Crédit pour voyage futur : Moscou Côté présente la position de l’AAVQ sur les ondes de Radio-Canada


Crédit pour voyage futur : Moscou Côté présente la position de l’AAVQ sur les ondes de Radio-Canada
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

Hier (16 avril), Moscou Côté, président de l’AAVQ, s’est livré à un exercice de pédagogie à propos des crédits pour voyage futur à la radio de Radio-Canada

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« Pourquoi un crédit plutôt que des remboursements ? », demande l’animatrice du 15-18, Annie Desrochers, à son reporter, René Saint-Louis. « On dit que l’industrie n’aurait pas les reins assez solides pour rembourser tout le monde », répond ce dernier, avant de céder la parole à Moscou Côté.

« Le remboursement est impossible dans 99 % des cas. Je vous explique : les agents de voyages vendent en moyenne, à ce temps-ci de l’année, pour 250 M$ par mois. On parle de deux mois de crise, soit environ un demi-milliard de dollars confiés aux agents de voyages, comme fiduciaires, pour réserver des prestations demandées. »

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Moscou Côté explique que cet argent a été transféré à d'autres fournisseurs : hôteliers, chaînes hôtelières, autocaristes... Et aux transporteurs aériens.

« Eux refusent de rembourser les agents de voyages; ils disent "je vous donne un crédit pour les prochaines réservations ou les prochaines années". Donc, l’argent, le demi-milliard en question, n’est plus dans les comptes en fidéicommis des agents de voyages. C’est impossible de procéder au remboursement. »

« Les compagnies qui avaient reçu l’argent, les compagnies aériennes, les hôtels…, elles ne veulent pas rembourser les clients ? », s’étonne l’animatrice. « En fait, elles ne le peuvent pas », répond le journaliste, avant de céder de nouveau le micro à Moscou Côté.

« Si les gens au gouvernement exigeaient le remboursement immédiat, les tour opérateur, les agents de voyages seraient obligés de déposer leur bilan et de faire faillite. Ensuite, les consommateurs pourraient se tourner vers le FICAV… »

Certes. Mais ça ne serait peut-être pas à leur avantage…

« Le FICAV est limité à 75 M$ par événement par année, en vertu de la Loi. Donc, s’il y a un demi-milliard de réclamations cette année, soit 500 M$ pour 75 M$, les gens recevraient 20 cents de leur piastre. Ils seraient encore plus perdants que s’ils acceptent le crédit. »

« Mais est-ce qu’on peut être sûrs que les compagnies seront en mesure d’honorer ces nombreux crédits voyage ? » intervient l’animatrice. Le journaliste explique alors que les gens ne voyageront pas tous en même temps puisque le crédit voyage devrait être valide pendant deux ans.

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Il précise que l’AAVQ et l’ATOQ ont demandé au gouvernement québécois d’officialiser la pratique des crédits voyage en cas d’événement de force majeure plutôt qu’un remboursement, ce qui implique des modifications à la réglementation en vigueur. Le journaliste a interrogé l’OPC à ce propos. Il lit en onde la réponse que fournit invariablement l’OPC ces jours-ci.

« Des discussions sont en cours avec différents interlocuteurs sur toute la question des crédits voyage. L’Office espère faire le point prochainement. »

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L’animatrice demande ensuite si les gens peuvent se tourner vers leur assurance voyage ou encore leur carte de crédit. Le journaliste indique que plusieurs des compagnies concernées invitent les gens à accepter le crédit voyage s’il leur est proposé. Il enchaîne aussitôt sur le fait que les réponses des intervenants demeurent changeantes et imprécises « un mois après le début de la crise». Pour illustrer son propos, il fait intervenir quelques voyageurs.

L’animatrice et son journaliste concluent en suggérant que les crédits voyage peuvent être une solution convenable pour certains, mais peut-être pas pour tous.

L'entrevue est à retrouver sur le site internet d'ICI Radio-Canada Première.

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