PAX à destination: la Tunisie aux mille trésors


PAX à destination: la Tunisie aux mille trésors
Anne Pélouas

Anne Pélouas est une journaliste chevronnée, travaillant depuis des années dans le domaine du voyage et du tourisme d’aventure. Elle a visité de nombreuses destinations, notamment en Europe et sur le continent américain. C’est une touche-à-tout avide de découvertes en plein air comme en ville, dans le « Nord » comme dans le « Sud ».

Destination « soleil » de la Méditerranée, la Tunisie a aussi d’énormes atouts pour attirer les étrangers avides de nature, de culture et de plaisirs gourmands.

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Du Cap Bon, au nord, au Petit Atlas saharien, au centre, on découvre un territoire magique où le littoral hachuré voisine des collines verdoyantes. Puis le désert, les lacs asséchés, la montagne et les oasis s’imposent dans le décor. En route, on visite des sites archéologiques et des musées d’exception.


Sidi Bou Saïd


De Tunis à Hammamet

Quel contraste dans Tunis que de passer à pied des larges avenues Mohamed V et Bourguiba aboutissant à la Porte de la Mer pour plonger dans la médina de la capitale nationale ! Autour de la mosquée Jamaa Ezzitouna, un réseau de ruelles et de souks vous attend.

Après une visite au grand souk de la Chichia (nom du chapeau tunisien traditionnel), on fait arrêt au vieux café Belkhadh, qui collectionne des objets récupérés, puis on se perd dans le « souk de la laine », devenu celui des bijoutiers…

Le marché central met l’eau à la bouche des amateurs de poissons et dévoile ses effluves épicés. S’y vendent aussi des dattes au gout délicat, qui figurent aux premiers rangs, avec les olives, des productions agricoles de la Tunisie.  

En route pour le Cap-Bon, à l’est de Tunis, l’heure est à la découverte du littoral et des plages, mais aussi de charmants villages comme Hammamet et Sidi Bou Saïd. Le bord de mer ne manque pas d’hôtels de toutes catégories.


Port Hammamet


À l’entrée de la péninsule du Cap-Bon, le fort d’Hammamet domine sa médina. Le petit port de pêche est bordé d’une promenade littorale qui donne à voir de belles maisons blanchies à la chaux. Dans les rues de la médina, l’artiste local Zarrouck a peint des poissons colorés près de nombreuses portes de maisons, en signe d’espoir de prospérité.

Sidi Bou Saïd charme pour sa part par son cadre, perché qu’il est sur une falaise dominant le golfe de Tunis. Ses maisons blanches sont ornées de nombreuses touches bleues, dont celles de curieux balcons fermés, mais ajourés en façade, nommés « moucharabieh ». Le village a attiré de nombreux artistes, écrivains et musiciens célèbres à partir de 1825.

Après la visite à pied du village, rendez-vous sur la colline de Byrsa aux ruines de Carthage. Le site archéologique de l’ancienne capitale punique et les vestiges romains sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. On se promène aussi à sa guise en contrebas dans les ruines des Thermes d’Antonin qui furent les plus grands au monde après ceux de Rome !

Par contre, le réputé Musée national du Bardo est fermé pour rénovations à Carthage.


Carthage


Une bonne année touristique en perspective

Au sud d’Hammamet, la route bordant le golfe de Hammamet offre un nouveau chapelet de plages et d’hébergements touristiques jusqu’à Sousse.

Sur le front de mer, le Sindbad est constitué de bungalows disséminés dans un beau jardin, avec une piscine et un restaurant donnant sur l’océan. En 2020, la pandémie n’a pas trop affecté l’hôtel, qui reçoit 80 % d’étrangers l’hiver, mais fait le plein de clients tunisiens l’été, précise son directeur général Rasmzi Akrout. L’année 2021 a été plus difficile pour le secteur hôtelier, ajoute-t-il, mais il s’attend à « une bonne saison estivale » cette année.

« Le tourisme est crucial pour l’économie tunisienne », souligne M. Akrout, en rappelant que le pays avait accueilli un record de 10 millions de touristes en 2019, puis seulement 3 millions en 2021.

