François Legault : des déclarations «INACCEPTABLES», selon l’AAVQ


François Legault : des déclarations «INACCEPTABLES», selon l’AAVQ
François Legault, premier ministre du Québec, et Moscou Côté, président de l'AAVQ.

« C’est inacceptable. Écrivez-le en majuscules, s’il vous plaît : INACCEPTABLE ! »

Telle est la réaction de Moscou Côté, président de l’AAVQ, aux déclarations faites hier (24 novembre) par le premier ministre François Legault pour dissuader les Québécois de voyager.

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Ce qu’a dit François Legault

Voici précisément ce qu’a déclaré le premier ministre à l’occasion d’un point de presse portant sur la situation sanitaire au Québec à l’approche des Fêtes de fin d’année.

« Les vacances à l'étranger... J'ai un petit peu de difficultés avec ça. Je comprends qu'il y a des gens qui n'ont peut-être pas le choix pour toutes sortes de raisons d'aller à l'étranger, là. Mais d'aller dans un tout inclus, avec bien du monde ? »



« Rappelons-nous ce qui nous est arrivé après le congé scolaire au début mars. On a eu plein de Québécois qui sont revenus, qui avaient la COVID. Puis là, on peut bien dire : bon, c'est leur problème; qu'ils se mettent en quarantaine pour deux semaines... »



« Mais il reste qu'il y en a qui vont être malades, puis qui vont aller occuper des lits dans nos hôpitaux, puis faire travailler encore davantage le personnel du réseau de la santé... »



« Donc, ce n'est vraiment pas une bonne idée, là, d'aller en vacances à l'étranger dans les prochaines semaines, les prochains mois. Tant que le vaccin n'est pas là, ce n'est pas recommandé du tout, du tout. »

Douche froide sur une lueur d’espoir

Moscou Côté souligne que la déclaration du premier ministre a fait l’effet d’une douche froide sur les agences de voyages, déjà dévastées par la crise.

La déclaration du premier ministre est d’autant plus navrante, selon Moscou Côté, qu’elle survient au moment même où les agences commençaient à sentir un certain regain d’intérêt pour les voyages (bien que la demande demeure infinitésimale comparée à ce qu’elle est normalement).

Selon M. Côté, ce léger regain d’intérêt pouvait être attribué, d’une part, à l’arrivée du temps froid, mais surtout aux perspectives d’un temps des Fêtes moins animé, en raison des limites aux rassemblements préconisées par le gouvernement.

Quoi qu’il en soit, la déclaration du premier ministre a brusquement éteint la faible lueur d’espoir qui commençait à poindre.

« On est rendus ailleurs »

« On comprend que la priorité du gouvernement, c’est la santé. Et on est d’accord avec lui là-dessus », affirme Moscou Côté.

Selon lui, il ne faut toutefois pas négliger que les connaissances sur la COVID ont beaucoup évolué depuis le début de la pandémie, tout comme les précautions prises pour prévenir sa propagation.

« On est à une autre époque, maintenant, par rapport à la COVID. On est rendus ailleurs ! » affirme Moscou Côté, en évoquant le déferlement de protocoles sanitaires mis en place à toutes les étapes d’un voyage.

Par exemple...

« On sait maintenant – des études le démontrent – que prendre l’avion est plus sûr que d’aller au restaurant ou à l’épicerie ! »

Les agences fermées de facto

Mais le plus inacceptable, selon le président de l’AAVQ, c’est que le gouvernement du Québec justifie son refus d’accorder une aide sectorielle aux agences de voyages par le fait que ce ne sont pas les décisions du Québec qui nuisent aux activités des agences de voyages, mais plutôt des décisions relevant du gouvernement fédéral.

L’AAVQ réfute cette justification.

« Quand nous demandons de l’aide pour la survie de l’industrie, on nous répond que l’aide du Québec est réservée aux établissements fermés en vertu d’une ordonnance du gouvernement québécois... »


« Le gouvernement nous dit que "si on aide les agences de voyages, il faudra aussi aider les services d’esthétique, par exemple "... Par contre, je n’ai pas vu le PM dire à la télévision de ne pas aller chez l’esthéticienne ! »


« Alors, quand le premier ministre du Québec demande aux Québécois de ne pas voyager tant qu’ils n’auront pas reçu un vaccin, je considère que ça revient à fermer les agences de voyages. Elles ne sont peut-être pas fermées légalement, mais elles le sont de facto ! »

Par conséquent, plus que jamais, l’AAVQ entend maintenir la pression sur le gouvernement pour qu’il revienne sur sa décision – injustifiable, à ses yeux – de ne pas accorder d’aide sectorielle aux agences de voyages. Mais l'association estime qu'il faudra plus que ses efforts de lobbying…

Exposer l’impasse

Moscou Côté a entrepris de sensibiliser le grand public à la position de l’Association. Ces jours-ci, on a notamment pu l’entendre aux micros de Patrick Lagacé et d’Isabelle Maréchal, au 98,5 FM.

Parallèlement, le président de l’AAVQ invite de nouveau les membres de l’industrie à s’impliquer; à écrire ou téléphoner à leurs députés fédéral et provincial pour leur exposer l’impasse dans laquelle ils se trouvent.

« C’est important que les gens le fassent. Il faut rappeler aux députés que nous formions une industrie en santé, qui employait des milliers de personnes, avant la crise », insiste-t-il.

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