Nouveau coronavirus : l’inquiétude commence à gagner les voyagistes


Nouveau coronavirus : l’inquiétude commence à gagner les voyagistes
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

La flambée de nouveau coronavirus doit être prise très au sérieux, évidemment. Toutefois, l’Organisation mondiale de la santé (OMT) n’a pas encore décrété qu’il s’agit d’une « urgence de santé publique de portée internationale » (USPPI). À l’heure actuelle, l’OMS ne préconise toujours pas non plus de restrictions des voyages ni aucune mesure sanitaire spécifique aux voyageurs.

Le gouvernement du Canada surveille activement l'éclosion du nouveau coronavirus originaire de Wuhan, tout en soulignant qu’à l'heure actuelle, aucun cas n'a été signalé au Canada et qu’aucun cas connu n’implique des Canadiens à l'étranger.

L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) continue d’estimer que le risque de propagation de la maladie au Canada est faible. Néanmoins l’ASPC a mis en œuvre un certain nombre de mesures dans les aéroports de YUL, YYZ et YVR pour atténuer le risque d’introduction du nouveau coronavirus au Canada.

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« Êtes-vous allé à Wuhan, en Chine, au cours des 14 derniers jours? »

Par précaution, cette question est désormais posée à tous les voyageurs internationaux arrivant aux aéroports de Montréal, Toronto et Vancouver. Les voyageurs qui ont visité Wuhan sont soumis à des mesures de contrôle supplémentaires. Les voyageurs présentant des symptômes grippaux sont dirigés vers un agent de santé publique pour un examen supplémentaire (des agents de quarantaine de l’ASPC sont sur place). Les autres voyageurs reçoivent un document d’information.

Dans ces aéroports internationaux, l’ASPC a aussi déployé une campagne de sensibilisation en affichant des messages sur les écrans des arrivées rappelant aux voyageurs d’informer un agent des services frontaliers s’ils présentent des symptômes de la grippe.

« Les compagnies aériennes sont prêtes à travailler avec les autorités de santé publique en cas d'épidémie de maladies transmissibles avec des normes et des bonnes pratiques bien développées », a pour sa part rappelé l’IATA.

« C’est un peu inquiétant »

En principe, toutes ces mesures se veulent rassurantes. Néanmoins, l’inquiétude commence à gagner les voyagistes.

« C’est un peu inquiétant. Chaque jour, on apprend de nouveaux développements. Nous suivons la situation de très près », confirme Cristelle Cormier, directrice générale de Tours Chanteclerc.

Tours Chanteclerc n’a aucun départ de groupe en Chine prévu dans les prochaines semaines. Même si elle n’a pas encore eu d’échos négatifs du département des Horizons lointains à ce sujet, Cristelle Cormier prédit que la situation actuelle, très médiatisée, ne peut qu’avoir un impact négatif sur la demande.

« Je suis convaincue que les réservations pour la Chine ont été moins nombreuses, cette semaine. Des gens intéressés à cette destination décideront probablement de reporter le voyage à plus tard et d’opter pour une destination qui leur paraît plus sûre. »

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Ne pas propager la panique

De son côté, le World Travel & Tourism Council (WTTC) a diffusé un communiqué stipulant que contenir la propagation de la panique est aussi important que de contenir la propagation du coronavirus lui-même.

Selon l’organisme, des cas antérieurs ont montré que les pertes économiques dues aux épidémies de santé sont évitables, en utilisant des procédures de gestion des crises, de gestion de la panique publique et en prenant des décisions rationnelles concernant les voyages.

« Des cas antérieurs nous ont également montré que la fermeture d'aéroports, l'annulation de vols et la fermeture de frontières ont souvent un impact économique plus important que l'épidémie elle-même », a rappelé Gloria Guevara, présidente et chef de la direction du WTTC.

Le WTTC préconise une communication rapide, précise et transparente pour contenir la panique et atténuer les pertes économiques négatives.

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