Selon lui, le chiffre devrait remonter à 5 millions cette année, et ce, même en l’absence des Russes et des Ukrainiens, qui constituaient une part appréciable de la clientèle des dernières années.

« Il y a de la place donc pour d’autres clientèles étrangères, y compris en tourisme d’affaires, secteur qui redémarre également », dit-il.


Kairouan / Médina d'Hammamet / Musée de Sousse


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Culture religieuse et tapis à Kairouan

Proche de Sousse, Kairouan est la quatrième ville sainte musulmane du Maghreb. Sa grande mosquée a un minaret de 31 m de haut et sa salle des prières aux portes monumentales est couverte de tapis colorés. Le Mausolée du Barbier est aussi remarquable par ses faïences surmontées d’extravagantes sculptures en plâtre. 

Kairouan est aussi réputée, depuis le 13e siècle, pour le tissage de tapis en poils de dromadaire ou laine de mouton.


Canyon de Mides / Désert nord-ouest Tozeur


Des Hautes steppes au Petit Atlas tunisien

Dans cette région centrale de la Tunisie, Sbeïtla abrite les ruines de Sufetula, une mégapole de l’époque romaine qui demeure dans un état de conservation exceptionnel. Le capitole a trois temples dédiés à Minerve, Jupiter et Junon, qui se dressent dans le décor magistral des ruines.

Un peu plus à l’ouest, on rejoint le Petit Atlas saharien et ses oasisAu pays des palmiers dattiers, celle de Chebika est entourée de montagnes qui cachent de jolies chutes d’eau. Elle a servi de cadre pour le tournage, en 1997, du film Le Patient anglais.

La végétation de l’oasis disparait dès qu’on grimpe en hauteur, à pied, sur des rochers de calcaire couleur rosée, parfois incrustés de marbre et d’améthystes. Un peu plus loin, on fait arrêt au bord du gigantesque canyon de Midès qui s’étend sur trois kilomètres et a 65 mètres de profondeur…


Site romain de Sufetula-Sbeitla.


Balade dans le désert

« Voir Tozeur et revivre », écrivit Antoine de Saint-Exupéry après avoir été sauvé dans le désert tunisien par des Bédouins qui le transportèrent dans ce village.

De nos jours, on en traverse une partie du désert en 4 X 4, histoire d’expérimenter la conduite dans une tempête de sable ou voir un mirage sur le Chott Gharsa, grand lac salé et asséché. On marche un peu pour admirer de près quelques formations savamment sculptées par le vent, ou on grimpe Ong Jemal (cou du chameau), un gros rocher perdu dans le désert pour apprécier la vue à 360 degrés sur le désert environnant.


Matmata / Ong Jemal


Habitats troglodytiques et amphithéâtre romain

Dans la région du Dahar, plus à l’est, d’incroyables maisons troglodytiques sont creusées dans le roc comme des trous dans le gruyère à Matmata.

Sur la route du retour vers le nord, El Jem est un autre arrêt de choix au cœur du Sahel tunisien. Avec l’amphithéâtre de Thysdrus, la ville possède le quatrième plus grand modèle romain au monde. L’amphithéâtre est qualifié de « perle de l’architecture romaine en Afrique du Nord ».


L'amphithéâtre à El Jem


Dans le souk de Sousse

Pour finir ce périple en beauté, Sousse est parfaite avec son souk de médina qui fleure bon les parfums, l’huile d’Argan et celle d’olive qu’on mettra facilement dans ses bagages.

Le Musée archéologique est la pièce maitresse de la médina. Il abrite d’extraordinaires mosaïques géantes qui étaient autrefois pavements de palais, thermes et villas romaines. Elles fourmillent de détails en minuscules carreaux de marbre colorés, agencés par des artistes mosaïstes et forment des œuvres monumentales d’un raffinement extrême.

Le dieu Océan, avec des pinces de crabe émergeant de sa tignasse, figure parmi ces chefs-d’œuvres dont on garde longtemps le souvenir.


Notre guide à l'oasis Chebika.







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