Samedi,  26 septembre 2020  10:24

Crédits voyage : la «solution» de Christian Laganière suscite l’intérêt, sans faire l’unanimité


Crédits voyage : la «solution» de Christian Laganière suscite l’intérêt, sans faire l’unanimité

Hier (25 août), PAX faisait état d’une solution imaginée par Christian Laganière, propriétaire de l’agence Rabaisvoyages.com, pour régler la problématique des crédits voyage.

LIRE PLUS - Crédits voyage : un agent croit avoir trouvé la solution

En gros, M. Laganière suggère que le gouvernement verse une somme équivalente aux crédits voyage dans le FICAV; que le Fonds rembourse les voyageurs; et que les voyagistes remboursent ensuite le gouvernement dans les 36 mois, sans intérêts.

En entrevue avec PAX, Christian Laganière explique que c’est son aversion pour la rétrofacturation – une pratique à laquelle le ministre Jolin-Barrette a semblé favorable – qui l’a incité à réfléchir à la problématique.

Le propriétaire de l’agence Rabaisvoyages.com a transmis sa « solution parfaite, gagnante pour tous » à son regroupement (Voyages en direct), aux associations de l’industrie (ACTA, AAVQ, ATOQ), à des voyagistes... Il l’a aussi envoyée à des représentants du gouvernement du Québec, dont le premier ministre, François Legault, le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, et le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon.

« J’espère que l’idée va faire son chemin », confie-t-il, en se demandant pourquoi personne avant lui n’a envisagé cette option.

Certains applaudissent, d’autres pas

À tout le moins, la solution imaginée par Christian Laganière a déjà suscité plusieurs commentaires.

Certains l’applaudissent :

« Bravo ! Son idée est tellement brillante que je regrette seulement qu’il n’ait pu en faire part au Gouvernement plus tôt », nous a écrit une lectrice.

De même souffle, elle précise toutefois :

« Il ne faudrait pas oublier d’inclure également les compagnies d’assurance qui, selon moi, devraient également remplir leurs obligations en remboursant les clients qui n’ont pas pu partir, spécialement ceux dont le paiement total du voyage avait été fait. »

Par contre, d’autres commentateurs se montrent nettement plus critiques.

« Ben voyons donc ! Pourquoi ne pas prêter directement l’argent nécessaire aux t.-o. plutôt que d’impliquer le FICAV dans tout cela ? Pas nécessaire d’ajouter un intermédiaire inutilement », observe ainsi une lectrice qui n'est pas du tout convaincue que « cette solution est avantageuse pour nous, les conseillers en voyages ».

Pas praticable dans sa forme actuelle

Moscou Côté, président de l’AAVQ, fait également partie des sceptiques.

Il reconnaît qu'a priori, la solution préconisée par Christian Laganière peut paraître intéressante, surtout pour les agences qui agissent principalement comme détaillants (ne revendant que les produits de grossistes locaux). Mais selon lui, elle devient problématique, notamment au niveau de la fidéicommis, dès qu’une agence monte ses propres forfaits et recourt à des fournisseurs étrangers.

Pour illustrer ses réserves, Moscou Côté donne un exemple.

« Si une somme a été transmise par mon agence à des fournisseurs quelque part en Europe, en Croatie disons, et que les clients qui n’ont pas pu voyager à cause de la COVID nous demandent de les rembourser, nous allons plutôt les inviter à s’adresser au FICAV. »

Moscou Côté rappelle que l’article 30.4 de la Loi sur les agents de voyages (LAV) prévoit qu’un client ne peut revenir contre son agent si celui-ci a versé des sommes à un tiers conformément aux indications du client, sans commettre de faute. Toutefois, la loi prévoit que le client peut alors s’adresser au FICAV, précise-t-il.

« Dans un cas comme celui que je viens de décrire, où l’argent est parti en Croatie conformément aux instructions du client, je ne vois pas pourquoi mon agence devrait reconnaître une dette au gouvernement parce que celui-ci a remboursé mes clients via le FICAV, comme le suggère M. Laganière. La loi m’accorde une immunité puisque j’ai agi à titre de fiduciaire. »

Bref, selon Moscou Côté, la solution proposée par M. Laganière, bien qu’intéressante, n’est « pas praticable dans sa forme actuelle ».

Rappelons que l’AAVQ soutient la légitimation des crédits voyage des voyagistes. L’Association préconise que les clients qui n’auraient pu utiliser ceux-ci au terme  leur durée de validité de 24 mois puissent obtenir un remboursement, via le FICAV si nécessaire.

LIRE PLUS - Intentions de Québec quant à l’indemnisation des voyages annulés : l’AAVQ maintient la pression

Indicateur