Sorties en bout de piste, incursions sur piste, fatigue des équipages... Le BST s’impatiente !


Sorties en bout de piste, incursions sur piste, fatigue des équipages... Le BST s’impatiente !

Année après année, le Bureau de la sécurité des transports (BST) publie une Liste de surveillance pour attirer l’attention du gouvernement et de l’industrie sur des enjeux de sécurité – notamment dans le domaine du transport aérien. Chaque année, plusieurs des mêmes problèmes reviennent. Et c’est encore le cas en 2020 !

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Sorties en bout de piste

Au chapitre du transport aérien, donc, le BST se préoccupe encore cette année des sorties en bout de piste.

Chaque année au Canada, il arrive que des aéronefs dépassent l’extrémité de la piste au moment de l’atterrissage ou d’un décollage interrompu. Ces situations peuvent causer des dommages aux aéronefs, des blessures et même des pertes de vie, souligne le BST.

« Malgré les mesures prises à ce jour, le nombre de sorties en bout de piste au Canada est demeuré constant depuis 2005 et exige toujours un effort concerté pour être réduit. »

Le Bureau invite notamment tous les grands aéroports qui ne l’ont pas encore fait à installer des dispositifs d’arrêt appropriés qui sont conçus pour immobiliser les aéronefs – « sinon les risques seront toujours présents ».



Incursions sur piste

Le Bureau juge également les incursions sur piste préoccupantes.

« Le taux d’incursions sur piste, qui surviennent lorsqu’un aéronef ou un véhicule occupe par erreur une piste en service, a augmenté de 86 % en dix ans. »

Plus précisément, le taux d’incursions sur piste au Canada est passé d’une moyenne de 5,3 incursions par 100 000 arrivées et départs en 2010 à une moyenne de 9,9 en 2019. Il s’agit d’une augmentation de 86 % sur dix ans, soit une augmentation annualisée de 6,3 % par an.

NAV CANADA a enregistré 623 incursions sur piste au Canada en 2019; il s’agit d’une hausse par rapport aux 334 incursions enregistrées en 2010.

« Même si aucun accident n’est survenu récemment au Canada en raison d’une incursion sur piste, les conséquences d’une telle collision pourraient être catastrophiques. »


Fatigue des équipages

Autre sujet de préoccupation récurrent pour le BST : la fatigue des équipages.

« Dans l’industrie du transport, les équipages doivent souvent composer avec de longues heures de travail et des horaires irréguliers, parfois sur plusieurs fuseaux horaires ou dans des conditions difficiles, qui ne sont pas toujours propices à un sommeil réparateur. La fatigue pose un risque pour la sécurité dans le transport aérien... »

Depuis le début des années 1990, le BST a déterminé que la fatigue due au manque de sommeil avait été un facteur contributif ou un risque dans au moins 34 événements dans le secteur aérien.

Jusqu’à maintenant, les mesures proposées ou prises par Transports Canada et par les différents secteurs pour atténuer les risques liés à la fatigue n’ont pas encore été pleinement mises en œuvre.



« Facile de résoudre ces enjeux ? Bien sûr que non ! »

« Résoudre ces enjeux de sécurité des transports sera-t-il chose facile ? Bien sûr que non », déclare la présidente du BST, Kathy Fox.

Selon elle, le gouvernement et les intervenants de l’industrie doivent encore travailler ensemble, en renforçant une collaboration déjà existante, et en trouvant des manières nouvelles et différentes de collaborer.

« Nous continuerons de surveiller ces enjeux, de faire état des progrès réalisés au fur et à mesure, et d’attirer l’attention là où c’est nécessaire », conclut-elle.

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