L'avion, plus sécuritaire que jamais


L'avion, plus sécuritaire que jamais

Un reportage de Radio-Canada indique qu'en dépit du crash aérien ayant coûté la vie à une centaine de personnes aux large de l'Indonésie la semaine dernière, l'avion demeurerait, statistiquement, le moyen de transport le plus sécuritaire sur la presque totalité de la planète... sauf certains endroits aux réglementations moins sévères.

Le diffuseur national a interviewé le commandant Jean LaRoche, pilote de ligne depuis 35 ans employé par les grandes lignes aériennes du pays et également directeur du département de formation continue du Centre québécois de formation aéronautique (CQFA).

Le risque zéro n’existe pas

« La portion la plus dangereuse d'un voyage en avion, c’est se rendre à l'aéropor», lance d'emblée le commandant Jean LaRoche.

L’Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) a recensé 1048 accidents officiels de vols d’avions de ligne à travers le monde, dont 124 mortels, depuis l'année 2008. Deux d'entre eux sont dus à des actes terroristes, soit le vol Metrojet 9268, victime d’une bombe du groupe armé État islamique au-dessus de la péninsule du Sinaï et le vol 17 de Malaysia Airlines, abattu par un missile sol-air au-dessus du territoire ukrainien.

De 2008 à 2017, le ratio d’accidents fatals par million de départs est de 0,39. On compte donc un vol fatal pour 2,5 millions de vols qui ne le sont pas.

Ainsi, bien que le nombre de voyageurs en avion ait quadruplé au cours des 30 dernières années, le nombre absolu d’accidents est en diminution importante.

L'expert en aviation explique que si les avions de plus grande taille sont pourvus d'équipements plus sophistiqués en navigation et en sécurité, ils desservent également des centres urbains majeurs dotés d'aéroports à la fine pointe de la technologie et d'une infrastructure permettant d'éviter bien des soucis. Il persiste et signe :

« L'aviation d’aujourd’hui est infiniment plus sécuritaire qu’elle ne l'était, malgré des variations entre les régions et les types d’avions. Quand j’ai débuté ma carrière, un taux de sécurité aussi impressionnant, c'était hérétique. On n'aurait jamais pu penser que ça diminuerait autant. Le nombre d’accidents par 100 000 heures de vol était 3 à 4 fois plus élevé », précise le pilote.

Problème de low-cost ?

Si le Canada performe mieux que la moyenne mondiale avec 0,29 accident fatal par million de vol, certains marchés émergents éprouvent plus de difficultés.  La carte survolant la dernière décennie indique clairement des lacunes régionales plus particulièrement dans la zone Asie du Sud-Est, qui détient le macabre record de la plus grande quantité d'accidents aériens.

Cette zone recense plusieurs accidents, dont le récent accident du Boeing 737 de Lion Air qui a coûté la vie à ses 181 passagers et 8 membres d’équipage ; sans parler de l'écrasement du vol 370 de Malaysia Airlines, disparu depuis le 8 mars 2014 et dont l'épave n'a toujours pas été retrouvée.

Le pilote suggère que si certains marchés et transporteurs ont une feuille de route plutôt sombre, c'est sans doute en raison de problèmes financiers, notoirement du côté des compagnies à bas prix desservant le continent asiatique. Il exclut les transporteurs low-cost d'Europe, qui eux, sont soumis à un environnement réglementaire très rigoureux.

« Pour garantir la sécurité des appareils, une maintenance coûteuse doit être effectuée et des exploitants moins scrupuleux peuvent tourner les coins ronds en cas de situation financière défavorable. Des compromis sur la sécurité peuvent aussi être faits pour chercher à réduire les prix au minimum pour attirer des voyageurs », évoque-t-il.

Paradoxalement, il n'y a eu absolument aucun accident mortel chez Japan Airlines depuis 10 ans et à peine trois tragédies du côté des transporteurs chinois, qui ont pourtant effectué 29 millions de vols depuis 2008. Empiriquement, ce sont là des données quasi-miraculeuses.

Source : Radio-Canada

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