TUI vend Corsair : « Aucune inquiétude pour la desserte de Montréal »


TUI vend Corsair : « Aucune inquiétude pour la desserte de Montréal »
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

TUI a annoncé la vente de Corsair à un groupe d'investissement allemand, Intro Aviation. Ce n’est pas une grande surprise : on savait depuis longtemps que le plus grand groupe de tourisme du monde souhaitait vendre la compagnie régulière pour se concentrer sur le tourisme, son activité principale. Mais qu’est-ce que cette transaction implique pour le marché canadien et pour la desserte ORY-YUL ?

Pas grand-chose, apparemment ! 

« Aucune inquiétude pour la desserte de Montréal », nous indique Sandrine Guillemin, responsable communication Interne et Externe de Corsair International.

Selon le site de Corsair, le service saisonnier doit reprendre à compter du 20 avril et se poursuivre jusqu’au 13 octobre. La fréquence doit être de quatre vols par semaine au départ pour devenir progressivement quotidienne en haute saison.

Soulignons que cette période prévue de desserte entre Montréal et Paris-Orly, qui couvre presque six mois, est deux fois plus longue que celle qui avait été proposée en 2018 (du 15 juin au 30 septembre). La capacité affectée par Corsair à la desserte est également deux fois plus élevée.

De passage à Montréal en novembre dernier, des représentants de Corsair expliquaient ce choix d’accroître l’offre par le bilan très positif de la saison 2018. Celle-ci s’était conclue, disaient-ils, par un taux de remplissage de 95 % avec plus de 48 000 passagers, dont environ 40 % du Canada.

« Cela ne nous concerne pas »

La vente annoncée de Corsair par TUI pourrait-elle avoir des implications pour Sunwing, partenaire canadien de TUI Group ? (TUI, rappelons-le, TUI détient une participation de 49 % dans Vacances Sunwing.)

« Nous sommes au courant de la transaction à venir. Cela ne nous concerne pas en tant que compagnie canadienne et Vacances Sunwing n’a aucune programmation vers Paris avec Corsair pour la saison estivale 2019 », indique Sam Char, vice-président exécutif de Sunwing au Québec.

Si Corsair a longtemps eu un lien privilégié, voir exclusif avec Sunwing, le voyagiste n’a pas misé en 2018sur la desserte estivale de Paris par Corsair – desserte qui fait l’objet d’une intense concurrence comme l’on sait.

« J’avais envie de faire autre chose »

Soulignons par ailleurs que Thierry Briand n’agit plus, désormais, comme agent général des ventes de Corsair Canada, fonction qu’il a assumée pendant plus de dix ans.

« Mon contrat avec Corsair est terminé », nous a-t-il indiqué.

Cela n’aurait toutefois rien à voir avec la vente annoncée de Corsair par TUI. « J’avais envie de faire autre chose », explique-t-il.

TUI poursuit sa transformation

Dans le communiqué annonçant la vente de Corsair, TUI affirme que celle-ci s’inscrit dans la poursuite de ses efforts pour devenir une entreprise de tourisme de loisir. Cette stratégie a déjà entraîné la vente de nombreuses « filiales non stratégiques ».

« Nous investissons dans les hôtels et les navires de croisière et, de plus en plus, dans les expériences de vacances dans les destinations. Ce sont des secteurs dans lesquels nous sommes en croissance et dans lesquels nous continuons à développer nos activités mondiales », a déclaré Fritz Joussen, PDG de TUI.

TUI précise que le transporteur régulier long-courrier français est incapable de produire des effets de synergie pour le groupe TUI.

« Nous quittons des secteurs d’activité non stratégiques qui n’exploitent aucune synergie pour le Groupe. La vente est le bon choix pour TUI et profitera également à Corsair et à son personnel », affirme Fritz Joussen.

La vente réduira la flotte de TUI de sept avions long-courriers : trois 747-400 ainsi que deux A330-200 et deux A330-300 chacun. En vertu de l’accord conclu avec Intro, cette dernière va acquérir une participation de 53 % dans Corsair dans un premier temps, tandis que TUI conservera initialement une participation minoritaire de 27 %. Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé.

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