YQB en plein essor... malgré le prédédouanement qui se fait attendre !


YQB en plein essor... malgré le prédédouanement qui se fait attendre !
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

Ce ne serait pas mentir que dire que l’Aéroport international Jean-Lesage de Québec (YQB) est sur une lancée. Vu l’ampleur de ses progrès, ce serait même plus juste de parler d’une envolée !

Ainsi, de 2001 à 2018, l’achalandage a presque triplé à YQB, passant de 643 000 à 1 774 871 passagers. Et la tendance haussière se poursuit puisque l’achalandage de l’an dernier représentait une hausse de 6,2 % par rapport à l’année précédente.

Tant et si bien que l’aéroport qui vient de doubler sa superficie prévoit de franchir le cap des 2 000 000 en 2020 !

Nouvelles dessertes

Au chapitre des destinations accessibles directement depuis YQB, une annonce n’attend pas l’autre, semble-t-il.

Encore hier, YQB se félicitait de la décision d’Air Transat de bonifier son offre internationale au départ et à destination de Québec pour l’hiver 2019-2020. Plus précisément, TS offrira son service saisonnier sur Paris dès le 19 décembre plutôt qu’à partir de la mi-février (Paris, soulignons-le, est actuellement la seule destination européenne offerte directement depuis Québec).

TS offrira aussi un vol de plus par semaine vers Fort Lauderdale et un deuxième vol hebdomadaire vers Holguin. De son côté, après avoir ajouté Puerto Vallarta et Miami à la liste de ses destinations proposées l’hiver depuis YQB, Sunwing a aussi décidé d’y bonifier son offre estivale en ajoutant des vols vers Punta Cana et Puerto Plata.

Hier également, American Airlines a confirmé sa desserte vers Chicago depuis YQB, après avoir accru son service vers Philadelphie l’an dernier. Le nouveau vol de AA vers Chicago s’ajoute à celui qui était déjà proposé par United – compagnie qui a pour sa part amélioré sa desserte de Newark où elle offrira désormais trois vols quotidiens au départ de Québec.

On signale aussi que WestJet ramène son vol entre Québec et Calgary pour un deuxième été, après avoir augmenté son offre de vols vers Toronto en 2018. Enfin, rappelons (pour le meilleur et pour le pire) que YQB a conclu une entente de principe avec le transporteur ultra bas coûts Canada Jetlines, qui compte bien servir l’aéroport de Québec éventuellement.

Annoncé par Obama et Trudeau, mais…

Néanmoins, l’un des projets les plus chers à YQB – la mise en place d’un centre de prédédouanement américain – continue de se faire attendre !

Considéré comme la prochaine étape du développement de l’aéroport, ce projet a pourtant été annoncé dès 2016 par nul autre que Barack Obama et Justin Trudeau. Il est soutenu par de nombreuses compagnies aériennes est attendu impatiemment par les gens d’affaires et les voyageurs de la région de Québec et de l’est de la province.

Le gouvernement du Québec le voit aussi d’un bon œil. À preuve, voici ce qu’en disait la vice-première ministre, Geneviève Guilbault, en février dernier, dans le cadre du prestigieux forum de développement aérien Routes Americas 2019, dont elle était la présidente d’honneur (et dont YQB était l’hôte).

« La construction d’un tel centre aura inévitablement des retombées positives sur le développement touristique et économique de la région. Ce sera un réel avantage pour la croissance de nos entreprises, pour les exportations et pour les passagers qui prendront un vol direct vers les États-Unis. »

On ne doute pas que YQB aura éventuellement son centre de prédédouanement américain. Un montant de 236,4 M$ a même été alloué à l’ACSTA dans le troisième budget fédéral (en février 2018) pour sa mise en place (ainsi qu’à Billy Bishop). Néanmoins, YQB n’a pas encore posé la première pierre.

« Plusieurs étapes importantes ont été franchies, ne serait-ce que l’adoption du projet au sénat. Il reste toutefois au gouvernement du Canada à préciser la réglementation qui va encadrer le prédédouanement. YQB ne peut entreprendre la construction avant de connaître les détails du cadre réglementaire. De notre point de vue, le plus tôt sera le mieux pour aller de l’avant. Mais ce n’est pas entre nos mains », explique Laurianne Lapierre, porte-parole de YQB.

Dans la cour des grands

Chose sûre, ce n’est pas parce que YQB a peur des chantiers qu’elle n’a pas commencé l’aménagement de son centre de prédédouanement.

En effet, l’administration aéroportuaire de YQB ne lésine pas sur les moyens pour jouer dans la cour des grands. Depuis 2005, elle a investi un peu plus d'un demi-milliard dans ses infrastructures pour faire face à la croissance – toujours en plaçant « le passager avant tout », comme le dit son slogan. Le plus grand projet d’agrandissement de l’histoire de YQB a permis de doubler la superficie de l’aérogare.

« Les plus gros éléments du chantier, qui comportait plusieurs phases, ont été livrés en décembre 2017. La nouvelle aérogare est ouverte. Actuellement, YQB peaufine la connexion entre l’aérogare originale et la nouvelle aérogare. Des concessions alimentaires sont en construction. Tout devrait être terminé avant la fin de l’année », indique Laurianne Lapierre.

YQB précise que quand les travaux seront complétés, les nouvelles infrastructures offriront plus de carrousels à bagages dédiés aux vols internationaux, des douanes plus pratiques et mieux aménagées, des aires de restauration agrandies avec une offre diversifiée, quatre nouvelles passerelles d’embarquement, un linéaire et une zone de débarcadère optimisés et une salle à bagages de plus grande capacité.

Mentionnons aussi l’ouverture d’un nouveau stationnement étagé, l’aménagement de postes de stationnement d’aéronefs pour les nouvelles barrières d’embarquement, la mise aux normes de postes d’embarquement existants, l’élargissement de la voie de circulation Delta et construction de la voie Bravo, le remplacement des installations électriques permettant de sécuriser le balisage de pistes et les différents équipements d’approche et la réfection de la piste d’atterrissage principale.

L’expérience passager aura aussi été grandement améliorée par l’intégration de nouvelles technologies, y compris des bornes d’enregistrement libre-service, un dépôt de bagages automatisé libre-service, des bornes de dédouanement automatisé libre-service, un nouveau système de bornes et équipements électroniques pour les compagnies aériennes, des stations de recharge pour les téléphones intelligents, tablettes, etc., et des systèmes de communications et d’affichage dynamique (application mobile, affichage numérique, etc.).

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