé en Haïti, en avril 1979, il y a déjà 40 ans !

Je faisais partie d’un groupe qui s’appelait les Jeunes du Monde et ce voyage avait pour but d’aller à la rencontre du peuple haïtien, d’aller se sensibiliser à ce que l’on appelait à l’époque le tiers-monde. Nous avons bien sûr côtoyé la pauvreté en découvrant le bidonville de Cité-Soleil, un événement marquant de ma vie.

Mais durant ce voyage, j’ai rencontré des gens admirables, des gens souriants malgré l’autoritaire Jean-Claude Duvalier, dit Bébé-Doc, qui n’entendait pas rire avec son régime de terreur. Malgré tout le côté sombre de ce pays, c’est en Haïti que j’ai dégusté les meilleures mangues au monde. Je m’en souviens comme si c’était hier.

Voyage en sac à dos en Europe, en 1987

Une destination coup de cœur ?

L’Inde, un pays de tous les sens. Car oui, tous les sens sont sollicités pour le meilleur et pour le pire, mais y passer 4 mois me fut des plus mémorables. Un pays de contrastes, avec ses couleurs et ses odeurs. Sa gastronomie, sa culture, son histoire, sa musique, sa diversité, son rapport avec la vie et la mort. Rien ne se compare à aucun autre pays dans le monde.

J’y retournerais n’importe quand, surtout à Varanasi. Une ville considérée comme une des plus vieilles au monde, une ville sainte où toutes les religions se côtoient. Des millions de gens vont faire leur ablution dans les eaux sacrées du Gange, d’autres vont s’y faire incinérer sur les rives du même fleuve tout cela devant nos yeux. Difficile de rester insensible à ce spectacle de la vie et de la mort !

Une anecdote cocasse de voyage ?

Dans une rue étroite de Jaisalmer (en Inde), une vache sacrée me bloque le passage, j’essaie de la déplacer gentiment étant donné qu’elle était sacrée. Tout cela au grand bonheur des Indiens qui se moquaient, bien sûr, de ma trop grande gentillesse.

Il y a également la fois où nous nous sommes retrouvés envahis de singes à notre petit lodge de Varanasi. Un lodge sur le toit d’un édifice, face au Gange. Un endroit magique, mais comme nous avions des victuailles pour quelques jours, ce trésor alerta une horde de singes qui se sont passé le mot.

Résultat, apeurés, nous sommes demeurés enfermés dans notre chambre comme en cage alors qu’eux se prélassaient sur les chaises de notre terrasse. Le monde à l’envers !

Un objet souvenir que vous aimez rapporter ?

Je n’achète pas vraiment de souvenirs de style de magnet, petites cuillères, cartes postales ou autres babioles je suis plutôt du genre à prendre des tonnes de photos.

Ce que j’aime prendre ? À peu près de tout, de la simple végétation au grand paysage, des façades baroques, modernes ou art nouveau, des gens dans la rue, sur les terrasses, les détails d’une vieille porte, d’une vieille enseigne, les étals des marchés locaux en Europe, les horloges des campaniles. Bref, je capte tout ce que mon œil repère et que je trouve beau et original. Ces clichés sont vraiment mes plus beaux souvenirs que j’aime rapporter.

Une astuce voyage infaillible ?

Se fier à son intuition. Partout où je vais, que je sois seul ou avec un groupe, c’est ce que je fais. Quand je marche dans une grande ville, que ce soit pour aller dans une direction ou une autre, pour acheter quelque chose, pour le choix d’un restaurant.

Si je suis abordé par quelqu’un dans la rue, sans sombrer dans la paranoïa, il ne faut pas accepter n’importe quelle invitation. Le voyage est une belle fenêtre pour des rencontres, mais elles ne sont pas toutes bonnes et c’est là que mon intuition prend le relais. Mon 6e sens est un atout important.

Un plaisir coupable en voyage ?

En voyage, quand j’ai la possibilité, j’adore prendre une bonne bière locale d’une microbrasserie ou d’une brasserie typique. C’est un réel plaisir que de découvrir quelque chose qui est souvent unique. Assis sur une terrasse ou au bout d’un quai, sur le banc d’un parc à l’ombre ou sur le balcon de ma chambre d’hôtel, c’est mon petit bonheur heureux.

Comme la bière ambrée à la Myrte ou blonde à l’Arbouse (en Corse), la bière à la truffe (en Croatie), une bière fumée (en Allemagne), une bière provenant d’une Abbaye plusieurs fois centenaire. Quelque chose de typique qui est produit seulement à l’endroit même où l’on se retrouve. Ça, c’est vraiment mon plaisir coupable.

En Croatie

Êtes-vous déjà parti sur un coup de tête?

Jamais. Je dois avouer qu’aller à l’aéroport et prendre le premier vol qui part pour une destination où l’on n’est pas préparé, doit être assez excitant. Mais non, j’ai toujours bien préparé mes voyages personnels et professionnels.

La dépense la plus folle ?

Je ne suis pas un « magasineux » de nature, je me tiens loin des boutiques, car je n’ai aucun intérêt à acheter assiettes et babioles et c’est pour moi une perte de temps, sauf si je fais un achat particulier pour ma conjointe. Peut-être pour me faire pardonner de partir sans elle vers des horizons lointains. 

Une perle noire de la Polynésie, ou un vinaigre balsamique de 20 ans, un bijou original ou un foulard de soie, son parfum préféré. Mais non, aucune dépense très folle, en tout cas, pour moi.

Une bonne adresse dans le monde ?

Pour moi le monde du voyage n’est pas seulement à de très grandes distances ni nécessairement outre-mer. Dans le territoire que je couvre pour mon travail qui est tout l’est du Québec, je découvre de bons petits restaurants où j’aime bien me retrouver, comme quand on est chez soi.

Quand on voyage seul, être à une table doit être signe de plaisir et bien être donc Le Crêpe-Chigon de Rimouski est un bel endroit pour terminer la journée, tout comme La Parizza de Chicoutimi où leur pizza maison cuite sur feu de bois embaume l’atmosphère ou bien le Manoir du Café de Baie-Comeau, une nourriture savoureuse, un café parfait, une addition très raisonnable. Ce sont mes bonnes adresses de voyage… au Québec !

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