Mercredi,  11 décembre 2019  9:17

La Bible est-elle un accessoire incontournable dans les chambres d’hôtels?


La Bible est-elle un accessoire incontournable dans les chambres d’hôtels?

En Occident – et particulièrement dans les pays anglo-saxons – c’est une tradition qui a presque valeur de loi : on trouve une bible dans toutes les chambres d’hôtels. La chaîne hôtelière Travelodge sème actuellement la controverse au Royaume-Uni, parce qu’elle vient de retirer tous les exemplaires du livre sacré de ses chambres. La direction du groupe hôtelier se justifie en invoquant la «diversité» de la composition de la population. Mais l’Église d’Angleterre est montée au créneau en qualifiant la décision de «tragique et bizarre». Travelodge exploite quelque 500 hôtels au Royaume-Uni. La direction de la chaîne a fait savoir que les bibles continuent à être disponibles dans ses établissements : il suffit de les demander à la réception. Or, le quotidien britannique The Daily Mail a constaté que ce n’était notamment pas le cas dans le Travelodge de Battersea, un des quartiers du Sud de Londres. Comme partout ailleurs en Occident, les bibles sont fournies par la société Gideon, une église évangélique qui distribue gratuitement le livre sacré dans 194 pays et en 93 langues. Depuis 1908, l’organisme en a distribué 1,8 milliards d’exemplaires. Aux États-Unis, il crée la controverse en continuant à en distribuer dans les écoles et une guérilla juridique l’oppose à l’Association américaine pour la séparation de l’église et de l’État (Americans United for Separation of Church and State). Au Royaume-Uni, une autre organisation place également des bibles dans les hôtels, depuis la fin du XIXe siècle : la Commercial Travellers’ Christian Association. La décision de retirer les bibles des chambres ne relève donc pas de critères économiques. Elle a été prise par la direction de Travelodge, en 2007, mais la mise en application s’est faite progressivement, à mesure que les propriétés étaient rénovées. Jusqu’ici, la mesure était quasiment passée inaperçue. Contactés par les médias, les porte-parole d’autres chaînes hôtelières britannique ont fait savoir que le retrait des bibles ne figurait pas à leur ordre du jour, même si elles accueillaient des voyageurs de toutes origines et de diverses obédiences religieuses. Les critiques émanant de l’Église d’Angleterre, ne font pas l’objet d’une unanimité Ainsi, Kevin Holdworth, prévôt de la cathédrale St Mary, à Glasgow, déclarait sur son blogue que la vigueur de la foi chrétienne ne dépendait pas de la présence de bibles dans les chambres d’hôtels. De notre côté, il serait bon que les membres de l’industrie s’enquièrent de la présence de bibles dans les chambres des tout-inclus des principales destinations soleil. Après tout, l’expression «tout-inclus» prête à croire que les bibles devraient aussi être fournies gratuitement. Des consommateurs avisés pourraient se prévaloir de leur absence pour se plaindre à l’OPC ou réclamer des dommages pour «préjudice spirituel» à la Cour des Petites créances.

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