Voyages À Rabais donne sa version des faits


Voyages À Rabais donne sa version des faits

«Voici un an que nous négocions avec nos fournisseurs privilégiés et cette interdiction de ventes m’a prise par surprise, alors que j’étais en vacances au Pérou, avec un accès limité à mes mails», expliquait Sylvie Myre, présidente de Voyages À Rabais, alors que PAXnouvelles lui demandait de commenter la situation. «Je suis rentrée le 31 août et, depuis, nous négocions de façon intensive pour que tout rentre dans l’ordre.»

Le désaccord entre la grande agence Internet et les principaux grossistes porte surtout sur la façon de remodeler et de commercialiser leurs forfaits. Hier (le 2 septembre), le représentant d’un des fournisseurs concernés nous expliquait que Voyages À Rabais ajoutait une composante à leurs forfaits et les commercialisait sous sa propre marque, comme s’il s’agissait de forfaits-maisons. «Or ce sont nos forfaits, nos produits», s’indignait-il.

Sylvie MyreEn entrevue, Sylvie Myre nous a expliqué comment son entreprise procédait : «Notre objectif est de faire bénéficier les clients au maximum des ententes que nous avons contractées avec nos fournisseurs privilégiés. À partir du tarif que nous sommes en mesure de proposer, nous remodelons le forfait en y incorporant des valeurs ajoutées. Elles peuvent prendre la forme de courses en taxis vers l’aéroport de Montréal, de nuits gratuites dans un hôtel voisin de l’aéroport, ou encore de tarifs de stationnement préférentiels. Et nous y ajoutons aussi nos assurances-maisons comme la Protection Soleil, que nous avons lancée l’an dernier, ou la Garantie Annulation. Le résultat est un produit différent du forfait original. Un des grossistes impliqués avait accepté le principe. Mais alors que j’étais en vacances, on nous a lancé un ultimatum. J’ai demandé un délai, le temps de rentrer et de m’asseoir avec eux pour discuter. Mais on nous a coupé l’accès aux produits, du moins sur Internet, car nous continuons à prendre les réservations par téléphone et à servir les clients qui viennent à l’agence.»

Pour étoffer les forfaits et leur donner une touche personnelle, Voyages À Rabais avait négocié des ententes avec plusieurs prestataires de services, notamment l’application UBER, qui donne accès à un service de taxi à Montréal (un bon pour une course de 30 $) et avec le Holiday Inn et le Crown Plaza situés à proximité de l’aéroport de Montréal. Les clients pouvaient également bénéficier d’un tarif quotidien de stationnement de 5 $, dans le parking de ces deux établissements et, cela, qu’ils passent ou non une nuit à l’hôtel.

D’accord pour travailler à risque!

La présidente de Voyages À Rabais précise que les forfaits reformatés avec des valeurs ajoutées ne portaient pas sur des exclusivités comme les Memories ou les Riu, de Sunwing, ou encore les Bahia Principe section Golden ou les Decameron de Transat. «C’étaient des produits qui auraient pu appartenir à n’importe lequel des principaux grossistes, dit-elle. Nous avons fait preuve de créativité. Aujourd’hui, certains fournisseurs nous disent que si nous voulons commercialiser des produits sous notre marque, nous devons acheter des forfaits à risque. Mais lorsque je dis que je suis d’accord, ils reculent!»

Les grossistes qui ont frappé À Rabais d’interdiction de ventes (du moins sur le Web) sont ceux du groupe Transat (incluant TMR), ceux de Sunwing, Vacances Air Canada, ainsi que Caribe Sol. «L’interdiction ne concerne pas Sunquest et Vacances WestJet, notamment parce que nous n’avions pas encore eu le temps de remodeler leurs forfaits», remarque Sylvie Myre.

Actuellement, l’agence négocie activement avec les voyagistes. «Nous considérons que les valeurs ajoutées modifient suffisamment la composition du forfait pour que nous soyons en mesure de le commercialiser sous notre marque», dit Sylvie Myre.

Les commentaires désobligeants

Ce matin, plus d’une cinquantaine de commentaires avaient été enregistrés sous l’article publié hier par PAXnouvelles à ce sujet. À deux exception près, ils étaient tous favorable aux mesures d’interdiction prises par les grossistes, voire désobligeants à l’égard de Voyages À Rabais. Lorsque nous lui avons demandé si cette hostilité l’affectait, Sylvie Myre nous a répondu : «Je ne les ai pas lus et je n’ai pas besoin de les lire, car en gros, leur teneur ne m’apprendra rien de nouveau. Les agences traditionnelles sont réticentes face au changement. C’est une réaction humaine : les humains n’aiment pas le changement. Quand on essaie d’innover, on dérange. Voyages À Rabais a fait évoluer l’industrie du voyage au Québec. On nous accuse de nous battre sur le terrain des prix. Et alors? On ne s’appelle pas «À Rabais» pour rien et nos pratiques ont rendu le voyage accessible à une plus grande partie de la population. Que cela plaise ou non, nous allons continuer à nous montrer créatifs. Les agences qui se disent traditionnelles devraient, elles aussi se montrer créatives. Et solidaires, car actuellement, les t.o. profitent de la division des détaillants pour dicter nos méthodes de commercialisation et nos prix.»

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