Des agences appellent le gouvernement à intervenir


Des agences appellent le gouvernement à intervenir
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

« Remboursement ou crédit pour voyage futur : le débat fait rage ! », titrait PAX vendredi dernier (20 mars).

Le débat se poursuit de plus belle depuis, alors que les rumeurs d’action collective se précisent; alors aussi que certains encouragent les consommateurs à une rétrofacturation des plus inquiétantes pour les agences de voyages.

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Des agents appellent maintenant le gouvernement à intervenir.

« Les clients nous "chargeback". Nous sommes donc garants. Aussi bien dire que toutes les agences de voyages du Québec n’existent plus ! », confiait à PAX ce week-end une propriétaire d’agence très respectée dans l’industrie. « Le gouvernement doit obliger les transporteurs et voyagistes à rembourser les clients », enchaînait-elle.

Ne partageant pas ce dernier point de vue – estimant qu’il provoquerait la faillite de voyagistes, « ce qui ne serait bon pour personne, et surtout pas pour le consommateur » –, l’équipe de Voyages Aqua Terra / Synergia appelle aussi le gouvernement à s’en mêler.

Au nom de l’agence, Dominic Wilky, coordonnateur aux opérations et chargé de projets, a même pris la plume pour s’adresser directement au premier ministre du Québec.

Nous reproduisons ci-dessous des extraits de cette lettre.

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Lettre au premier ministre du Québec

Bonjour Monsieur le Premier Ministre, 

L’industrie touristique a présentement besoin de votre soutien. De par votre parcours, vous n’êtes pas sans savoir l’importance financière de l’industrie touristique au Québec. 

Notre industrie est présentement en péril, et ce, à tous les niveaux, que ce soit du côté des compagnies aériennes, des Tours Opérateurs, des agences de voyages ainsi qu’au niveau de près de 12 000 conseillers en voyages du Québec. 

Nous avons besoin d’actions politiques pour nous aider à traverser la crise mondiale actuelle.

L’industrie touristique a besoin d’une modification aux lois et règlements de l’OPC du Québec en ce qui a trait au domaine du voyage.

Présentement, nous voyons des clients suite à l’annulation de leurs voyages et insatisfaits des crédits voyage offerts (valides pour 24 mois) se tourner vers leurs cartes de crédit pour demander des rétrofacturations (charge back) pour services non reçus, d’autres se tournent vers l’OPC pour obtenir des remboursements complets de l’agence de voyages et du tour opérateur. On voit également circuler des demandes de recours collectifs de consommateurs qui croient être lésés par les agences de voyages, par les compagnies aériennes et par les tour opérateurs. 

Ces pratiques mettent en périls l’ensemble de l’industrie et nos commerces qui pourraient ne pas survivre suite à Covid-19.

Ci-dessous j’ai joint un article de Pax Nouvelles qui démontre ce qui est fait dans d’autres pays pour soutenir l’industrie. On y parle de légitimation des crédits voyage et de freins des demandes de rétrofacturation aux cartes de crédit.

Espérant des nouvelles de votre part et des actions concrètes pour sauver nos emplois, nos agences de voyages et notre industrie.

Nous avons travaillé nuits et jours pour traiter et annuler les dossiers de nos clients suite aux annonces gouvernementales, nous travaillons sans relâche à rapatrier nos clients avec des vols qui s’annulent les uns après les autres et ce sachant très bien que les commissions, notre salaire, n’entreront pas avant plusieurs mois. 

Nous vous tendons donc la main en vue d’actions qui viendront mettre du baume sur les plaies récentes causées à nos commerces, petites et moyennes entreprises, ainsi qu’à notre industrie.

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« Propriétaires d’agences faites-vous entendre ! »

L’équipe de Voyages Aqua Terra / Synergia a publié sa lettre au premier ministre sur diverses tribunes, notamment sur des groupes Facebook reliés au domaine du voyage. Coiffé du titre « Propriétaires d’agences faites-vous entendre ! », l’appel mentionne les coordonnées du premier ministre afin que d’autres agences relaient le message aux politiciens.

Voyages Aqua Terra / Synergia envisage aussi la possibilité de lancer une pétition pour inciter le gouvernement à intervenir. Parallèlement, l’agence envisage aussi de créer un groupe sur Facebook consacré au partage d’information sur la COVID-19.

Dominic Wilky espère que les membres du réseau de distribution appuieront la démarche de Voyages Aqua Terra / Synergia. Il est néanmoins bien conscient que la légitimation des crédits voyage demandée au gouvernement québécois ne fait pas l’unanimité.

« Entre autres, je sais que plusieurs personnes qui réclament un remboursement craignent ce qu’il adviendrait si le fournisseur qui offre un crédit voyage valide pour 2 ans faisait faillite. Ma réponse : le FICAV est là pour ces cas », dit-il.

Or, la faillite de fournisseurs est précisément ce que Voyages Aqua Terra / Synergia souhaite éviter par sa démarche.

« C’est justement la situation qu’on ne voudrait pas voir arriver... Des faillites de voyagistes amèneraient un déséquilibre dans le marché. Ceci ne serait bon pour personne, et surtout pas pour le consommateur ! », conclut-il.

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