Selon des reportages, "les Québécois se ruent sur les voyages au soleil…" Mais est-ce vraiment le cas?


Selon des reportages, "les Québécois se ruent sur les voyages au soleil…" Mais est-ce vraiment le cas?

Vingt-quatre heures après l’annonce par le gouvernement du Québec que les Québécois ne pourront se réunir pour le temps de Fêtes, les agences de voyages ont été inondées d’appels de citoyens voulant fuir vers les pays chauds pour fêter Noël.

C’est, en substance, ce qu’affirmait la chef d’antenne de TVA, Sophie Thibault, vendredi dernier (4 décembre), en introduisant un reportage donnant la parole à deux membres de l’industrie : Mélanie Guillemette (Aqua Terra Lévis) et Pierre-Olivier Fortin (porte-parole de CAA-Québec).

Mais les Québécois se ruent-ils vraiment vers le Sud ?

Des bookings de frustration…

Sans vraiment parler de « ruée », Mme Guillemette et M. Fortin confirmaient avoir constaté une certaine hausse des demandes d’information et des réservations à la suite de l’annonce gouvernementale, et ce, « malgré le fait que le gouvernement du Canada demande d’éviter tout voyage non essentiel », soulignait le reporter.

Mme Guillemette avançait que ces réservations sont, en fait, des « bookings de frustration », ne représentant pas le premier choix des Québécois, qui aurait sans doute préféré organiser un vrai souper de Noël en famille.

Consternation, confusion…

Sans surprise, le reportage de TVA ainsi que des articles semblables publiés parallèlement dans Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec ont suscité de vives réactions au sein des membres de l’industrie, notamment sur les réseaux sociaux.

Plusieurs ont mentionné avoir effectivement reçu quelques appels de personnes désirant obtenir de l’information sur les voyages – mais sans que cela ne débouche sur une réservation. C’est que la quarantaine exigée au retour constitue toujours un énorme frein aux intentions de voyage…

Par ailleurs, de nombreux pros ont déploré la confusion que peuvent susciter, au sein du public, des reportages évoquant « une ruée vers les agences de voyages », alors même que les agences réclament du soutien public pour leur secteur affligé par la pandémie.

Certains se sont même inquiétés que cette confusion n’incite le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, à remettre en question l’aide qu’il a semblé ouvert à accorder à l’industrie, lorsqu’il est intervenu dans le cadre de l’assemblée virtuelle de l’AAVQ, jeudi dernier (3 décembre)…

« Un plan que le ministre pense que soudainement on fait fortune ! » a commenté une conseillère sur un forum des professionnels de l’industrie.

Tentative de remettre les pendules à l’heure

Souhaitant « remettre les pendules à l’heure », deux membres du conseil d’administration de l’AAVQ, Éric Boissonneault et Karo-Lyn Fournier, ont accordé des entrevues à Radio-Canada. Aux dernières nouvelles, toutefois, les reportages n’avaient pas été diffusés…

Selon Éric Boissonneault, l’objectif initial de Radio-Canada était de parler, à son tour, du soi-disant achalandage dans les agences de voyages provoqué par la décision du gouvernement du Québec d’interdire les rassemblements durant les Fêtes.

Or, comme les entretiens avec M. Boissonneault et Mme Fournier ne confirmaient pas d’engouement particulier, Radio-Canada aurait simplement jugé qu’il n’y avait pas matière à reportage.

« Dire la réalité, sans sensationnalisme, est moins attrayant et spectaculaire. Pour la journaliste, la plate vérité s’est avérée un pétard mouillé. Donc, on nous a coupés », commente le vice-président de l'AAVQ, sans cacher sa déception de n’avoir pu « corriger les faits » publiquement.

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