Un biocarburant québécois pour réduire la pollution des avions


Un biocarburant québécois pour réduire la pollution des avions
NASA/SSAI Edward Winstead

Petite révolution dans le monde du transport aérien : un carburant écologique fait de graines de moutarde et entièrement inventé au Québec pourrait être combiné au pétrole pour diminuer de 80% les gaz à effet de serre émis par les avions. Pour le moment, l'industrie aérienne limite la part de biocarburant qu'un avion commercial peut contenir.

Un premier vol commercial propulsé par ce nouveau biocarburant traversera l'océan Pacifique dimanche entre Los Angeles et Melbourne, avec plus de 200 personnes à bord. Ce sera le vol le moins polluant de l'histoire sur une telle distance.

En 2012, une première mondiale avait déjà été réalisée au Canada. Un petit avion avait volé entre Montréal et Ottawa rempli à 100 % de biocarburant à base de carinata. Le gouvernement fédéral avait collecté des données et conclu que l'avion avait émis moitié moins d'aérosols et de carbone noir, en plus de réduire les particules émises de 25 %.

C'est l'entreprise Agrisoma, de Gatineau qui serait derrière cette avancée. Il faut savoir que les graines de moutarde carinata ne sont pas comestibles et ne gênent donc pas la culture destinée à l'alimentation.

« Il ne faut pas qu'on produise de l'énergie en utilisant des terres qui sont dédiées à nourrir les gens », prévient Andrée-Lise Méthot, la fondatrice et associée directeure de Cycle Capital Management, une firme d'investissements dans les technologies vertes qui s'implique dans le projet.

Enfin, soulignons que les résidus de la graine constituent une source de protéines alimentaire pour le bétail et permettent d'éviter le gaspillage; de plus, le cofondateur d'Équiterre, Steven Guilbeault, juge « intéressante » l'utilisation de cette semence, qui n'est pas un OGM (organisme génétiquement modifié) : « On utilise des bandes riveraines ou des terres marginales, pas assez bonnes pour l'agriculture intensive. En plus, ça peut offrir un revenu supplémentaire aux agriculteurs ».

À suivre!

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