5 excursions animales qu'il ne faut jamais vendre


5 excursions animales qu'il ne faut jamais vendre

Quel rôle jouent les agents de voyages dans la protection des droits des animaux ? Sont-ils responsables d'éduquer leurs clients qui demandent certaines excursions ? Difficile de nier la réalité : les vacanciers aiment les animaux, mais peuvent parfois prendre part à certaines actions étant néfastes pour les écosystèmes fragiles qu'ils visitent ou supporter des entreprises leur étant nuisibles.

Bien au-delà des zoos et des delphinariums qui, de toute évidence, contreviennent au bien-être animalier, il existe certaines autres activités régulièrement vendues au sein de forfaits voyages.

En voici quelques-unes qui ne devraient jamais être suggérés à vos clients.

LIRE PLUS : Cette île des Caraïbes a besoin de volontaires pour jouer avec ses chiens

« Des centaines de milliers d'animaux souffrent d'être traités en attraction touristique partout dans le monde. Ils sont maltraités et délogés de leur habitat dans le seul but de plaire aux touristes souhaitant s'en approcher. C'est contre nature. Et c'est souvent dû à un simple manque de littératie ou d'éducation sur le sujet, parce que la très grande majorité des voyageurs ne souhaite pas réellement nuire à ces animaux. Avec l'aide des agents de voyages, nous pouvons changer leur comportement, petit à petit et rendre à la nature son droit acquis », confiait à PAX Melissa Matlow, directrice principale de campagne pour la World Animal Protection.

Quelques ressources à proposer à vos clients :

1. Tours à dos d'éléphant


Se promener à dos d'éléphant devient, heureusement, de moins en moins populaire particulièrement chez les plus jeunes. Mais plusieurs voyagistes opérant en Inde et ailleurs en Asie continuent de vendre cette activité au sein de leurs forfaits. Sans égard à la distance ni aux conditions environnantes, une balade à dos d'éléphant dans le respect de l'animal n'existe tout simplement pas.

Leur anatomie n'étant tout simplement faite pour supporter du poids sur leur colonne vertébrale, sans compter leur esprit hautement intelligent qui est formé pour vivre en troupeau, les vénérables animaux que sont les éléphants ne devraient jamais avoir à être enchaînés et exploités pour des fins mercantiles.

Pour qu’un éléphant accepte de prendre des touristes sur son dos, il faut l’arracher à sa mère en bas âge et lui faire subir un dressage traumatisant pour le déprogrammer. En général, il est maintenu dans une petite cage, battu et maltraité jusqu’à ce que sa nature sauvage soit « cassée » et qu’il accepte de prendre des touristes sur son dos ou d’interagir directement avec les touristes.

Plus de 200 voyagistes se sont publiquement engagés à ne pas faire la promotion ni vendre cette excursion depuis 2015.

2. S'approcher des félins


Les chats sauvages, peu importe leur taille, sont des prédateurs naturels et il n'y a absolument rien de sensé à pouvoir s'en approcher d'aussi près. Certains voyagistes font désormais la promotion de la « marche avec les lions » dans un effort de dynamiser l'offre des safaris en Afrique subsaharienne.

Si les guides experts sont armés pour protéger les voyageurs, deux graves problèmes découlent pourtant de cette activité : d'une part, l'animal sera abattu au moindre signe d'agression (alors que la faune mondiale est déjà en déclin astronomique). D'autre part, et peu de touristes en sont conscients, c'est que ces spécimens sont soumis à un entrainement cruel et intense afin de les domestiquer le plus possible pour qu'ils répondent positivement aux interactions humaines. Ce sont généralement des lions, guépards, tigres et autres félins qui sont volontairement accouplés, extirpés de leur habitat naturel dès leur naissance et entraînés à poser à leur plus jeune âge avant d'être vendus aux zoos une fois à l'âge adulte.

Pis encore, certains spécimens ayant été en contact avec les humains deviennent trop socialement conditionnés pour être relâchés en nature sont transférés à des établissements dédiés à la chasse, c'est-à-dire un enclos de plusieurs kilomètres qui permet aux braconniers de chasser le lion captif, qui n'a aucune issue.

En Thaïlande, on a trouvé 10 sites abritant environ 614 tigres. Si la cruauté envers les tigres est répandue en Thaïlande, elle est courante ailleurs en Asie, en Australie, au Mexique et en Argentine.

Les excursions qui proposent de faire un câlin aux tigres en Thaïlande, de faire un high five aux lions dans la savane ou n'importe quelle autre interaction, c'est non!

3. Visiter un delphinarium


Nager avec les dauphins ou payer un frais d'entrée pour visiter un delphinarium sont des activités très peu éthiques en matière des droits animaliers.

Ce que les touristes ne réalisent pas nécessairement, c'est que les dauphins sont forcés d'interagir avec les humains toute la journée afin d'être nourris. Ils sont privés de la liberté de mouvement, privés des grands espaces que sont leur habitat naturel, privés de nager profondément ou à grande vitesse.

En réalité, les spécimens captifs en delphinariums souffrent même de brûlures à force d'être trop exposés au soleil en raison de leur bassin trop peu profond ; sans parler du chlore, nécessaire aux touristes, qui irritent pourtant les yeux des dauphins. Ils sont souvent chassés par des bateaux à haute vitesse, puis hissés à bord ou piégés dans des filets. Le stress est souvent si intense qu’ils meurent en route vers leur destination finale.

Il existe plusieurs alternatives éco-responsables n'affectant pas négativement la qualité de vie des animaux, notamment l'observation des spécimens marins depuis un petit bateau ou en plongée.

LIRE PLUS : Comportement anormal du dauphin en captivité

4. Selfies avec les animaux


Les amoureux des animaux ont souvent le réflexe, en 2018, de se photographier avec eux. Or, ces photos, si elles paraissent innocentes à premier abord, font indirectement la promotion du tourisme animalier.

Dans les Caraïbes, par exemple, il est fréquent de voir des touristes poser avec une étoile de mer à la main ; or, saviez-vous que ces créatures meurent quelques minutes après avoir été retirées de l'eau ? Le temps de prendre la photo, et hop, l'étoile de mer n'est plus. Généralement à l'insu du touriste en question.

Mentionnons également tous les perroquets et autres magnifiques oiseaux enchaînés, aux ailes coupées, pour la traditionnelle photo d'accueil des vacanciers.

Même principe pour les coatis et les singes présents sur plusieurs des complexes hôteliers : ces animaux n'ont pas été secourus, ils sont utilisés à des fins commerciales par beaucoup de ces établissements dans le seul but de plaire aux touristes.

5. Fermes de crocodiles


Si cela semble amusant à première vue, les fermes de crocodiles du sud des États-Unis, par exemple, sont généralement très mal comprises par le grand public. S'il existe bel et bien de réels sanctuaires de réhabilitation et d'élevage afin de redresser la quantité de crocodiles, la majorité opèrent toutefois dans le but de vendre ces animaux à des usines qui les transformeront en sacs à main et en chaussures.

Il existe quelques trucs pour distinguer les fraudeurs des centres de soins légitimes : un vrai sanctuaire laisser ales animaux dans leur environnement naturel et de les accouplera pas s'ils sont relâchés en nature. De plus, un vrai sanctuaire ne laissera jamais un touriste s'approcher trop près des crocodiles, encore moins y toucher, pour prendre des photos.

LIRE PLUS : Le tourisme animalier peu populaire, révèle la UNWTO

Indicateur