VOX POP : l’acquisition éventuelle de Transat par Air Canada


VOX POP : l’acquisition éventuelle de Transat par Air Canada
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

L’acquisition éventuelle de Transat par Air Canada, si elle se concrétise, serait-elle une bonne ou une mauvaise nouvelle ? PAX a posé la question à quelques membres de l’industrie.

Christian Guillet (Voyage Louise Drouin, Drummondville)

Personnellement, j’étais très inquiet que Transat soit acquise par une entreprise de l’extérieur du Canada. En ce sens, si elle est achetée par Air Canada, ce serait une bonne nouvelle, car Transat resterait canadienne et le siège social demeurerait vraisemblablement au Québec. Je souhaite que Transat reste chez nous !

Par contre, c’est une moins bonne nouvelle en ce qui concerne la concurrence puisqu’il y aura forcément un concurrent de moins sur le marché. La situation actuelle procure une certaine souplesse aux agences et favorise de meilleurs prix pour les consommateurs. Quels seront les effets d’une éventuelle intégration de Transat dans le giron d’Air Canada ? Est-ce que ça se traduira par une consolidation, qui réduirait l’offre de vols directs au départ de Montréal ? Nous espérons que non. L’avenir nous le dira !

Marc Charrette (Voyage Aquarelle, Gatineau)

Même si nous avons de très bons rapports avec Air Canada et Vacances Air Canada, ça ne me semble pas une bonne nouvelle pour les consommateurs : ça laisserait moins de joueurs locaux pour se faire concurrence. Ça pourrait entraîner une réduction du nombre de sièges offerts, ce qui provoquerait une pression à la hausse sur les prix.

Ça me rappelle quand le groupe Transat a racheté Tours Mont-Royal et Nolitours. On disait alors que ces marques continueraient d’exister. On a vu ce qui est arrivé ! La même chose risque d’arriver avec la marque Transat, si elle est rachetée par Air Canada. Peut-être pas tout de suite, mais avec le temps…

Je pense que la concurrence aurait été moins menacée si l’offre d’achat était provenue d’un autre acheteur québécois, mais provenant de l’extérieur de l’industrie, comme Pierre Karl Péladeau.

Beatrice Charmettant (Voyages Claudelle, Boucherville)

En ce qui concerne la concurrence, ce n’est sans doute pas une si bonne nouvelle que ça pour le consommateur. Entre autres, la force que cette transaction accorderait à Air Canada sur le marché de l’Europe nous paraît disproportionnée. À l’agence, on en a beaucoup parlé, et on a du mal à concevoir que le Bureau de la concurrence laissera passer ça.

C’est bon, la concurrence ! Il me semble que le nombre actuel de joueurs est ce qui convient le mieux pour assurer un équilibre concurrentiel.

Jocelyn Perron (Voyages Inter-Pays, Québec)

Ce projet d’acquisition n’est encore que cela pour l’instant : un projet. Ce n’est pas chose faite et, personnellement, j’ai de gros doutes que ça se concrétise. Plusieurs choses peuvent encore se produire !

Avant l’annonce d’Air Canada, on a entendu plusieurs rumeurs et spéculations : Pierre Karl Péladeau, Vincent Chiara… Personnellement, je croyais que Transat serait l’acquisition suivante d’Onex, après celle de WestJet… Ça me semblait une suite logique.

Et si l’achat de Transat par Air Canada finissait par se réaliser, il faudrait voir de quelle façon les entités seraient dirigées, et par qui. Ça me semble difficile de concevoir que l’intégration de Transat au sein d’Air Canada ne se traduirait pas par des pertes d’emplois, par exemple. Et je ne crois pas que ça pourrait se traduire par une amélioration de l’offre au départ de Québec.

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