Selon l’IATA, ça va « de mal en pis » pour l’aviation !


Selon l’IATA, ça va « de mal en pis » pour l’aviation !
Alexandre de Juniac, directeur général et chef de la direction de l’IATA.

L’IATA vient d’« annoncer » – on ironise ici ! – que ça va mal pour l’aviation. Ça va même « de mal en pis », affirme l’Association, en révélant que le trafic de passagers a encore diminué en janvier.

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« Le début de 2021 est encore pire que la fin de 2020, et cela en dit long », commente Alexandre de Juniac, directeur général et chef de la direction de l’IATA.

Le trafic passager de janvier 2021 a diminué tant en comparaison de la période pré-COVID (janvier 2019) que du mois précédent (décembre2020).

Ainsi, la demande totale en janvier 2021 était en baisse de 72 % par rapport à janvier 2019. C’est pire que le déclin de 69,7 % en glissement annuel observé en décembre 2020.

Si on ne parle que du trafic de passagers internationaux, la baisse était de 85,6 % par rapport à janvier 2019 (et de 85,3 % par rapport à décembre). La chute est moins marquée pour ce qui est de la demande intérieure : -47,4 % par rapport à janvier 2019, et -42,9 % par rapport à décembre.

IATA explique ne pas faire de comparaison entre janvier 2021 et janvier 2020, parce que celles-ci seraient « biaisées en raison de l’impact extraordinaire de la COVID-19 ». L’Association préfère faire référence à 2019, « alors que le schéma de la demande était normal ».

L’effet de l’incertitude sur la durée des restrictions

« Dire que l’année 2021 n’a pas bien commencé serait un euphémisme. Les perspectives financières pour l’année se dégradent, alors que les gouvernements resserrent les restrictions de voyage », observe Alexandre de Juniac.

C’est qu’en effet, même si les programmes de vaccination prennent leur élan, les nouveaux variants de la COVID poussent les gouvernements à accentuer les restrictions de voyage. Or, l’incertitude sur la durée de ces restrictions a aussi des incidences sur les voyages futurs.

« Les réservations en février de cette année pour la saison d’été dans l’hémisphère Nord étaient en baisse de 78 % par rapport à février2019 », indique M. de Juniac.

Ainsi, l’IATA prévoit désormais que l’industrie consommera de 75 à 95 G$ US de liquidités cette année, plutôt que de retrouver une trésorerie positive au quatrième trimestre (comme l’Association le prévoyait précédemment).

Besoin d’aide additionnelle

« Ce n’est pas une situation que l’industrie pourra supporter s’il n’y a pas d’aide additionnelle de la part des gouvernements », souligne le DG de l’IATA.

Selon lui, les capacités de dépistage accrues et la distribution des vaccins sont des éléments clés pour que les gouvernements puissent libérer l’activité économique, y compris les voyages.

« Il est essentiel que les gouvernements élaborent et partagent leurs plans de relance ainsi que les critères de référence qui les guideront. Cela permettra à l’industrie de se préparer à stimuler la reprise sans délai inutile », affirme M. de Juniac.

Selon l’IATA, il faut d’urgence des normes mondiales pour enregistrer les données de test et de vaccination dans des formats reconnus internationalement.

« Ces normes seront essentielles pour redémarrer les voyages internationaux si les gouvernements continuent à exiger des données vérifiées sur les tests et les vaccins », déclare Alexandre de Juniac.

Les avantages du Travel Pass de l’IATA

Il rappelle que l’IATA va bientôt lancer le Travel Pass pour aider les voyageurs et les gouvernements à générer les attestations de santé numériques.

« Mais les avantages complets du Travel Pass de l’IATA ne pourront être obtenus tant que les gouvernements ne s’entendront pas sur les normes de l’information désirée », conclut M. de Juniac.

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