Samedi,  26 septembre 2020  10:26

Intentions de Québec quant à l’indemnisation des voyages annulés : l’ACTA affiche un optimisme prudent


Intentions de Québec quant à l’indemnisation des voyages annulés : l’ACTA affiche un optimisme prudent
Simon Jolin-Barrette, ministre de la Justice, et Manon Martel, directrice régionale de l'ACTA au Québec.

L’ACTA a bien pris note de l’intention du ministre de la Justice du Québec, Simon Jolin-Barrette, de présenter sous peu une solution globale permettant que tous les consommateurs québécois dont le voyage a été annulé depuis mars en raison de la pandémie soient remboursés.

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Mais si l’ACTA se réjouit du fait que le gouvernement du Québec s’apprête enfin à agir dans un dossier qui traîne depuis des mois, son optimisme est toutefois teinté de prudence...

Dans une communication à ses membres, l’ACTA rappelle avoir demandé à plusieurs reprises au gouvernement du Québec et à l'OPC de prendre des mesures similaires à celles du gouvernement de l'Ontario en modifiant la loi québécoise sur les agents de voyage afin de permettre officiellement l'émission de crédits voyage.

L’Association rappelle aussi qu’elle préconise d’utiliser le Fonds d'indemnisation des consommateurs du Québec (FICAV) pour les réclamations.

« Si le gouvernement du Québec devait aller de l'avant et imposer les remboursements aux consommateurs dans un avenir rapproché, le remboursement complet devrait provenir du FICAV », affirme donc l’ACTA.

L’Association insiste :

« Dans un contexte de revenus presque nuls depuis plus de cinq mois, les agences de voyages du Québec continuent d’aider les consommateurs à traverser cette crise, et elles ne peuvent supporter le poids financier des remboursements massifs imposés par le gouvernement et le rappel potentiel de leurs commissions. »

Tout en proposant sa collaboration au gouvernement du Québec pour élaborer une solution, l’Association tient à rassurer ses membres quant au fait qu’elle continuera de sensibiliser ses interlocuteurs aux répercussions financières catastrophiques qu’a la crise sanitaire liée à la COVID-19 sur les agences de voyages du Québec et sur l'industrie touristique en général.

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PAX s'entretient avec Manon Martel

En entrevue avec PAX, la directrice régionale de l’ACTA au Québec, Manon Martel, applaudit l’engagement du ministre Jolin-Barrette à trouver une solution à court terme à la problématique.

« C’est vrai qu’il y a un problème. C’est vrai que tout le monde se lance la balle, se défile pour ne pas payer. Ce n’est pas une mauvaise idée de s’attarder au comportement des compagnies d’assurance, ni de réviser le fonctionnement du FICAV… », reconnaît-elle.

Du même souffle, Manon Martel relève des éléments potentiellement inquiétants dans les quelques bribes d’information actuellement disponibles quant à la solution envisagée par le ministre.

« Si on exige que tous les consommateurs soient remboursés, cela pourrait signifier que les voyagistes redemanderont aux agents les commissions qu’ils ont dûment gagnées. À l’ACTA, on ne trouverait pas ça acceptable », illustre-t-elle.

Même chose pour la rétrofacturation. En commission parlementaire, le ministre Jolin-Barrette a critiqué le fait que les grandes institutions financières qui émettent des cartes de crédit « ne fassent pas de rétrofacturation, alors que c’est permis ».

« Nous ne sommes absolument pas d’accord avec le ministre sur ce point. Nous, on se bat contre la rétrofacturation », rappelle Manon Martel.

Résoudre la quadrature du cercle ?

Cela dit, il ne faut présumer de rien, car on ne connaît pas encore la solution qu’entend présenter le gouvernement du Québec.

Donc, si le ministre Jolin-Barrette trouve le moyen de rembourser les consommateurs, tout en protégeant les commissions des agents de voyages, et sans mettre en péril la survie des acteurs de l’industrie du voyage – on pourrait presque dire s’il parvient à « faire une omelette sans casser d’œufs »...

Dans ce cas :

« Tant mieux ! Tout le monde sera content », conclut Manon Martel, sans cacher un brin de scepticisme.

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