De bourlingueur à néophyte dans un tout-inclus


De bourlingueur à néophyte dans un tout-inclus

Parfois, notre vie intrépide de voyageur prend des tournures qu’on n’aurait jamais imaginées, par exemple se retrouver dans un tout-inclus à Cuba pour célébrer deux mariages!

Lorsque je voyage, j’adore me perdre dans les ruelles d’une ville historique, me poser et regarder passer ses habitants. J’aime sentir le passage du temps sur les murs, marcher et rentrer dans toutes les boutiques qui piquent ma curiosité. Plus que tout, j’adore engager la conversation avec les gens du pays que je croise.

En voyage, je suis actif et c’est presque impossible pour moi de ne pas partir chaque jour vers l’inconnu. C’est pour cette raison que je n’avais jamais imaginé qu’un jour je réserverais un séjour tout-inclus à Cuba.

Sortir de mes habitudes de voyageur

Un soir d’automne 2017, tranquillement à l’apéro, ma compagne me demande si j’aimerais l’accompagner aux mariages de ses cousines. J’ai à peine le temps d’accepter qu’elle m’informe que les mariages seront célébrés dans un tout-inclus à Cayo Coco, une île au large de Cuba. Me voyant le souffle court et lisant la surprise dans mes yeux, elle ajoute : « Je comprendrais tout à fait si tu préférais ne pas venir. Je sais que ce n’est pas ton genre de voyage. Sens-toi bien libre de me dire non. »

N’ayant jamais tenté l’expérience du tout-inclus – sans doute aussi, à cause de certains préjugés que je nourris à cet égard –, je pense alors à me désister et à garder mon argent pour mon prochain voyage en Éthiopie. Mais, en même temps, je me sens attiré par cette nouvelle expérience. Ne faisant ni une ni deux, je confirme ma présence aux mariages. Ma compagne et moi sommes euphoriques : nous partirons ensemble à l’île crocodile (surnom donné au pays en raison de la forme de l’île)!

En route pour Cayo Coco

Quelques mois plus tard, nous voilà en route pour Cayo Coco! Dans l’avion, je savoure le menu du renommé chef québécois Daniel Vézina. Une petite gâterie que je m’offre puisque je suis curieux de tester ce service offert sur les vols d’Air Transat. Je suis heureux de renouer avec le bon service de cette compagnie aérienne, mais encore plus heureux d’être arrivé à Cuba!

Menu Vézina .JPG

Une fois les formalités d’immigration passées – sans anicroche et dans un délai très raisonnable –, ma compagne et moi nous installons dans l’autocar qui nous conduit à notre hôtel.

Première surprise : le vent frais de fin de soirée. Le conducteur me confirme que c’est normal en ce temps de l’année. Je m’attendais à suer ma vie dès ma sortie de l’aérogare, mais la petite veste est de rigueur. Le conducteur me confirme également que le soleil sera toutefois au rendez-vous le lendemain. Me voilà rassuré : il y aura au moins une chose de certaine sur la liste des choses à vivre dans un tout-inclus, soit profiter du soleil!

Deuxième surprise : j’apprends de la bouche de la représentante d’Air Transat qu’il n’y avait personne qui vivait à Cayo Coco avant les années 1990! Durant cette période, le gouvernement cubain a entrepris la construction d’un pont entre l’île principale de Cuba et l’îlot de Cayo Coco dans le but de développer son industrie touristique. Aujourd’hui, ce sont 20 000 Cubains qui font la navette quotidiennement entre la terre ferme et les cayos (petites îles) de Coco et de Guillermo pour y travailler. Moi qui suis un amoureux de l’histoire, les surprises s’enchaînent, alors que je suis sur le sol cubain depuis à peine 1 heure!

Arrivée au complexe touristique

À l’hôtel, l’autocar se gare devant l’entrée du Melia Jardines del Rey. Pendant que nous en sortons en troupeau, je vois un groupe bien cordé à la réception prêt à monter dans ce même autocar pour se rendre à l’aéroport. Notre avion fait l’aller-retour dans la même journée, emmenant 180 vacanciers pour en débarquer tout autant! Un va-et-vient hebdomadaire de vacanciers prêts à profiter des joies du tout-inclus. Cette fois-ci, j’en fais partie!

Mélia Jardines del Rey - Cayo Coco - PAX.JPG

Mon premier réflexe est de me rendre au bar pour demander une bière locale et poser une série de questions sur les environs. Un geste inné de baroudeur! Le serveur me tend ma bière et ne me siffla qu’un mot : « Tranquilo ! » À peine le temps de boire ma première gorgée que ma compagne m'interpelle. On doit tous se rendre dans une pièce pour l’enregistrement. La responsable crie les consignes à tue-tête parmi un groupe de vacanciers surexcité. Je ne sais pas comment elle réussit à garder le sourire et, surtout, sa patience dans ce chaos, mais, en peu de temps, nous avons tous nos clés et les grandes lignes pour nous repérer dans le complexe touristique. La journée a été longue : nous ne souhaitons que découvrir notre chambre et dormir.

