Mercredi,  30 septembre 2020  15:07

Vidéo sur les crédits voyage : ouverte au compromis, l’AAVQ presse le gouvernement à répondre


Vidéo sur les crédits voyage : ouverte au compromis, l’AAVQ presse le gouvernement à répondre

L’AAVQ vient de diffuser sur sa page Facebook une vidéo dans laquelle son président, Moscou Côté, explique la position de l’Association dans le dossier des crédits pour voyage futur

Alors qu'on attend toujours une réponse de l'OPC dans ce dossier et après avoir exprimé la position de l’AAVQ en faveur de ces crédits (plutôt que du remboursement) sur plusieurs tribunes récemment, Moscou Côté invite les agents de voyages à partager la vidéo de l'AAVQ avec leurs clients.

« Il y en a beaucoup qui ne comprennent pas les réalités financières que l’on vit et ça va peut-être les aider à comprendre », explique Moscou Côté.

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La vidéo de l'AAVQ

Beaucoup plus facile et plaisant de rembourser, mais...

D’entrée de jeu, le président de l’AAVQ souligne qu’il aurait été beaucoup plus facile et plaisant pour les agents de voyages de rembourser les clients, si cela avait été possible…

Mais comme cela n’est pas possible, les agents de voyages et les conseillers en voyages doivent passer beaucoup de temps à répondre aux questions de clients, parfois mécontents.

« Et ils font tout ça bénévolement, parce qu’il n’y a aucun revenu qui rentre actuellement, parce qu’il n’y a pas de réservations. »

La meilleure option pour l’industrie... et pour les clients !

Et pourquoi l’Association approuve-t-elle donc les crédits ? Parce que, selon elle, cette option est la meilleure pour l’industrie, alors que la survie de plusieurs acteurs est menacée.

« Nous voulons nous assurer de la survie des fournisseurs de l’industrie, parce que nous voulons, lorsque le déconfinement et la crise seront finis, que les gens puissent continuer de voyager et que l’infrastructure soit encore en place. Si tous nous fournisseurs font faillite, ça pourrait être plus difficile pour les gens de voyager… »

15 cents dans la piastre ?

De plus, l’option des crédits est plus avantageuse que le remboursement pour les clients, affirme Moscou Côté.

« Parce que la réalité financière actuelle fait que les clients se retrouveraient avec environ 15 cents dans la piastre sur leur réservation », dit-il.

Moscou Côté reprend ses explications selon lesquelles le FICAV ne pourrait suffire à indemniser les clients d’agence si tous ceux-ci exigeaient un remboursement en même temps. Il rappelle que le fonds est limité légalement à 75 M$ par événement, alors que les ventes des agences à ce temps-ci de l’année s’élèvent à environ 250 M$ ou 300 M$ par mois (et on parle d’au moins deux mois).

« Pour quelqu’un qui a payé 1000 $ pour son voyage, recevoir 150 $ en remboursement, c’est pas winner. C’est ce qu’on essaie d’éviter ! »

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Pas notre décision !

Moscou Côté rappelle que l’argent que les agents de voyages ont reçu des consommateurs a été versé aux fournisseurs, comme cela devait être fait.

« Cet argent n’est plus chez nous », insiste-t-il.

Le président de l’AAVQ rappelle aussi que les agents de voyages sont des intermédiaires dans le processus de vente de voyages.

« La décision de ne pas rembourser [les consommateurs] est celle des tour-opérateurs. Pas celle des agents de voyages et encore moins celle des conseillers, bien entendu. Si eux ne veulent pas [rembourser], nous, tout ce qu’on peut faire, c’est de transmettre la politique du tour-opérateur. »

Un crédit remboursable...

De concert avec l’ATOQ, on le sait, l’AAVQ a proposé au gouvernement du Québec de modifier la Loi sur les agents de voyages de façon à ce que les crédits pour voyage futurs soient légitimés en cas de force majeure.

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Pour éviter que quiconque s’enrichisse indument en conservant l’argent de crédits non utilisés, la proposition des deux Associations est que ce crédit soit remboursable via le FICAV s’il n’est pas utilisé à l’intérieur des 24 mois de validité. L’AAVQ estime que de 10 % à 15 % des consommateurs pourraient être dans cette situation et que le FICAV pourrait suffire à les indemniser.

« D’autant plus que nous avons aussi recommandé qu’on recommence les contributions au FICAV », mentionne Moscou Côté.

Reprendre son souffle

Selon Moscou Côté, la solution préconisée par l’AAVQ et l’ATOQ bénéficierait à tous, tant à l’industrie, qu'aux consommateurs et aux agents de voyages.

« Les crédits de deux ans, ça permet à tout le monde de prendre son souffle, de respirer, de permettre aux liquidités de revenir… De toute façon, les gens qui ont acheté un voyage, présentement, ils l’ont toujours ce voyage, virtuellement. Et ils pourront le faire plus tard, dans six mois, dans douze mois. Et ceux qui ne pourront le faire d’ici 24 mois pourront se faire rembourser par le Fonds d’indemnisation des clients d’agents de voyages », avance M. Côté.

Oui ou non ?

Le président de l’AAVQ rappelle que ça fait plus de 45 jours que l’AAVQ et l’ATOQ ont présenté leurs propositions au gouvernement du Québec et qu’ils sont toujours sans réponse.

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« Je comprends qu’en ce moment, ils ont énormément de responsabilités avec tout ce qu’on vit, et que le domaine du voyage n’est peut-être pas leur top priorité. Sauf qu’après 45 jours, il faudrait que les décideurs décident. Qu’ils nous disent oui ou non par rapport aux crédits… »

Et si le gouvernement disait non ?

« On leur demandera d’expliquer aux consommateurs pourquoi ils jugent que ce serait mieux qu’ils obtiennent 15 cents dans la piastre plutôt qu’un remboursement complet. Et pourquoi ce serait mieux que l’industrie soit en déconfiture et que 11 000 jobs soient à risque… »

Mais le cas échéant, les agents de voyages n’auront d’autre choix que de se plier à la décision du gouvernement, convient Moscou Côté, en citant l’adage selon lequel « la loi est dure, mais c’est la loi… ».

Nous sommes ouverts !

Cela dit, l’AAVQ tient aussi à souligner qu’elle demeure ouverte au dialogue avec le gouvernement.

« Ils pourraient peut-être suggérer des modifications à ce que nous leur avons proposé. Par exemple, que le crédit soit transférable comme le permettent certains tour-opérateurs; que les montants soient bonifiés pour encourager les gens à accepter [les crédits]; que les tour-opérateurs paient des intérêts [sur les crédits]… Bref, on est ouverts ! »

Mais la première étape doit être que le gouvernement fournisse une réponse.

« On ne peut attendre à tout jamais. Ce n’est pas bon pour l’industrie, pour les agents de voyages, leurs conseillers, et surtout les consommateurs. »

Moscou Côté termine sa vidéo par une petite note visant à expliquer aux consommateurs la différence entre un agent de voyages et un conseiller en voyages.

« Prenons le temps de rêver aux prochains voyages qu’on va faire », conclut-il.

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