« Si nous n’agissons pas tout de suite, les lignes aériennes canadiennes vont très certainement disparaitre »


« Si nous n’agissons pas tout de suite, les lignes aériennes canadiennes vont très certainement disparaitre »

La manifestation qui était envisagée demain à Ottawa n’aura pas lieu. Les délais d’organisation étaient trop courts et les contraintes trop nombreuses. Entre autres, les manifestations sont désormais limitées à 100 personnes – et on parle d’abaisser ce nombre à 50 !

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Mais loin de baisser les bras, les organisateurs – Le groupe des travailleurs de l'industrie de l'aviation canadienne – envisagent plusieurs autres gestes à la place. Le premier : l’envoi, aujourd’hui même (22 septembre), d’une lettre au ministre des Transports, Marc Garneau, à qui ils proposent « un nouveau deal pour une aviation canadienne meilleure et plus sécuritaire » !

« Les gens veulent et ont besoin de retourner au travail », lancent-ils au ministre, dans cette lettre ouverte, qui a déjà été signée par près de 3000 personnes.

On se noie, on crie au secours, on nous étouffe...

Le propos de la lettre ne surprendra pas les membres de notre industrie. Il faut dire qu’il rejoint de nombreux autres appels lancés au gouvernement du Canada au cours des dernières semaines et derniers mois.

Néanmoins, difficile de ne pas être d’accord avec les auteurs de la nouvelle lettre lorsqu’ils soulignent que les entreprises du transport aérien et du tourisme – c’est nous, ça ! – se noient dans les dépenses et voient disparaitre des années d’acquis. Et qu'alors même que ces entreprises appellent le gouvernement à leur secours, celui-ci fait la sourde oreille et continue plutôt d’étouffer la relance en maintenant ses restrictions et les exigences de quarantaine.

« Si nous n’agissons pas tout de suite, les lignes aériennes canadiennes vont très certainement disparaitre », lance-t-on.

La lettre mentionne que deux grandes organisations internationales basées à Montréal, l’IATA et l’OACI, appellent pourtant à la réouverture sécuritaire des frontières et à la relance du transport aérien. L’OACI fournit même un mode d’emploi très complet à cet égard : le document Take-Off, dont plusieurs autres pays se sont inspirés.

L’effet de domino sera dévastateur

La lettre rappelle que l’absence de réponse du gouvernement aux demandes d’aide des entreprises du transport aérien et du tourisme laissera des milliers de personnes sans emploi.

« Et l’effet de domino sera dévastateur, pas seulement dans le secteur local, mais dans l’ensemble du Canada », insiste-t-on.

Bref, les auteurs de la lettre appellent le conseil des ministres à suivre l’exemple de la plupart des pays du G7 qui ont déjà offert du secours à leurs lignes aériennes.

« Nous demandons au gouvernement canadien de prendre, sans tarder, une approche scientifique de contrôles de risques pour soulager les restrictions imposées aux frontières du Canada. »

Alors que la 43e session du Parlement doit débuter demain, 23 septembre, à 14 h, le groupe des travailleurs de l'industrie de l'aviation canadienne implore le gouvernement à placer le sauvetage de l’industrie au cœur de ses discussions.

Pour lire la lettre ouverte, voire la signer, c’est ici. 

Ci-dessous, nous la reproduisons intégralement.


Monsieur le Ministre des Transports Marc Garneau,

L’industrie de l’Aviation canadienne est en grande difficulté et a besoin de l’aide du Gouvernement tout de suite!  Selon les statistiques du Conseil National des lignes aériennes du Canada (CNLA), les industries du transport aérien et du tourisme englobent plus de 630,000 emplois et représentent 3.2% du PIB.  Suite à l’interruption des voyages causée par la pandémie du COVID-19 et à la fermeture des postes-frontière du Canada, beaucoup des industries responsables pour ces emplois se noient dans les dépenses et voient des années d’acquis disparaitre en quelque mois, avec d’autres pertes encore plus importantes en vue.

L’OACI, dont le siège social est à Montréal, a créé un comité (CART) qui a publié un document très complet en mai 2020 (Take-Off) qui devait servir de guide afin de permettre aux pays d’ouvrir leurs frontières et d’exploiter leurs lignes aériennes dans ce nouveau contexte.  Au lieu de faire usage de ces ressources notre gouvernement a choisi de maintenir les restrictions aux frontières et de maintenir la quarantaine, mesures qui ont étouffé toutes tentatives de raviver l’écosystème du transport aérien canadien.

La IATA, une autre organisation internationale de l’Aviation, dont le siège social est également à Montréal, a récemment demandé au Gouvernement canadien de soulager les restrictions de voyage.  Plus on occasionne des dommages au transport aérien de ce pays, plus il lui sera difficile de récupérer et de redevenir compétitif, puisque d’autres pays appuient le secteur aérien en donnant de l’aide financière directe à leurs propres lignes aériennes.

Nous savons bien que l’industrie du voyage va éventuellement récupérer.  Notre principal souci réside dans le fait que sans aide immédiate du Gouvernement, beaucoup des lignes aériennes du Canada ne survivront pas la crise actuelle.

Cela laissera des milliers de personnes sans emploi, et l’effet de domino sera dévastateur, pas seulement dans le secteur local mais dans l’ensemble du Canada.  La perte des revenus d’impôts sera énorme et alors les programmes d’aide font que notre dette nationale est en train d’atteindre des sommets jamais vus, le peuple canadien se demande qui va payer pour tout cela, d’où va venir l’argent.

Les gens veulent et ont besoin de retourner au travail.

La plupart des pays du G7 sont déjà venus au secours de leurs lignes aériennes, car ils reconnaissent l’importance ce celles-ci.  Nous demandons au Conseil des ministres de venir sans tarder en aide à l’industrie aérienne du Canada. Nous demandons au Gouvernement canadien de prendre, sans tarder, une approche scientifique de contrôles de risques pour soulager les restrictions imposées aux frontières du Canada.

Ce virus ne va pas disparaitre dans un avenir rapproché.  Si nous n’agissons pas tout de suite, les lignes aériennes canadiennes vont très certainement disparaitre.  Si la IATA, l’OACI, et beaucoup de pays reconnaissent que les lignes aériennes vont jouer un rôle primordial dans la reprise économique, comment cela est-il possible que le Gouvernement du Canada de ne le voit pas de la même manière ?

« Ces mesures, applicables aux États, aux exploitants aéroportuaires, aux lignes aériennes et aux autres acteurs dans l’industrie du transport aérien, sont conçues afin de permettre une expérience de voyage consistante et prévisible.  Elles contribueront au transport aérien d’un nombre grandissant de passagers et de fret de manière efficace, sécuritaire, sure, et durable tout en minimisant le risque de transmission du COVID-19 entre ces groupes et le grand public. La mise en œuvre de ces mesures facilitera et renforcera la reprise post-pandémie » CART, Council Aviation Recovery Task Force.

Le 23 septembre 2020, la seconde session du 43e Parlement doit entre en session à 14h.  Nous vous implorons de faire le sauvetage de l’industrie de l’aviation canadienne une priorité de vos discussions.

Veuillez agréer, l’expression de nos sentiments distingués.

Le groupe des travailleurs de l'industrie de l'aviation canadienne

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