Playa del Carmen : 100 tonnes de sargasses par jour


Playa del Carmen : 100 tonnes de sargasses par jour
Crédit photo: Benoit Beauchamp, Club Voyages Solerama
Marie-Eve Vallières

Marie-Eve est une Montréalaise pour qui le voyage n'a plus de secrets. Ayant vécu à Londres et en France, elle nourrit une soif d'aventure et de découverte depuis maintenant neuf ans. 29 pays plus tard, Marie-Eve continue de bourlinguer à travers le monde.

Bien que le président Andrés Manuel López Obrador s'entête à dire que les algues sargasses sur les côtes du Quintana Roo ne requièrent aucune mesure d'urgence, tous les acteurs du tourisme (et leurs clients!) s'entendent pour dire que les amas malodorants qui pullulent sur les plages caribéennes sont un véritable fléau.

D'une part, un fléau naturel, puisque la relocalisation des algues nécessite de faramineux efforts logistiques et humains. Sans parler des répercussions néfastes sur la faune sous-marine locale!

Mais il s'agit également un fléau financier, sachant que la Riviera Maya est en quelque sorte la vache à lait touristique du Mexique puisque 50% des touristes globaux y débarquent; plusieurs experts et analystes prédisent qu'une baisse d'arrivées internationales de l'ordre des 30% serait à prévoir dans les prochains mois.

Devant un président peu collaboratif et des voyageurs inquiets, quelles solutions s'offrent aux hôteliers concernés ?

5 millions de dollars pour « Operation Sargasso »

Malgré son attitude cavalière et son ton peu alarmiste, le gouvernement mexicain a tout de même alloué la rondelette somme de 5 millions de dollars au ministère de la Marine afin de résoudre cette endémie. Mais les chiffres ne mentent pas : l'Association des hôteliers de Cancun et de Puerto Morelos a indiqué que ses membres doivent retirer jusqu'à 100 tonnes d'algues sargasses chaque jour, quatre fois plus qu'à pareille date l'an dernier.

Signe que la situation n'est pas prête de se résorber.

À l'heure actuelle, les hôteliers sont largement responsable de la collecte des algues malodorantes, qui sont enfouies dans une aire désignée de deux kilomètres de long au-delà de la zone touristique. Parmi les zones les plus affectées, notons :

  • Isla Mujeres (180 kilomètres)
  • Cozumel (90 kilomètres)
  • Tulum (77 kilomètres)
  • Playa del Carmen (65 kilomètres)
  • Cancun (58 kilomètres)
  • Puerto Morelos (18 kilomètres)

Crédit photo: Benoit Beauchamp, Club Voyages Solerama

Une barrière

En dépit du succès mitigé de la barrière mise en place au large de la Playa del Carmen l'an dernier, une deuxième tentative est en voie d'être complétée au coût de 1,5 millions de dollars.

Bien que la mairesse de Puerto Morelos, Laura Fernández Piña, affirme que ces barrières réussiront à contenir plus de 65 tonnes d'algues, peu d'hôteliers sont convaincus de ce taux de réussite plutôt optimiste; il faut dire que l'échec retentissant de l'an dernier était causé par une accumulation trop rapide des algues en bordure de la barrière... alors qu'il y en avait à l'époque quatre fois moins qu'aujourd'hui !

Un sargacera

« 939 des 994 kilomètres de côte sont aux prises avec des sargasses, mais ce n'est pas une raison pour s'affoler. Ce ne sont pas toutes les plages qui sont affectées sur une base quotidienne », déclarait l'amiral Raúl Ojeda a indiqué au quotidien Riviera Maya News.

Il ajoutait qu'un navire, le sargacera, dont la principale mission sera de récupérer les algues, était en voie de construction à Manzanillo et serait opérationnel d'ici les six prochains mois. Une flotte de 10 à 12 navires est prévue à mesure que les ressources financières permettront leur mise à l'eau.

Les principaux décideurs du gouvernement insistent qu'il ne s'agit que d'un problème comme un autre, pris en charge par tous les paliers du gouvernement, et que plusieurs autres pays sont face à la même situation. Le président a même avancé que la panique au sein de l'industrie du tourisme est une hérésie fondée de toutes pièces par les médias qui cherchent à discréditer son gouvernement.

Indicateur