WestJet demande à Ottawa de rejeter l’entente entre Air Canada et Transat


WestJet demande à Ottawa de rejeter l’entente entre Air Canada et Transat
Michael Pihach

Michael Pihach est un acteur actif de l'industrie des médias au Canada depuis plus de 10 ans. Il a débuté sa carrière en tant que journaliste et éditeur pour diverses publications, telles que le Toronto Xtra! et les magazines IN, ainsi que le magazine 2B à Montréal.

Le Globe and Mail rapporte que, le 3 janvier, WestJet a transmis un mémoire à celui qui était alors ministre des Transports du Canada, Marc Garneau, pour lui demander de rejeter le plan d’arrangement convenu entre Air Canada et Transat ou, à tout le moins, d’y appliquer les conditions.                        

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Dans ce document, WestJet indiquerait que la pandémie de COVID-19 ne doit pas servir d’excuse pour permettre à la plus grande compagnie aérienne du Canada d’acheter sa troisième plus grosse compagnie.

« Un élément fondamental de la politique nationale des transports du Canada est d’avoir au moins deux compagnies aériennes nationales fortes... La capacité de WestJet de contribuer à l’économie de l’Alberta et, de façon plus générale, à l’économie canadienne est mise en péril par la transaction proposée », déclarerait WestJet.

Des conditions…

Toujours selon le Globe and Mail, la compagnie aérienne de Calgary invite Ottawa à empêcher Air Canada d’offrir son programme de fidélisation Aéroplan aux passagers de Transat, en disant que cela la priverait de clients autrement atteignables et que ça conduirait à une situation de quasi-monopole sur les routes internationales du Canada vers l’Europe.

WestJet demande également au gouvernement fédéral d’exiger que les deux compagnies aériennes renoncent à des créneaux aéroportuaires pour aider à compenser leur domination sur le marché.

(WestJet voudrait notamment qu’Air Canada et Transat soient interdites d’utiliser l’aérogare 3 de l’aéroport Pearson de Toronto pour faire de la place aux autres compagnies aériennes.)

Échéance du 9 février

WestJet aurait fait part de ses préoccupations aux organismes de surveillance de la concurrence de l’Union européenne. Cette dernière n’a toujours pas accordé son feu vert au plan d’arrangement entre Transat et Air Canada.

La Commission européenne (CE), qui supervise la politique de concurrence dans les 27 États membres de l’Union européenne, étudie l’accord pour déterminer s’il nuira à la concurrence, fera augmenter les prix et réduira les choix pour les consommateurs.

La CE devrait annoncer sa décision d’ici le 9 février 2021. Si rien ne se passe, l’entente sera dissoute le 15 février (à moins qu’Air Canada et Transat n’acceptent une prolongation).

Gestion MTRHP

Plus tôt ce mois-ci, l’homme d’affaires Pierre Karl Péladeau a aussi demandé au gouvernement canadien de bloquer la vente d’Air Transat, faisant valoir une offre de sa société d’investissement, Gestion MTRHP.

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Le 12 janvier, Transat émettait toutefois une clarification indiquant que la proposition non sollicitée de M. Péladeau n’était pas dans les intérêts de Transat.

« Nous croyons toujours que la proposition d'Air Canada demeure la meilleure option pour l'avenir de Transat, particulièrement dans le contexte de la pandémie et de ses effets dévastateurs sur les compagnies aériennes », déclare Jean-Yves Leblanc, président du comité spécial du conseil d'administration de Transat.

Rappelons qu’en décembre, les actionnaires d’Air Transat ont voté à 91 % en faveur du plan d'arrangement révisé avec Air Canada. L’entente a également reçu l’approbation finale de la Cour supérieure du Québec le 18 décembre.


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