L’OMS considère maintenant la COVID-19 comme une pandémie


L’OMS considère maintenant la COVID-19 comme une pandémie
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère maintenant la COVID-19 non plus comme une simple épidémie, mais comme une pandémie. C’est-à-dire une épidémie qui atteint les populations d’une zone géographique très étendue.

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Cette évolution était prévisible, puisque l’OMS prévenait depuis un bon moment que cette étape se rapprochait. Il y a deux jours, l’OMS disait d’ailleurs que la menace de pandémie était « très réelle ».

Le nombre de cas confirmés de COVID-19 dans le monde atteint désormais les quelque 118 000 et déborde largement de la Chine où les premiers cas ont été constatés en décembre dernier. 

Au cours des deux dernières semaines, le nombre de cas de COVID-19 hors de Chine a été multiplié par 13 et le nombre de pays touchés a triplé. Des cas ont été signalés dans 114 pays. Le nombre de décès confirmés est de 4 291.

En date du 11 mars, on a dénombré 101 cas au Canada, dont 9 au Québec. Au pays, la COVID-19 a provoqué 1 décès (en Colombie-Britannique).

En conférence de presse aujourd'hui (11 mars) à Genève, Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS, s’est inquiété de ce que la communauté internationale réagit trop faiblement face aux « niveaux alarmants de propagation » de la Covid-19.

En raison des « niveaux alarmants d'inaction » (liés au manque de ressources et/ou au manque de volonté des pays), l'OMS prévoit que le nombre de cas de COVID-19 augmentera encore au cours des prochains jours et semaines, ainsi que le nombre de décès et de pays touchés.

La première pandémie de l'histoire qui pourrait être contrôlée ?

Toutefois, l’OMS estime toujours qu’il est possible de ralentir considérablement la propagation du virus, voire de renverser la tendance, en mettant en œuvre des mesures énergiques d’endiguement et de lutte.

Selon l'OMS, « la Chine et d’autres pays montrent qu’il est possible de ralentir la propagation du virus et d’en atténuer l’impact en prenant des mesures universellement applicables ».

Le DG de l’OMS mentionnait déjà, il y a quelques jours, que la COVID-19 pourrait même être « la première pandémie de l'histoire qui pourrait être contrôlée », appelant tous les pays à poursuivre les efforts qui ont permis de limiter le nombre de cas et de ralentir la propagation du virus.

« De nombreux pays ont déjà montré que lorsqu'il y a des cas, ils peuvent être contenus, quel que soit le nombre de cas. [Le premier coronavirus à être étiqueté comme pandémie] peut être contrôlé comme en témoignent les progrès constatés dans ces pays. »  

Détecter, tester, traiter, retracer et mobiliser 

Tedros Adhanom Ghebreyesus estime que ce serait « une erreur d'abandonner la stratégie de confinement ». L'OMS préconise en fait une « stratégie de confinement mixte ».

Plus de 90 % des cas de COVID-19 dans le monde se trouvent encore dans seulement quatre pays : la Chine, la Corée du Sud, l'Iran et l'Italie. Dans deux de ces pays, la Chine et la Corée du Sud, l'épidémie connaît un ralentissement significatif. Par ailleurs, 81 pays n'ont encore signalé aucun cas de COVID-19 tandis que 57 pays en ont signalé 10 ou moins.

« Nous ne pouvons pas le dire assez fort, ni assez clairement, ni assez souvent : tous les pays peuvent encore changer le cours de cette pandémie. Il suffit de détecter, tester, traiter, retracer et mobiliser toutes les parties concernées », conclut Tedros Adhanom Ghebreyesus, en appelant les pays à redoubler d'efforts et à se montrer plus agressifs. 

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