Vendredi,  22 janvier 2021  7:49

Test de COVID négatif à partir du 7 janvier : premières réactions de l’industrie


Test de COVID négatif à partir du 7 janvier : premières réactions de l’industrie
Moscou Côté, Louise Fecteau, André Desmarais, Josée Kaigle, Richard Kelly et Isabelle St-Amand.

PAX a recueilli quelques réactions de membres de l’industrie à la suite de l’annonce du gouvernement du Canada d’exiger que tous les passagers aériens âgés de cinq ans ou plus soient déclarés négatifs à la COVID-19 avant qu’ils n’effectuent un voyage à partir d’un pays étranger vers le Canada, et ce, à partir du 7 janvier.

LIRE PLUS – Test de COVID négatif pour entrer au Canada : ça commence le 7 janvier ! 

Moscou Côté : tuer une mouche avec un bazooka

Avant toute chose, le président de l’AAVQ, Moscou Côté, tient à spécifier que l’Association n’est pas contre le principe des tests, en soi.

« Nous ne sommes pas contre les tests. Ça fait longtemps que nous demandions que la quarantaine soit remplacée par des tests. Mais tester, tout en maintenant la quarantaine, je trouve ça exagéré. C’est comme vouloir tuer une mouche avec un bazooka ! »

Aux yeux de M. Côté, le but du gouvernement semble moins d’assurer la protection du public que de décourager complètement les voyages, et ce, pour répondre à la pression populaire.

« À la suite des reportages un peu sensationnalistes des médias grand public, une de mes conseillères a même reçu des menaces sur Facebook ! Pourtant, le gouvernement reconnaît lui-même que les voyages ne sont à l’origine que de 1,8 % des cas de COVID ! »

L’AAVQ n’entend pas commenter les nouvelles exigences du gouvernement fédéral dans les médias grand public. En outre, l’Association invite ses membres à s’abstenir eux aussi de commenter la situation dans les médias grand public.

« Actuellement, peu importe ce qu’on dit, ça risque de se retourner contre nous. L’opinion publique est tellement négative que nos commentaires risquent d’alimenter le mouvement et d’envenimer la situation. »

André Desmarais : c’est du n’importe quoi !

André Desmarais, propriétaire de l’agence Aéroport Voyages et président sortant du conseil de l’ACTA au Québec, ne cache pas son indignation.

« C’est du n’importe quoi : nous devenons le pays le plus discriminant pour les voyageurs », observe-t-il.

Pour sa part, l’ACTA réserve ses commentaires officiels pour le 4 janvier, après avoir mieux pris connaissance des nouveaux règlements.

Louise Fecteau : une situation très inconfortable

La directrice générale de Transat Distribution Canada, Louise Fecteau, n’avait pas encore pris connaissance des règles entourant la nouvelle directive quand nous l’avons jointe.

« Bien entendu, dès que ce sera possible, nous communiquerons l’information à nos agences qui reçoivent présentement bien des questions de leurs clients. »

Néanmoins, Mme Fecteau confie trouver malheureux que l’annonce ait d’abord été faite sans aucun détail.

« Cela a placé nos conseillers dans une situation très inconfortable. Et c’est sans parler de leurs clients à destination ou sur le point de partir », dit-elle.

Josée Kaigle : nous faisons les frais de la pression populaire

« Je ne suis pas surprise, car il y a eu énormément de pression de la part du public suite à des reportages biaisés », déclare Josée Kaigle, propriétaire de l’agence Voyages Optimistes.

Selon elle, l’information présentée dans les journaux et sur le petit écran ne reflète aucunement la réalité sur le terrain…

« Mais c’était assez pour faire réagir la population et les politiciens. Je trouve ça dommage, car encore une fois nous faisons les frais de la pression populaire ! »

Cela dit, Mme Kaigle ne nie pas l’existence d’un problème.

« J’ai moi-même annulé un bon groupe pour un départ le 14 janvier vers Puerto Vallarta. J’observais la situation depuis un moment et j’ai constaté que les hôpitaux sont à pleine capacité sur place. Il faut aussi penser à la santé et sécurité de nos clients. »

Richard Kelly : apaiser l’opinion publique

Le président de Voyages Aqua Terra, Richard Kelly, abonde un peu dans le même sens.

Sans commenter le détail des mesures (dont il n’avait pas encore pris connaissance quand nous l’avons joint), M. Kelly croit qu’elles pourront au moins contribuer à « apaiser l’opinion publique faussement informée par certains médias », et ce, tout en améliorant la sécurité des voyageurs.

Mais il faudra que lesdites mesures soient « bien coordonnées entre les deux paliers gouvernementaux », précise-t-il.

Isabelle St-Amand : prendre notre mal en patience

Pour sa part, la propriétaire d’Espace Voyage, Isabelle St-Amand, ne voit pas grand-chose de bon pour les agences de voyages dans cette annonce – qui a été faite de « de manière cavalière », selon elle.

« On devra prendre notre mal en patience », lance-t-elle, en expliquant redouter que les nouvelles exigences portent l’industrie à se refermer sur soi-même, et ce, pour plusieurs mois.

Malgré son mécontentement, Mme St-Amand s’efforce néanmoins de conserver de l’espoir.

« Ce que la chenille appelle "fin du monde", le reste du monde l’appelle "papillon". Je nous souhaite que 2021 nous permette de devenir de magnifiques papillons qui pourront voler à nouveau », conclut-elle.

Indicateur