Une reprise « verte » grâce aux SAF après la COVID ?


Une reprise « verte » grâce aux SAF après la COVID ?

Selon l’IATA, le monde doit se reconstruire en mieux après la crise de la COVID-19. En l’occurrence, pour l’aviation, « mieux » implique une réduction de ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Et cet avenir faible en carbone passe par l’adoption de carburants d’aviation durables.

On les appelle les SAF

Comparés au carburéacteur conventionnel, ces carburants durables – qu’on appelle SAF (pour Sustainable Aviation Fuel) dans le jargon de l’aviation – peuvent réduire le cycle de vie des émissions de CO2 de 80 %.

Sachant que l’industrie aérienne a pour objectif de réduire de moitié les émissions de l’aviation d’ici 2050 par rapport au niveau de 2005, on comprend bien que les compagnies aériennes souhaitent utiliser les SAF. D’ailleurs, plus de 250 000 vols ont déjà été effectués avec des mélanges de SAF.

À ce propos, Transat et le Consortium SAF annonçaient tout récemment (le 8 juillet) la signature du premier accord de commercialisation de SAF au Canada. Aujourd’hui même (17 juillet), le transporteur annonce ses deux premiers vols de livraison effectués avec un mélange de SAF (voir ci-dessous) !

LIRE PLUS : Air Transat signe le premier accord de commercialisation de carburant au Canada

Trop coûteux par rapport aux carburants fossiles

Le hic, c’est que les SAF demeurent actuellement plus coûteux que les carburants fossiles.

L’IATA explique que la production actuelle de SAF est de 50 millions de litres par année. Or, pour atteindre un point de bascule où les coûts des SAF concurrenceraient les coûts du carburéacteur, la production devrait atteindre 7 milliards de litres, soit 2 % de la consommation de 2019.

L’IATA fait valoir que ce point de bascule de 2 % pourrait être atteint en 2025… Toutefois, il faudrait que les gouvernements mettent du leur, en offrant un cadre fiscal et réglementaire sûr soutenant la production des SAF et via l’allocation directe de fonds de stimulation de la production des SAF.

« Cela favoriserait des vols plus verts, créerait des emplois et alimenterait la reprise économique », affirme Alexandre de Juniac, directeur général et chef de la direction de l’IATA.

Et de conclure :

« Les SAF sont notre plus importante possibilité de réduction des émissions. Le moment est bien trouvé de les faire avancer, afin qu’ensemble, nous réalisions d’importantes réductions de carbone et que nous progressions vers des vols sans carburant fossile. »


Livraison de deux nouveaux Airbus A321neoLR à Air Transat

Air Transat reçoit aujourd’hui (17 juillet) et demain deux nouveaux Airbus A321neoLR. Les vols de livraison sont propulsés par un mélange kérosène contenant 10 % de SAF, ce qui constitue une première pour la compagnie canadienne. Qui plus est, ces vols sont carboneutres puisque la partie de kérosène fossile a été compensée par l’achat de crédits carbone.

Ces deux vols constituent également une première pour l’usine d’Airbus à Hambourg qui produit ces appareils. En effet, jusqu’à aujourd’hui, la livraison avec du SAF était proposée uniquement aux clients d’Airbus à ses usines de Toulouse (France) et de Mobile (Alabama).

Le premier appareil a décollé à 14 h 04 (heure locale) de l’Aéroport de Hambourg-Finkenwerder (XFW) et atterrira autour de 16 h (heure locale) à Montréal-Trudeau (YUL). Le second prendra son envol demain, le samedi 18 juillet.

Les deux appareils, qui sont les 5e et 6e Airbus A321neoLR qu’Air Transat intègre à sa flotte, font partie d’un accord avec AerCap pour la location à long terme de 17 A321neo (16 en version LR). De nouvelle génération, ces aéronefs consomment 15 % moins de carburant que la génération précédente d’appareils Airbus.

« Cette initiative s’inscrit dans notre volonté de réduire notre propre empreinte carbone tout en participant à l’atteinte des ambitieux objectifs de décarbonisation de l’industrie aérienne », a déclaré Jean-François Lemay, président-directeur général d’Air Transat.

Le PDG se dit fier de ce que TS soit le premier transporteur canadien à effectuer des vols neutres en carbone.

« Nous allons continuer à poursuivre notre engagement à offrir à nos passagers une expérience de voyage qui tient compte de notre empreinte environnementale », conclut-il.







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