L’AAVQ invite les directeurs et proprios d'agence à écrire au gouvernement


L’AAVQ invite les directeurs et proprios d'agence à écrire au gouvernement
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

L’Association des Agents de Voyages du Québec (AAVQ) a rédigé une lettre à l’attention de François Legault, premier ministre du Québec, Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie, et Sonia Lebel, ministre de la Justice, pour leur exposer la situation particulière des agences de voyages aujourd’hui et pour demander leur intervention.

L’AAVQ invite les directeurs et propriétaires d’agence du Québec à la contacter à info@aavq.ca pour obtenir cette lettre et la transmettre ensuite au gouvernement.

« La voix des directeurs et propriétaires d’agences de voyages du Québec aura en effet plus de poids si l’action est soutenue par l’ensemble des directeurs et propriétaires, et non juste quelques cas isolés », explique l’AAVQ.

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Que dit la lettre ?

PAX a obtenu copie de la lettre destinée au gouvernement. L’AAVQ nous a demandé de ne pas la reproduire intégralement, mais ne s’objecte pas à ce que nous décrivions son contenu.

La lettre indique d’abord que l’industrie (qui englobe près de 800 agences au Québec employant plus de 13 000 employés) est en crise financière.

On enchaîne en remettant les pendules à l’heure quant à certains préjugés concernant l’industrie, notamment la rémunération de ses membres.

« Notre profession dicte des salaires d’une moyenne supérieure à 35 000$ par année soit 50% de plus que le salaire minimum au Québec », indique-t-on.

Alors qu’on parle beaucoup de l’importance d’acheter local, la lettre fait valoir qu’acheter un voyage pour l’étranger, c’est aussi acheter local.

« Prenons comme exemple la vente d’un forfait sud, 70 % de cet argent reste dans l’économie québécoise (pilotes, agents de bord, commissions aux agences, loyers des commerces, etc.). Seulement 30% du coût du forfait est envoyé à l'étranger », indique-t-on.

On ajoute que les dépenses indirectes découlant de l'achat d'un voyage (stationnements, vaccins, achats avant le départ comme les maillots de bain, les crèmes solaires, les valises, etc.) représentent en moyenne $350 par voyage. 

« Si le voyage était un produit, il remplirait les conditions nécessaires pour être étiqueté "fait au Canada", voire "fait au Québec" ! », insiste-t-on.

La lettre aborde aussi le dossier délicat des crédits pour voyage futur offert par plusieurs forfaitistes « afin de survivre ». On invite le gouvernement à légitimer l’offre de ces crédits.

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« Si les crédits voyage de 24 mois offerts en ce moment ne sont pas considérés comme justifiables et acceptables par vous, et que les voyagistes sont dans l’obligation de rembourser les clients, ceci aura pour conséquence immédiate la fermeture de plusieurs agences et grossistes au Québec. Il s’agirait donc alors d’une vraie catastrophe économique pour le Québec ! »

La lettre mentionne que si le gouvernement du Québec ne légitimait pas les crédits voyage, la province ferait bande à part par rapport à d’autres juridictions, comme « l’Ontario et le reste du Canada, la France, la Belgique et plusieurs autres pays de l’OCDE ».

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La lettre aborde la possibilité que le gouvernement du Québec décide d’accorder une aide financière à un ou plusieurs acteurs de l’industrie.

« Nous sommes d'avis que de diriger cette somme directement au bénéfice du fonds d'indemnisation des clients des agents de voyages (FICAV), géré par l'Office de la protection du consommateur du Québec, serait le plus bénéfique, tant pour tous les intervenants de l'industrie que pour les consommateurs », indique la lettre.

La lettre suggère aussi que l’OPC suspende le congé de contributions des voyageurs au FICAV pour renflouer le fonds pendant la période de validité de 24 mois des crédits pour voyage futur. Cela permettra au FICAV d’« avoir les fonds nécessaires pour le remboursement des clients qui n’auront pas utilisé leur crédit voyage avant l'échéance de ceux-ci », avance la lettre.

Et de conclure :

« Nous espérons sincèrement que notre demande saura trouver une écoute attentive. Ces moments sont critiques pour plusieurs secteurs d’activités, certes, mais le nôtre a été touché en premier et nous serons les derniers à retrouver une activité professionnelle normale, si normalité il existe. »

Pour obtenir la lettre : info@aavq.ca

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