Jeudi,  24 septembre 2020  12:54

Israël : un fort potentiel sous-exploité au Québec… mais peut-être plus pour longtemps !


Israël : un fort potentiel sous-exploité au Québec… mais peut-être plus pour longtemps !

Aux yeux des autorités touristiques d’Israël, le marché québécois représente un potentiel immense… mais encore très sous-exploité. Par le fait même, les agents de voyages négligent une option qui pourrait leur être très profitable.

« Il est temps que ça change », opine Gal Hana, consul touristique pour le Canada.

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Faire bouger les choses

Gal Hana est entré en poste au Canada en juillet dernier. Son collègue Jerry Adler du ministère israélien du Tourisme le présente comme de quelqu’un qui veut faire bouger les choses, qui sait comment s’y prendre, et qui va de l’avant.

Les résultats touristiques d’Israël au Canada ne sont pourtant pas mauvais. On parle même d’une hausse de 33 % du nombre de Canadiens en Israël depuis 3 ans. L’an dernier, ce sont ainsi 98 000 détenteurs du passeport canadien qui ont franchi les frontières d’Israël – la majorité provenant de l’Ontario.

Trop peu d’entre eux provenaient du Québec, tranche Gal Hana. À ses yeux, la proportion de Québécois est d’autant plus insatisfaisante que de nombreuses affinités naturelles existent entre le marché québécois et Israël.

Une destination de loisirs

Pour Gal Hana, Israël doit aujourd’hui être perçu, non seulement comme une Terre sainte que l’on visite en pèlerinage, mais aussi comme une destination touristique d’agrément.

Le consul touristique n’a évidemment rien contre le tourisme spirituel, mais il tient à ce qu’on associe sa destination aux autres formes de tourisme dont les Québécois sont friands : le tourisme urbain, le tourisme culinaire, l’aventure en plein air, le tourisme sportif, le tourisme culturel, etc.

« Israël offre un produit touristique aussi sophistiqué que diversifié. C’est un pays qui permet, au cours d’un même séjour, de faire du ski à la montagne puis d’aller à la plage. On peut se recueillir dans des sites religieux à Jérusalem, puis participer à la Pride à Tel-Aviv ou au festival Yoga Arava dans le désert », illustre Gal Hana.

Par ailleurs, le consul touristique souhaite qu’on perçoive Israël non pas comme une destination de type bucket list – comme celles qu’on veut voir un jour dans sa vie –, mais comme la destination où on ira dès son prochain voyage. Pourquoi attendre, en effet, alors qu’Israël est facilement accessible depuis Montréal (avec Air Canada) et Toronto (avec Air Canada et El Al) ?

Bientôt une ressource francophone

Pour faire connaître davantage Israël en tant que destination de loisirs, Gal Hana multiplie les démarches et les visites au Québec, depuis son entrée en fonction.

« Quand on m’a offert le poste au Canada, j’ai constaté que certains en Israël percevaient un peu le Canada comme si c’était un État américain. Je sais, bien sûr, que c’est loin d’être le cas et que les différences sont nombreuses et importantes entre le marché américain et le marché canadien. »

Et Gal Hana constate que les différences ne sont pas moins grandes entre les marchés canadien et québécois !

« Nous savons que nous devons nous adresser différemment aux Québécois », dit-il.

Pour épauler Gal Hana à ce chapitre, le ministère israélien du Tourisme s’apprête à recruter un représentant francophone pour le Québec. Cette personne, qui devrait entrer en fonction dans un avenir rapproché, deviendra une précieuse ressource, tant pour les professionnels que pour les consommateurs.

La sécurité ? « Pas un enjeu ! »

Étant donné qu’Israël fait souvent parler de lui pour des raisons qui n’ont strictement rien à voir avec le tourisme, on peut facilement prédire certains thèmes cette future ressource devra aborder. À commencer par la question de la sécurité des touristes en Israël.

« Nous savons que certains pensent que la sécurité peut poser problème en Israël, indique Gal Hana. Mais à notre avis, c’est une perception infondée. Selon nous, la sécurité n’est simplement pas un enjeu pour les touristes en Israël. Et les statistiques le confirment. »

Le consul touristique souligne que si les mesures de sécurité sont effectivement élevées en Israël, elles sont également très bien rodées, fluides et discrètes. Il aimerait pouvoir partager de très nombreux témoignages de touristes confirmant s’être sentis en sécurité tout au long de leur séjour en Israël.

Un écosystème complexe… et unique

Et que répond Gal Hana à ceux qui songeraient à s’abstenir de visiter Israël pour des motifs politiques ?

« Je crois que ça devrait plutôt être le contraire, objecte-t-il. Pour bien comprendre une situation, il faut la voir de ses propres yeux, parler avec les gens qui la vivent. »

Gal Hana reconnaît que des tensions surviennent ponctuellement entre les différentes communautés – culturelles, sociales, ethniques, religieuses… – qui forment le complexe « écosystème israélien ». Néanmoins, il considère cette complexité comme une richesse qui rend la destination encore plus unique.

Gal Hana précise que le ministère israélien du Tourisme tâche de promouvoir toute la diversité des attraits d’Israël – de l’hospitalité bédouine dans le désert du Néguev à celle des Druzes en Galilée, sans oublier celle des Juifs ultra-orthodoxes de Bnei Brak en banlieue de Tel-Aviv…

Dans le même esprit, dit-il, le ministère israélien du Tourisme n’hésite pas à promouvoir la destination conjointement avec des pays arabes voisins, comme la Jordanie ou l’Égypte.

« Je suis quelqu’un qui préfère voir la moitié pleine du verre. À mon sens, le tourisme peut servir à réunir les gens. On dira peut-être que je suis naïf, mais je crois que le tourisme peut contribuer à unir le monde et le rendre meilleur ! » conclut Gal Hana.

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