Relance du tourisme : « L’heure n’est plus à un timide leadership ! »


Relance du tourisme : « L’heure n’est plus à un timide leadership ! »
Zurab Pololikashvili, secrétaire général de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT).

Selon l'Organisation mondiale du tourisme, la réouverture des frontières au tourisme par plusieurs pays (dont ne fait pas encore partie le Canada !) est « un soulagement bienvenu ». Néanmoins, à elle seule, cette réouverture ne suffit pas.

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« L’heure n’est plus à un timide leadership », plaide l’OMT . « Il faut que tous ceux qui occupent des postes de direction et d'influence fassent tout leur possible afin que les personnes recommencent à voyager », précise son secrétaire général, Zurab Pololikashvili.

Protéger les citoyens ET les entreprises

L’OMT reconnaît sans peine que les gouvernements ont le devoir de privilégier la santé de leurs citoyens. Mais ils ont aussi la responsabilité de protéger les entreprises et les moyens de subsistance, enchaîne l’organisation, dit-elle.

«Trop longtemps, et dans de trop nombreux endroits, l'accent a été mis de manière excessive sur le premier aspect. Et nous en payons aujourd'hui le prix », affirme M. Pololikashvili, en rappelant que l’arrêt soudain du tourisme a coûté 320 G$ de janvier à mai – « soit trois fois plus que l'impact de la Grande Récession de 2007-2009 sur notre secteur ».

D’autres voies sont possibles

Selon l’OMT, en attendant l’arrivée d’un vaccin qui ne sera peut-être pas disponible avant de nombreux mois, les solutions existent pour une reprise du tourisme tenant compte de « la nouvelle réalité ».

« Des tests rapides, mais rigoureux dans les ports et les aéroports, ainsi que des applications de traçage et de suivi, ont le potentiel de relancer le tourisme en toute sécurité, en s'appuyant sur la courbe d'apprentissage du comportement des individus et des sociétés au cours de ces derniers mois difficiles », illustre Zurab Pololikashvili.

Le secrétaire général de l’OMT insiste :

« Il faut que ces solutions soient pleinement adoptées, et pas seulement explorées avec prudence. Tout retard serait catastrophique. »

Selon lui, les actions unilatérales sur le court terme auront des conséquences dévastatrices sur le long terme, et ce sont les plus vulnérables de nos sociétés qui seront le plus durement touchés.

« Dans l'ensemble, les personnes ont appris à se comporter de manière responsable. Les entreprises et les services ont mis en place des protocoles et adapté leurs activités. Il est temps que ceux qui prennent les décisions politiques comblent les écarts, afin que nous puissions tous avancer ensemble », affirme Zurab Pololikashvili.

Il conclut :

« En ces temps incertains, le monde entier a besoin de messages forts, clairs et cohérents. Personne n’a besoin de mesures politiques qui font fi du fait que c’est ensemble seulement que nous sommes plus forts et capables de surmonter les difficultés auxquelles nous sommes confrontés. »

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