La plus grave menace pour les conseillers, selon Isabelle St-Amand


La plus grave menace pour les conseillers, selon Isabelle St-Amand
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

Quelles sont les plus graves menaces qui planent actuellement sur l’avenir des agents de voyages? Quels sont les plus grands écueils sur le chemin du succès de la profession ? PAX a posé la question à quelques acteurs de l’industrie.

Aujourd’hui, la réponse d’Isabelle St-Amand, propriétaire de l’agence Espace Voyages et instigatrice de la page Facebook du Groupe des professionnels du voyage.

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« En ce qui me concerne, je crois que ce qui peut être vraiment dangereux actuellement pour la survie des agences et des agents de voyages, c’est l’abondance de conseillers en voyages externes pas formés ou mal formés. C’est un fléau majeur de notre industrie. Ça vient beaucoup me chercher, car ça remet en question le professionnalisme de l’ensemble des agents !

Bien sûr, je reconnais que certains agents externes sont excellents. Mais les permis sont trop facilement accessibles à n’importe qui et la qualité du travail de plusieurs laisse à désirer. Cela nuit vraiment à la reconnaissance de notre profession, car les clients mettent tous les conseillers dans le même panier. Ils ne font pas la différence entre agents internes et agents externes; entre agents bien formés et agents qui ont obtenu leur permis en quelques heures, avec leur laptop sur les genoux !

Ce n’est pas le seul défi de l’industrie !

On dirait qu’on en entend moins parler actuellement, mais un autre est celui que présentent les fournisseurs qui ont perdu le contrôle de leurs tarifs famille et amis. Ça nous cause un tort important. En même temps, il faut souligner que les gens qui profitent de ces rabais choisissent de se priver de notre expertise. Ce n’est pas la volonté de tous. La majorité des voyageurs recherchent nos conseils et apprécient ceux-ci.

La relève est un autre enjeu important pour notre industrie. Pas seulement pour notre industrie, d’ailleurs. Plusieurs de mes clients oeuvrant dans d’autres domaines, comme les transports par exemple, me parlent de leurs problèmes à recruter et retenir le personnel. Chez les agences, le manque de main-d’œuvre entraîne déjà des fusions. 

Résultat : moins d’agences ont pignon sur rue à cause du manque de staff ! 

Le problème n’est pas sur le point de disparaître. Il va même s’accentuer au fur et à mesure que les baby-boomers continueront de partir à la retraite. Ça donne le gros bout du bâton aux jeunes qui souhaitent tout avoir tout cuit dans le bec ! Ça risque de nous coûter cher ! Ça joue avec nos nerfs !

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Parmi les grandes menaces de notre industrie, je pourrais évidemment mentionner aussi les sargasses qui ravagent certaines des destinations les plus appréciées de la clientèle. C’est affreux… Toutefois, à mon avis, ce n’est pas un fléau insurmontable ! On peut voir ce phénomène comme une occasion de pousser d’autres produits et destinations. 

Par exemple, on peut favoriser les croisières à 15 % plutôt que le sud à 8 %. Il existe aussi beaucoup de destinations de rechange à celles affectées actuellement par les sargasses. 

Enfin, il y a peut-être lieu de réfléchir sur les origines environnementales du phénomène et sur la durabilité du tourisme. »

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