Sunwing en mène large dans un créneau… large!


Sunwing en mène large dans un créneau… large!

Une hausse de capacité de 10%, deux nouvelles destinations au départ du Québec où on étoffe la programmation en régions, une chaîne hôtelière en pleine croissance qui déploie maintenant quatre bannières, et la conquête du marché américain : Sunwing en mène de plus en plus large sur le Sud. De passage à Montréal, le chef de la direction, Colin Hunter, explique qu’il n’est plus question d’étendre les activités à l’Europe – du moins pour le moment! – et, en compagnie du directeur exécutif pour le Québec, Sam Char, il répond aux questions de PAXnouvelles.

Colin Hunter, fondateur et chef de la direction de SunwingAugmenterez-vous la capacité que vous commercialiserez sur le marché québécois, cet hiver?

CH : Pas de beaucoup. Nous prévoyons commercialiser entre 400 000 et 425 000 sièges au Québec, ce qui représentera une hausse d’environ 10% sur l’hiver dernier.

10% : c’est énorme comme augmentation dans un contexte qui frise la surcapacité!

CH : Pour nous, il s’agit d’une augmentation modeste. Bien sûr, c’est davantage que nos principaux concurrents, mais nous sommes habitués à un rythme de croissance beaucoup plus soutenu. N’oubliez pas que nous avons débuté avec un avion en 2005 et que nous en déploierons 40, cet hiver. Bien sûr, il faut tenir compte de l’arrivée d’un nouveau joueur : CanJet, qui commercialisera 100 000 sièges en Ontario. Nous nous ajusterons. Notre objectif n’est pas de grossir à tout prix, mais de continuer à dégager des profits, comme cela a été le cas chaque année depuis la fondation de Sunwing, à l’exception de 2004. Cette année-là, nous avons du encaisser les contrecoups de la faillite de Jetsgo, qui était notre fournisseur aérien avant que nous ne lancions Sunwing Airlines. Au total, nous mettrons en marché 1,7 million de sièges au départ de 45 villes canadiennes.

SC : Au Québec, avec l’introduction d’une nouvelle liaison vers Panama, nous offrirons cinq départs hebdomadaires de Bagotville, soit un de plus que l’an dernier. Nous programmons deux vols par semaine au départ de Val d’Or, un au départ de Sept-Îles, 43 au départ de Montréal et 25 au départ de Québec, d’où nous serons seuls à voler en septembre et octobre. Comme nous l’avons annoncé ces dernières semaines, nous desservirons aussi deux nouvelles destinations au départ de Montréal : Cayo Largo et Sainte-Lucie.

Donc vous étofferez votre parc aérien en conséquence? Sunwing Airlines exploitait 34 appareils l’an dernier. Vous parlez maintenant de 40…

CH : Nous avons besoin de 40 appareils pour assurer tous les départs prévus dans notre programmation. De ce nombre nous en faisons venir une quinzaine d’Europe. Pour cela, nous attendons les approbations de Transport Canada. Comme vous le savez, c’est toujours une question d’interprétation des textes légaux…

Pas de gros porteurs en vue? Vous avez déjà évoqué la possibilité d’acquérir des Boeing 787 Dreamliner pour orchestrer une programmation solide pour l’Europe…

CH : Cela ne figure plus à notre ordre du jour. Nous constatons que le fait de nous concentrer sur les destinations soleil nous permet de dégager des bénéfices intéressants année après année. En outre, l’arrivée d’un nouveau joueur comme Rouge, qui dessert maintenant les principales destinations européennes, amenuise les perspectives de rentabilité d’un programme européen. Naturellement, nous ne fermons pas complètement la porte : il ne fait jamais dire «jamais»!

SC : D’ailleurs, nous avons déjà un partenaire important qui nous permet d’offrir un programme européen, en l’occurrence, Corsair qui exploite sept vols hebdomadaires vers Paris en haute saison. Et à Toronto, nous travaillons avec une autre filiale de notre partenaire TUI : Arkefly. C’est une compagnie néerlandaise qui dessert la route Toronto/Amsterdam, en été. Le fait que nous restions concentrés sur les destinations soleil est un choix stratégique qui s’avère payant. Bref, nous nous concentrons dans un seul créneau : le Sud. Mais c’est un créneau large où nous en menons large.

Votre groupe hôtelier, Blue Diamond disposera d’un parc hôtelier de 14 propriétés pour un total de 7 500 chambres, cet hiver. Outre l’ouverture du Royalton Riviera Cancun, prévue en 2015, comptez-vous continuer à acquérir d’autres hôtels?

