Meliá: le luxe décliné en trois versions à Madrid


Meliá: le luxe décliné en trois versions à Madrid

Notre journaliste se trouve actuellement en Espagne, où il participe à un voyage de presse organisé pour souligner le 60e anniversaire du groupe hôtelier Meliá Hotels International. Au cours de son séjour à Madrid, il a eu l’occasion de visiter et de manger dans les trois hôtels de luxe que la chaîne exploite dans le centre de Madrid. Brève visite commentée.

Ma chambre au Gran Meliá Palacio de Los Duques est un harmonieux amalgame d’ancien et de moderne. Le mobilier est résolument contemporain, contrairement aux draperies et surtout au grand panneau occupant presque tout le mur à la tête du lit, qui est une fenêtre béante sur le XVIIe siècle. Comme dans toutes les chambres, il reproduit un détail marouflé sur toile d’une des peintures (le plus souvent de Velasquez) accrochées aux cimaises du Prado. Ici, une des Ménines, là un cavalier, ou encore la tête avinée de Bacchus. L’hôtel, qui compte 180 chambres est aménagé dans un édifice constitué l’ancien palais des ducs de Grenade et de Villahermosa fusionné à l’ancien couvent voisin.

DSC_2427.jpeg chambre au Gran Meliá Palacio de Los Duques

L’établissement est situé à deux pas de l’Opéra, et à moins de 10 minutes de marche de la Puerta del Sol (considérée comme l’épicentre de la capitale espagnole), d’un côté, et, de l’autre, de la Plaza Major, où nous allons prendre l’apéritif, en fin d’après-midi, après une petit détour par le marché San Miguel adjacent, où les habitués viennent se goinfrer de tapas.

Comme l’autre membre madrilène de la marque, le Gran Meliá Fénix occupe un bâtiment historique reconverti (dans son cas, l’ancien palais du marquis de Salamanque). Ici, la décoration est plus classique : des murs lambrissés de chêne, des lits couronnés d’une sorte de baldaquins, des meubles inspirés des styles en vigueur aux XVIIIe et XIXe siècles concourent à créer une atmosphère feutrée.

Juste après le hall d’entrée, on débouche dans un somptueux salon dont le plafond est une superbe verrière d’où pend un immense lustre à pendeloques. Le bar – Dry Martini - est réputé pour ses cocktails (la carte en répertorie une centaine), mais aussi pour son décor tout en boiseries, comme la salle-à-manger qu’il jouxte. Le directeur, Oscar Regueiro, est fier de gérer un des trois hôtels madrilène membre du club des Leading Hotels of the World.

DSC_2403.jpeg Notre chambre au Gran Meliá Fénix

«Ici, la clientèle est surtout composée de gens d’affaires, dit-il. Notre situation, dans le quartier de Salamanca, s’y prête parfaitement. Le Gran Meliá Palacio de los Duques, accueille plutôt une clientèle «loisir», et le Me Madrid attire les voyageurs plus jeunes, à l’affut des dernières tendances. Bref, notre offre dans le créneau du luxe rejoint tous les types de clientèles.»

Le service en gants rouges

Bien des agents de voyages connaissent le concept «The Level», ces sections particulières, sortes «d’hôtels boutiques dans l’hôtel», où les hôtes bénéficient d’un accès exclusif à un espace de détente (avec restaurant, bar et, dans certains cas, piscine) constituant un havre de calme parce que réservé à un nombre limité de clients. Un comptoir de réception dédié leur permet également de s’enregistrer plus rapidement.

Dans les établissements de la marque Gran Meliá, ces zones privilégiées portent le nom de «Red Level et une équipe distincte du reste du personnel leur assure un service personnalisé baptisé «RedGlove Service», autrement dit «service gants rouges», allusion combinées aux fameux gants blancs des domestiques stylés et au tapis rouge réservés aux «happy few». Au Fénix, 43 des 196 chambres sont situées dans les deux étages «Red Level». Au Palacio de Los Duques, on parle de 40 unités sur un total de 180.

Le Me Madrid

L’enseigne «Me» est avec celle des «Gran Meliá», une des deux marques des établissements urbains de luxe de la chaîne hôtelière (alors que les «Paradisus» sont des complexes de villégiature balnéaire). Elle s’adresse à une clientèle branchée et l’ambiance y est donc plus décontractée. On le sent d’emblée en pénétrant dans le bar du Me Madrid, où des clients sirotent un cocktail en fixant l’écran de leur Mac ou de leur smartphone.

L’établissement est situé sur la Plaza Santa Anna, où les terrasses sont bondées, alors que nous la traversons à la tombée du jour. La Façade du Me en jette : on pourrait qualifier son style de «baroco-gothique». Le quartier (le Barrio de la Lettras, autrement dit, le quartier littéraire) est fréquenté par une bohème dorée. L’hôtel est la version remise au goût du jour d’un un ancien hôtel mythique : l’hotel de los Torreros. Et, naturellement, la décoration des chambres est résolument moderne. La directrice des ventes, Chiara Visconti, emmène au restaurant de la terrasse aménagée sur le toit, où des projecteurs diffusent une lumière bleutée qui crée un climat d’irréalité. Là, le jeune chef, David Fernandez, nous a préparé un menu composé d’amuses bouches, d’un œuf aux truffes déposé sur une aérienne mousse de pommes de terres, et d’un filet mignon de beuf très tendre. Le sorbet servi au dessert est une version glacée du mojito.

DSC_2379.jpeg La belle façade du Me

«David prépare ce que nous appelons de la «soul food», en allusion à cette forme de jazz qu’on appelle le «soul», observe Chiara Visconti. La restauration est un des atouts dont nous nous servons pour attirer une clientèle locale qui pense trop souvent que les restaurants d’hôtel sont exclusivement réservés aux touristes.»

La remarque est également valable pour les restaurants logés dans les deux Gran Meliá où nous avons eu le plaisir de manger.

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