Visant la fluidité des voyages, Sunwing souhaite que le test COVID se fasse à l’hôtel


Visant la fluidité des voyages, Sunwing souhaite que le test COVID se fasse à l’hôtel
Andrew Dawson, chef de l’exploitation du Groupe de voyage Sunwing
Michael Pihach

Michael Pihach est un acteur actif de l'industrie des médias au Canada depuis plus de 10 ans. Il a débuté sa carrière en tant que journaliste et éditeur pour diverses publications, telles que le Toronto Xtra! et les magazines IN, ainsi que le magazine 2B à Montréal.

Afin de garder l’expérience de voyage le plus fluide possible, Sunwing souhaite que le test de COVID-19 exigé avant le retour au Canada puisse être effectué dans les centres de villégiature.

En entrevue téléphonique avec PAX lundi (4 janvier), Andrew Dawson, chef de l’exploitation du Groupe de voyage Sunwing, a confirmé que les équipes de l’entreprise à destination travaillent avec les cliniques locales pour voir s’il est possible que celles-ci se rendent aux hôtels, « plutôt que l’inverse » (que les clients aient à se rendre aux cliniques).

Rappelons que la nouvelle exigence de voyage du Canada, qui entrera en vigueur le 7 janvier, stipule que tous les passagers aériens âgés de cinq ans ou plus présentent un résultat négatif de test PCR dans les 72 heures précédant l’embarquement pour le Canada.

La politique ayant été annoncée la veille du Nouvel An (31 décembre), les compagnies aériennes et voyagistes n’ont eu droit qu’à un préavis d’une semaine pour s’y préparer – et pour aider les agents de voyages à préparer leur clientèle.

Depuis le week-end, les voyagistes fournissent à leurs partenaires des listes de cliniques offrant des tests PCR dans des destinations au Mexique et dans les Caraïbes.

Si nécessaire, les représentants Nexus de Sunwing à destination peuvent organiser le transport des clients vers une installation de test, a indiqué Andrew Dawson à PAX.

Toutefois, selon des témoignages, il semble que certains hôtels appartenant au Groupe de voyage Sunwing proposent déjà des tests sur place pour les voyageurs canadiens.

Un conseiller en voyages de l’Ontario a ainsi rapporté à PAX que le Hideaway at Royalton Riviera, à Cancún, proposait des tests PCR sur place. On nous a aussi transmis une capture d’écran d’un message émanant présumément du Royalton Bavaro Resort & Spa en République dominicaine, suggérant que des tests sont organisés sur la propriété pour les clients de Sunwing.



Alors qu’il revient aux voyageurs d’assumer les frais liés aux tests, Andrew Dawson indique que le partenaire d’assurance de Sunwing, Manuvie, n’inclura pas le coût des tests liés à la COVID-19 dans sa couverture (qui englobe toutefois d’autres dépenses liées à la COVID-19).

Le coût d’un test PCR à destination peut varier de 30 $ à 300 $US, voire plus. Et cela ne tient pas compte du coût du taxi pour se rendre à l’installation de test (si celle-ci n’est pas à l’hôtel).

« Pris par surprise »

À l’instar de la plupart des membres de l’industrie, Sunwing a été « prise au dépourvu » par l’annonce d’Ottawa. L’entreprise a dû modifier ses opérations rapidement pour s’y ajuster et elle continue de le faire, indique M. Dawson.

« Nous avons été pris par surprise, et ce, d’autant plus que nous demandions depuis des mois au gouvernement de procéder à des tests rapides et de modifier le cadre des tests, mais sans obtenir de réponse. »

L’annonce du gouvernement fédéral constitue un revirement inattendu dans la saison hivernale de Sunwing, alors qu’une hausse encourageante de la demande avait été constatée pendant les Fêtes.

Rappelons que Sunwing a repris le service vers un petit groupe de destinations au Mexique et dans les Caraïbes le 6 novembre, exploitant un horaire réduit à partir de Toronto, Montréal et de l’Ouest canadien.

Rendre le test « aussi facile que possible »

On ignore encore dans quelle mesure les installations à destination pourront répondre à une augmentation soudaine de la demande de tests PCR (qui impliquent un écouvillonnage du nez ou de la gorge).

À ce propos, Andrew Dawson se montre confiant que les destinations pourront relever le défi – même si « la démonstration doit encore être faite », convient-il.

Selon le chef de l’exploitation de Sunwing, il n’est pas prévu d’intégrer le coût des tests liés à la COVID-19 dans le prix des forfaits vacances, étant donné la différence de leur prix d’un endroit à l’autre.

« Nous devrons garder [cette étape] à part, mais nous essayons de la rendre aussi facile que possible en essayant d’amener [des installations pour les tests] dans les centres de villégiature. »



Des exigences inhabituellement strictes

En vertu des nouvelles règles, la preuve d’un test PCR négatif – électronique ou imprimée – doit être présentée aux compagnies aériennes avant l’embarquement, au comptoir d’enregistrement de Sunwing à l’aéroport (avant que les voyageurs ne se rendent à la sécurité). Cela pourrait donner lieu mener à des files d’attente dans l’aérogare, indique Andrew Dawson.

Les voyageurs à destination du Canada ne pouvant présenter leur preuve de test PCR négatif (là où les tests sont possibles) se verront refuser l’embarquement, a confirmé le ministre des Transports, Marc Garneau.

Si des voyageurs peuvent prouver que les tests PCR n’étaient pas disponibles dans leur destination, ils pourront être autorisés à monter à bord… Mais ils seront alors tenus de se présenter à un site de quarantaine désigné de l’ASPC pour la durée de leur quarantaine.

Il s’agit de politiques beaucoup plus rigoureuses que celles auxquelles les voyageurs canadiens sont habitués. Plusieurs observateurs qualifient d’ailleurs ces nouvelles exigences d’irréalistes…

« Je ne suis pas à l’aise avec quoi que ce soit qui gâte l’expérience de voyage, observe pour sa part Andrew Dawson. Néanmoins, nous devons nous conformer à la loi. »

Selon lui, Transports Canada « fait de son mieux pour travailler avec les compagnies aériennes afin que les choses se déroulent le mieux possible ».

Les motivations du gouvernement

Reste que, comme beaucoup de gens, Andrew Dawson s’interroge sur les motivations du gouvernement, avec cette nouvelle mesure.

« J’espère que [le gouvernement] cherche la meilleure façon de protéger la santé des Canadiens, et pas juste à [créer] des moyens de dissuasion, dit-il. Nous pouvons appuyer le changement, à condition qu’il soit fondé sur la science et qu’il soit logique. »

Cela dit, contrairement à plusieurs qui redoutent déjà le pire, Andrew Dawson estime qu’il est encore trop tôt pour prédire l’impact de la nouvelle exigence sur les affaires.

« Nous devrons attendre de voir si le processus pour obtenir ces tests sera fluide. »

D’autre part, Andrew Dawson ose espérer que la nouvelle politique puisse représenter un premier pas vers une refonte des protocoles de voyage.

« Nous devons nous rendre à la situation où les gens pourront voyager en toute sécurité. D’ici là, il va y avoir des rebondissements, mais s’ils nous aident à y arriver plus rapidement, qu’il en soit ainsi », conclut-il.


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