Samedi,  28 novembre 2020  22:51

L’AAVQ sonne l’alarme face à de possibles rappels de commissions


L’AAVQ sonne l’alarme face à de possibles rappels de commissions
Moscou Côté, président de l'AAVQ, et Éric Boissonneault, vice-président.

On le sait : à compter du 2 novembre, WestJet commencera à rembourser ses passagers dont le voyage a été annulé en raison de la COVID « selon la méthode de paiement utilisée par ces derniers » (et non pas en crédits).

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On ne sait pas encore si l’initiative fera école auprès des autres transporteurs, mais déjà l’AAVQ sonne l’alarme face aux possibles rappels de commissions qui pourraient découler de ces décisions.

« Techniquement, si un fournisseur rembourse le client, le détaillant pourrait devoir rembourser sa commission. L’AAVQ a déjà commencé à discuter de cette question avec les voyagistes et des représentants des gouvernements, car ça nous paraît primordial que nos commissions soient protégées », explique Éric Boissonneault, vice-président de l’Association.

Éviter une situation toxique

Le président de l’AAVQ, Moscou Côté, rappelle que le principe des crédits voyage valide pour deux ans – un concept appuyé par l’AAVQ – avait pour avantage, notamment, de protéger les commissions.

M. Côté estime que si les dossiers sont simplement annulés et que les commissions doivent être remboursées, la situation sera critique pour de nombreuses agences, déjà aux prises avec d’importants problèmes de liquidités.

« On a beaucoup entendu le ministre de la Justice dire qu’il souhaite que les clients soient remboursés. D’accord, on veut bien… Mais en faisant ça, il ne faudrait pas qu’il crée une situation toxique pour les agents de voyages ! »

Éric Boissonneault renchérit :

« Le rappel de commissions, ça pourrait être le coup de mort pour beaucoup d’agences ! Actuellement, personne n’a de coussin pour absorber un tel choc. On est sans liquidités… Et on n’en voit pas la fin ! »

Selon les dirigeants de l’AAVQ, même si le rappel des commissions est encore un peu théorique pour l’instant, le problème doit être abordé d'urgence, dès maintenant.

« Alors qu’on parle de plus en plus d’un plan de sauvetage pour l’industrie du transport aérien, je serais très surpris que l’aide du gouvernement ne soit pas conditionnelle au remboursement des consommateurs ! » affirme Moscou Côté.

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L’exemple allemand

Une piste de solution existe, selon l’AAVQ, qui a trouvé de l'inspiration en Allemagne.

Dans ce pays, rappelons-le, l’État est intervenu pour aider le secteur de l’aviation. Et effectivement, l’État a obligé les transporteurs aériens à rembourser leurs clients dont un vol a été annulé en raison de la COVID.

Cependant, les agences de voyages qui ont vu leurs commissions annulées n’ont pas été ignorées...

En effet, en réponse au lobbying de l’association allemande des voyagistes (Deutscher Reiseverband – DRV), l’État allemand a versé aux agences une aide calculée en tenant compte des commissions perdues (lesquelles étaient comptabilisées dans les charges de l’agence).

L’exemple français

Une autre piste de solution, selon l’AAVQ, pourrait être que seuls les transporteurs aériens soient tenus de rembourser leurs clients – mais pas les voyagistes. C’est le cas en France.

Les dirigeants de l’AAVQ estiment que, pour la plupart des agences – à l’exception notable de celles qui sont spécialisées dans les voyages corporatifs –, l’éventuel rappel des commissions par des transporteurs serait désagréable, mais supportable. En revanche, le rappel des commissions par les voyagistes serait catastrophique !

Un moindre mal, mais un mal quand même !

Néanmoins, même si le rappel des commissions par les transporteurs seulement serait un moindre mal, ce serait un mal quand même, jugent MM. Côté et Boissonneault.

« Ce serait le début d’une situation potentiellement très problématique. C’est pourquoi nous avons déjà entrepris des représentations auprès de certains voyagistes, de l’ATOQ, du gouvernement... », commente Éric Boissonneault.

La réaction du gouvernement ?

« On nous a écoutés. On nous a demandé plus d’information sur ce qui a été fait en Allemagne et en France. On nous a demandé d’évaluer plus précisément l’impact qu’un rappel de commissions pourrait avoir, en moyenne, sur les agences. Bref, on a senti une certaine ouverture… Mais il est encore beaucoup trop tôt pour savoir comment ça va se traduire », conclut Moscou Côté.

À suivre.

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