Mercredi,  18 septembre 2019  20:54

VOX POP : les incidents en Repdom


VOX POP : les incidents en Repdom
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

L’abondante couverture médiatique réservée aux récents incidents survenus en République dominicaine a pour malheureux effet de semer l’inquiétude au sein de la clientèle voyageuse. Que devrait-on répondre aux clients inquiets ? PAX a posé la question à quelques conseillers.

Karoline Bellerive (Voyage Kamé, Laval)

Plusieurs clients nous ont posé des questions sur la situation en République dominicaine. Nous mettons les choses en perspective : nous utilisons diverses statistiques pour leur montrer que des choses se produisent toujours partout. Nous leur disons que les autorités travaillent à régler le problème.

Ça se passe bien jusqu’à maintenant. Aucun client n’a encore parlé de reporter ou annuler son séjour ni de changer de destination.

Comme les mini-bars dans les chambres semblent être reliés au problème, nous recommandons aussi aux clients de ne pas consommer de boissons provenant du mini-bar. Les clients répondent bien à cette recommandation. Certains nous ont dit qu’ils achèteraient leur alcool au Duty Free et l’apporteraient à leur chambre plutôt que d'utiliser le mini-bar.

Personnellement, je ne serais pas plus inquiète d’aller en République dominicaine que dans n’importe quelle autre destination. Surtout qu’en ce qui me concerne, je ne bois pas d’alcool ! Cela dit, peu importe où on est, il faut toujours être sur ses gardes.


Julie Fontaine (Voyages le Village Hudson, Hudson)

C’est la première fois en 25 ans que je vois quelque chose d’aussi bizarre ! Je m’explique mal ce qui se passe et je trouve ça difficile d’en parler aux clients.

Je vends beaucoup la République dominicaine. J’en ai vendu encore aujourd’hui à des gens qui, heureusement, n’étaient pas inquiets. Mais j’ai eu au moins une cliente très inquiète. Elle m’a appelé quelques fois à ce sujet. Ça la stresse parce qu’il s’agit d’un voyage en famille. Je comprends ça.

Le voyagiste m’a dit que ce n’était pas possible de faire de changement, car le gouvernement du Canada n’a pas émis d’avis à propos de ces incidents. J’ai invité ma cliente à vérifier ce que permettent ses assurances. Elle va le faire et m’a dit que si elle décide de faire le voyage, elle fera très attention.

De toute façon, il faut toujours faire attention, partout. Mais si, personnellement, j’avais l’occasion de séjourner en République dominicaine prochainement, ça ne me stresserait pas !


Andréane Laroche (Voyages Bélaro, Blainville)

La semaine dernière, je n’ai eu qu’un client inquiet. Depuis hier, j’en ai eu cinq. Sur la page Facebook du Groupe privé des professionnels du voyage, j’ai justement demandé des suggestions de réponse à donner aux clients inquiets de la situation.

Je n’ai pas encore trouvé la réponse miracle, mais j’essaie de faire comprendre aux clients que les journalistes sont parfois sensationnalistes. Je leur dis que les liens qui sont faits entre plusieurs incidents survenus au cours des derniers mois ne sont pas prouvés et qu’il ne faut pas juger trop rapidement. Je leur rappelle que le gouvernement du Canada n’a pas émis d’avis pour restreindre les voyages en République dominicaine.

Je dis aussi à mes clients que plus de mille touristes meurent chaque année au cours d’un séjour dans un resort des Caraïbes, sans qu’on en fasse de cas, car c’est normal compte tenu du grand nombre de voyageurs dans la région. Et je leur dis aussi que les hôtels en République dominicaine peuvent compter jusqu’à 1800 chambres, en précisant qu'ils sont bien remplis actuellement et que tout s’y déroule normalement.

En même temps, je dis aussi à mes clients que je comprends leurs craintes. En ce qui me concerne, je ne suis pas de nature anxieuse; ça ne me dérangerait pas d’aller en République dominicaine. Mais certains sont plus anxieux que d’autres…

Mes observations ont semblé rassurer l’un de mes clients… mais il n’était pas sûr de pouvoir rassurer sa blonde ! Un autre m’a dit que s’il ne s’agissait que de lui, il n’hésiterait pas, mais que c’est différent parce qu’il prévoit de voyager avec ses enfants.

Par contre, d’autres clients, dont le voyage est prévu pour décembre, ne voyaient aucun problème. Ça me paraît sûr qu’à ce moment, toute cette histoire sera réglée depuis longtemps !


Michele Varin (Voyages Aqua Terra)

J’ai des clientes inquiètes, qui ont réservé en décembre, et qui doivent partir la semaine prochaine. Comme le gouvernement du Canada ne déconseille pas les voyages en République dominicaine et que le voyagiste ne permet pas de changement, mes clientes ont décidé de partir pour ne pas perdre leur voyage. Toutefois, elles ne boiront rien qui proviendrait du mini-bar de leur chambre.

Pour ce qui est des prochains clients, je vais certainement éviter de vendre les hôtels concernés; ils sont sur ma black list d’ici à ce que la situation soit éclaircie ! En fait, je vais probablement même suggérer d'autres destinations. Et si des clients souhaitent aller en République dominicaine malgré tout, je vais leur dire de ne pas toucher au mini-bar !

Personnellement, je n’aurais pas d’inquiétude à aller en République dominicaine. Mais les clients sont souvent plus fragiles que nous. Grâce à notre expérience, nous pouvons mieux faire la part des choses; nous savons bien qu'il se passe toujours quelque chose, quelque part. Quand ce n’est pas au Mexique, c’est en Jamaïque, et là, c’est en République dominicaine. La semaine dernière, quelqu’un que je connais bien s’est fait tirer dessus à Saint-Martin !

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