CH : Bien sûr. Combien et pour combien de chambre? Nous n’avons pas fixé d’objectifs précis à cet égard. Depuis le lancement de Blue Diamond, nous profitons des opportunités qui se présentent pour acquérir des propriétés que nous jugeons intéressantes pour le marché canadien. Pas question d’acheter si nous estimons que les prix sont trop élevés! En fait, nous n’achetons que lorsqu’une aubaine se présente. C’est mon fils Stephen, le président de la compagnie, qui s’en occupe. Mais à voir la façon dont il fonctionne, je crois bien que d’ici cinq ans, nous aurons au moins doublé la capacité actuelle.

Vous lancez de nouvelles marques. Au départ, il n’y avait que les Memories et les Royalton. Depuis, vous avez racheté le Grand Lido de Négril et vous lancez le Chic, à Punta Cana. S’agit-il de marques que vous comptez développer?

CH : Bien sûr! Chic est une marque «pour adultes seulement» qui s’adresse à une clientèle raffinée, en leur offrant un niveau de services et d’attentions inégalés. Ce seront des hôtels plus petits – 300 chambres au maximum – et nous comptons bien en lancer d’autres. Quand à Grand Lido, nous avons racheté celui de Negril, parce qu’il s’agissait d’une aubaine et nous l’avons remise au niveau d’une propriété de luxe. Comme la marque est très connue et qu’elle bénéficie d’une bonne réputation, nous comptons bien la conserver, mais aussi la développer en ouvrant d’autres établissements sous cette enseigne.

Sam Char, directeur exécutif pour le QuébecÊtes-vous propriétaires de tous ces établissements où agissez-vous seulement en qualité de gestionnaires?

CH : Nous sommes propriétaires de tous ces hôtels, sauf à Cuba, où nous agissons comme gestionnaires, seulement.

SC : Nous sommes un t.o. avant tout, mais dans notre industrie, tout le monde sait que les consommateurs québécois et canadiens achètent un hôtel avant d’acheter une destination. Autrement dit : l’hôtel est devenu plus important que la destination. Il doit correspondre aux attentes de nos clients tant au niveau des prestations que des prix. Nous sommes devenus hôteliers par la force des choses. Cela deviendra de plus en plus difficile pour les grossistes qui ne contrôlent pas leurs inventaires hôteliers. Les Européens sont de plus en plus nombreux dans la zone des Caraïbes et les voyagistes canadiens qui n’ont pas d’accès priorisé à un établissement s’exposent à se voir signifier des «stop sales» bien avant d’avoir pu remplir les sièges d’avion assignés à ces chambres. Les grands t.o. comme nous ou Transat ont fondé leurs propres compagnies aériennes pour ne pas être à la merci de transporteurs toujours susceptibles de leur faire défaut, soit parce qu’ils font faillite, soit parce qu’ils lancent leurs propres voyagistes. Le même danger les guette maintenant avec les hôtels et cela parce qu’ils diversifient leurs marchés. Le besoin, pour les voyagistes, de contrôler leurs inventaires hôteliers se fait de plus en plus pressant. Après la fondation de la compagnie aérienne, en 2005, le lancement de la chaîne hôtelière a été une des meilleures décisions que Sunwing ait prise.

En 2009, vous avez racheté un t.o. d’Atlanta : Vacation Express. Qu’en est-il de votre développement aux États-Unis?

CH : C’est le troisième plus important voyagiste américain dans le créneau des t.o. qui commercialisent des forfaits tout-inclus. Depuis le rachat, Vacation Express a programmé des départs depuis de nouveaux aéroports, de façon à élargir son marché. Cincinnati, par exemple. Ils proposent maintenant des départs depuis une quinzaine d’aéroports américains et nous comptons bien développer d’autres marchés régionaux. Nous y allons progressivement, car le marché là-bas est très différent du marché canadien. Les agents de voyages se méfient des compagnies «loisirs» dont les t.o. comme Vacation Express affrètent les avions, car il y a eu beaucoup de faillites et beaucoup d’Américains prennent des vacances dans le Sud de leur pays, plutôt que dans les Caraïbes et au Mexique. Mais nous progressons. Les États-Unis sont 10 fois plus peuplés que le Canada. Si nous parvenons à faire voyager 1,7 Canadiens, chaque année, il n’y a pas de raisons pour qu’un jour, nous ne parvenions pas à faire voyager 17 millions d’Américains.

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