Comprendre la logistique et planifier la semaine

En tout-inclus, comme le dit ma compagne, on n’a pas le temps de se reposer lors de la première journée. Nous sommes débordés par toute la logistique du complexe hôtelier. Première étape : trouver le restaurant pour déjeuner… pour se rendre compte qu’on arrive trop tard pour le buffet. Repartir à la recherche du restaurant offrant un menu 24 h en arrêtant au kiosque des serviettes de plage, puis surtout ne pas oublier de changer nos dollars canadiens en pesos. Un mémo nous informe que nous devons réserver notre excursion en catamaran avant 16h, mais, surtout et avant tout, réserver nos restaurants à la carte pour la semaine si nous voulons déguster des repas variés durant notre séjour.

Une fois toutes ces démarches accomplies, nous réalisons que notre première journée est déjà terminée! Le vent frais est revenu et mon envie de plage a disparu avec la fraîcheur. Je suis à Cuba depuis 24 heures et je suis perplexe. Je n’arrive pas encore à comprendre pourquoi des milliers de Québécois prennent une semaine dans le Sud en hiver. Pourtant, j’ai suffisamment passé de temps au soleil pour en ressentir ses effets : je sens mon taux de vitamine D revenir en force!

Mon adaptation à la culture du tout-inclus

Au début, mon côté bourlingueur a de la difficulté à se retrouver dans le décor du tout-inclus. Je me sens un peu pris au piège et loin de la culture cubaine. Ma pulsion d’aller à la rencontre de l’autre est freinée par le cadre du séjour et par l’endroit. J’éprouve une certaine frustration au début, mais, heureusement, ma compagne est là pour me rappeler que venir dans un tout-inclus permet de décrocher, de relaxer, de se détendre et de recharger ses batteries. C’est précisément cet aspect qui m’a permis de changer complètement ma vision du tout-inclus.

Plage Cayo Coco PAX.JPG

À partir de ce moment, j’ai vu la clientèle d’une façon différente. On va dans un tout-inclus pour faire le vide. On ne vient pas dans ce type de confort pour partir à la découverte d’une culture, d’une civilisation, mais pour décrocher de notre routine journalière, de nos problèmes à la maison, de nos problèmes de société, des médias – même si on peut regarder TVA à Cuba, à ma grande surprise!

Les jours glissent comme le catamaran sur l’océan Atlantique. Une excursion pour 80 personnes animée par une Cubaine en pleine forme qui nous prépare des cocktails des plus savoureux! Cette journée aurait pu me dégoûter à cause du nombre élevé de touristes sur l’embarcation. J’aurais pu être frustré et oublier de profiter du moment, me laisser envahir par ma déception à cause de l’état du corail, de notre impact sur l’environnement... Tout ça aurait pu m’affecter, mais, finalement, je me suis laissé emporter par le bruit des vagues de l’eau turquoise sur l’océan de mes attentes! Le bourlingueur en moi a rangé son baluchon de voyageur et, pour une semaine, j’ai réussi à me transformer en vacancier.

En discutant avec plusieurs touristes, je me rends compte qu’il y a une panoplie d’offres de tout-inclus adaptées aux différentes attentes d’un voyageur : un tout-inclus à plus de 2000 personnes au tout-inclus à 200 chambres, pour adultes seulement ou familial, pour gourmands ou pour sportifs. C’est donc au voyageur de bien interroger son agent de voyages pour trouver le bon séjour en tout-inclus, sur mesure, en phase avec ses attentes.

Excursion à Moron, ville voisine

La preuve en est mon excursion en taxi vers Moron, la ville la plus près de Cayo Coco. Cette sortie me fait l’effet d’une bouffée d’air frais dans ma semaine. J’ai la chance de converser abondamment avec le chauffeur de taxi sur la société cubaine. C’est pour moi le moment le plus près de mon style de voyage! Cette journée nourrit le bourlingueur en moi : une journée pour en apprendre davantage sur la culture et sur la qualité de vie sur l’île, autour d’un bon repas dans un restaurant local servant une cuisine typique. Puis, un arrêt dans un bar local pour y boire une piña colada à faire rêver au son des rires cubains, avec quelques pas de danse en fin de journée!

Moron - Cuba PAX.JPG

Cette escapade m’a permis de comprendre qu’une semaine en tout-inclus peut s’adapter à chaque type de voyageur, s’il prend le soin de trouver le séjour tout-inclus qui répond à ses attentes.

Ma première expérience en tout-inclus m’a donné envie de continuer à explorer cette industrie populaire auprès des Québécois. Or, rassurez-vous, je ne vais pas arrêter d’explorer les îles exotiques d’Indonésie ni les villages perdus de la Sibérie.

 bigbox-evasion.jpg

Indicateur