Les Îles Féroé : un paradis nordique


Les Îles Féroé : un paradis nordique
Antoine Stab

C’est d’abord en tant que journaliste plein air qu'Antoine Stab a découvert le monde du voyage et son industrie. Français d'origine et québécois d'adoption, il se dit curieux de tout, autant ce qui se passe dans la cour arrière qu’à l’autre bout du monde.

Pendant que l’Islande monopolise toute l’attention touristique, une autre destination de l’Atlantique Nord aurait certainement de quoi faire chavirer les cœurs, loin des foules : les Îles Féroé.

En jetant un rapide coup d’œil sur une carte pour situer les Îles Féroé, on a l’impression que ce petit archipel est au milieu de nulle part. Faux. Si elles semblent perdues dans l’Atlantique Nord, elles sont en réalité au centre d’un triangle formé par l’Islande, la Norvège et l’Écosse. Un cousinage flatteur au milieu de ces trois géants touristiques, les îles Féroé, qui font officiellement partie du Royaume du Danemark, n’ont pourtant rien d’un terrain vague de seconde zone.

Entre mer et montagnes

Formé de 18 îles rocheuses volcaniques qui semblent avoir été stationnées en parallèle, ce territoire est resté sauvage et quasiment intact.


Aux îles Féroé, la mer a pris rendez-vous avec la montagne. Aucun lieu des îles n’est à plus de cinq kilomètres de l’océan. Les falaises, omniprésentes, semblent faire office d’enceintes protectrices pour éviter que l’eau ne pénètre. La mer a pourtant réussi, au fil du temps, à déchiqueter les côtes. Le littoral, très découpé, s’étire ainsi sur plus de 1100 km.

Derrière ces murs de pierres, c’est le vent qui prend le relais de la mer et balaie une terre sans arbres ni agriculture. Les randonneurs et les amoureux de la nature ne seront toutefois pas insensibles à ces paysages montagneux, ces lacs et ces vallées verdoyantes.

Si le mot robuste est certainement un bon mot pour qualifier cette beauté nordique, elle semble toutefois facilement s’apprivoiser, pour peu que l’on reste prudent, et que l’on fasse fi de la rudesse du climat imprédictible, instable et changeant très rapidement d’humeur.

Il est en effet très facile de se déplacer dans les îles. Elles sont toutes connectées par liaison maritime ou terrestre, via trois ponts et deux tunnels sous-marins. Les routes asphaltées et très bien entretenues auraient de quoi rendre jaloux certains habitants d’Amérique du Nord! Le bus y est même gratuit.

Le royaume des moutons et des oiseaux

Aux Îles Féroé, ce n’est pourtant pas l’Homme, le roi. Le seigneur de ces terres a quatre pattes et broute l’herbe : le mouton. Il y en a environ 80 000, soit plus que les 50 000 habitants des îles. Ce n’est pas pour rien que le mot danois pour ce pays veut dire « l’île des moutons ».


Arrivés certainement avec les premiers Vikings au 9e siècle, les ovins sont libres de se promener où bon leur semble, partout sur le territoire. Cela a donné des idées aux autorités locales qui s’en sont servis en 2017 comme agents de promotion touristique en leur attachant des caméras 360 degrés. Google Street View est devenu Google Sheep View!

Le mouton partage son royaume avec un autre type d’animal : les oiseaux. Certains viennent s’y reproduire chaque été dans les îles. D’autres y font une halte reposante durant leur migration saisonnière. Des centaines d’espèces profitent du terrain accidenté et des falaises escarpées pour y construire leur nid.

Macareux

Parmi eux, le plus mignon de ces petites bêtes ailées est certainement le macareux, l'espèce la plus nombreuse des îles, avec environ 500 000 couples recensés. Ces petits oiseaux trapus, aux plumes noires et blanches et au bec coloré, sont très aimés des Féroïens et attirent les amateurs d’ornithologie du monde entier.

S’y rendre

> En avion

 Plusieurs lignes aériennes desservent les îles, à partir de l’Islande (Reykjavik), du Danemark (Copenhague), de l’Écosse (Édimbourg) et de la Norvège (Bergen) : Atlantic Airways et SAS.

L'aéroport de Vagar est situé à une cinquantaine de kilomètres de la capitale, Thorshavn, sur l'île de Streymoy. Des bus font la navette quotidiennement et toutes les heures, au prix de 100 couronnes féroïennes (environ 20 $).

> En bateau

À bord dutraversier Norröna de la compagnie Smyril Line. Deux départs possibles :

  • Depuis Hirtshals (Dk) au Danemark. En haute saison (du 8 juin au 20 août), deux départs par semaine, le dimanche matin et le mardi matin. En basse et moyenne saison (5 janvier au 6 juin, 24 août au 14 décembre), un seul départ, le samedi. Le voyage dure environ 38 heures.
  • Depuis Seyðisfjörður en Islande. En haute saison (du 13 juin au 22 août), un départ par semaine, le jeudi. En basse et moyenne saison (9 janvier au 5 juin, 28 août au 18 décembre), un départ, le mercredi. Le voyage dure environ 19 heures.

Information :  visitfaroeislands.com ; visitdenmark.fr

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