Air Canada et Transat, le début de la fin ?


Air Canada et Transat, le début de la fin ?
Isabelle St-Amand

Propriétaire de l'agence Espace Voyages en Montérégie qui emploie une trentaine de conseillers, Isabelle St-Amand roule sa bosse dans l'industrie des voyages depuis 15 ans. Elle a notamment oeuvré du côté de Tours Mont Royal et Varaplaya Tours dans ses premières années avant de laisser libre cours à sa passion pour l'entrepreneuriat.

Après un été mouvementé, nous commençons à voir dans quelle direction se dirige la vente de Transat A.T. et de ses filiales. Pour nous conseillers et conseillères en voyages, concrètement, ça veut dire quoi ?

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Le principal nerf de la guerre, pour beaucoup, c'est la concurrence et la hausse des prix. Au moment ou j’écris ces lignes, je vogue sur deux lignées de pensées.

Premièrement : des compétiteurs, il n’y en a presque plus… on les compte sur les doigts d'une main. Et par ailleurs, je compte tenir la main très fort à ceux qui restent pour les soutenir et les encourager, pour leur dire que j’ai besoin d’eux et que j’apprécie qu’ils se tiennent encore debout, car de la compétition ça en prend. Ça stimule l’économie.

Deuxièmement : je viens de faire une réservation de vols et hôtel sur Expedia, dans mon comte agent. Avec une compagnie de transfert, j’ai monté toutes mes composantes à la carte pour un tout inclus au Mexique. Pourquoi ? Pour 600$ de moins par personne que tout ce que j’ai trouvé sur Sirev ! J’adore le FIT, c’est probablement la parcelle de mon travail qui me stimule le plus. Ça me fait sentir comme si je m’accomplissais vraiment comme agente de voyages. Je me suis toujours sentie bien en montant des forfaits ou des circuits qui n’existent pas en système, suis-je la seule? Je ne crois pas ;-)

Se démarquer

D’ailleurs, cela m’amène a vous expliquer le pourquoi de ma chronique d'aujourd'hui. Je dois être honnête : je trouve que la vie est bien faite. On en veut un ménage de CCV ? Il va se faire naturellement ce ménage, avec un partenaire en moins !

Au lendemain de cette compétition réduite, on devra se débrouiller en tant que conseiller en voyages pour être compétitif, créatif, authentique, unique et ainsi créer des voyages et des marchés niches différents pour se démarquer.

Le monde progresse et change, l’industrie du voyage aussi.

Ça ne sera plus jamais comme il y a 10-20-30 ans, le « bon vieux temps ». C’est bien d’en jaser une fois de temps en temps, c’est bien de regarder derrière notre épaule pour se souvenir du chemin parcouru, mais c'est inutile de le comparer au monde actuel dans lequel nous travaillons.

Malheureusement et heureusement à la fois, ce n’est pas tout le monde qui va passer au travers.

Je pense que le vrai conseiller en voyages, capable de monter du FIT, de faire de la billetterie dans des GDS, de créer des itinéraires de voyage de groupe sur mesure, des croisières, des voyages thématiques... LUI aura sa place plus que jamais ! En fait, le futur vrai agent de voyages sera carrément indispensable !

Ce que la vente de Transat me dit c’est : un partenaire en moins pour nous vendre tout cru dans le bec, parfait ! Qu’on s’enlève les doigts du nez pendant qu’il est encore temps ! Car si on ne prend pas la place qui nous revient en tant que professionnel du voyage, seuls les meilleurs resteront. Serez vous du nombre ? Je l’espère !

La résilience

Bien sûr, la vente de Transat me peine aussi, car j’ai passé par là il y a quelques années avec TMR et Nolitours. Il y aura assurément des chamboulements pour plusieurs humains, qui ont des familles et des vies, c’est ça qui m’attriste le plus. Mais on n’échappe pas aux temps ni aux progrès et encore moins aux technologies.

Je suivrai de près la suite pour leur réseau de distribution ainsi que tous ce que ces grands changements apporteront.

Je me souviens que le jour de l'annonce de la vente de TMR, j’étais avec une grande dame que vous connaissez surement:, Marie Boivin de Valentin, à l’époque acheteuse chez TMR depuis 25 ans. Ce jour là, elle m’a dit quelque chose que je n’oublierai jamais. Nous étions tous secoués par cette nouvelle, et elle, Marie, m'a regardé et m'a dit :

« Le changement obligatoire, c’est TOUJOURS positif, Isabelle »

Il y a presque 10 ans de ça, et force est de constater que Marie Boivin avait complètement raison. Sinon je ne serais pas là à vous écrire ce texte ! Acceptons dans nos vies cette chance de vivre ces grands changements obligés et positifs et de voir l'histoire s'écrire sous nos yeux.

Bonne rentrée à tous!

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