Remboursement vs crédit voyage : l’IATA prône les bons de voyage !


Remboursement vs crédit voyage : l’IATA prône les bons de voyage !
Alexandre de Juniac, directeur général et chef de la direction de l’IATA.
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

L’industrie aérienne traverse la pire crise de son histoire. L’IATA prévoit que les recettes de ventes de billets vont chuter de 44 % en 2020.

Alors que la plupart des compagnies aériennes décaissent davantage pour le remboursement aux passagers qu’elles n’encaissent en nouvelles réservations, leur besoin le plus urgent est de préserver leurs liquidités pour payer les salaires et assumer leurs coûts fixes.

LIRE PLUS : Plaidoyer en faveur des crédits pour voyages futurs

Les crédits voyages pour faire face à une crise de liquidité critique

« Notre industrie vit une crise de liquidité critique », résume Alexandre de Juniac, directeur général et chef de la direction de l’IATA.

Dans une lettre ouverte à la communauté des agents de voyages, M. de Juniac défend le principe des crédits voyages pour faire face à cette crise.

« Dans ce contexte, nous croyons que la meilleure solution, pour les compagnies aériennes comme pour les agences de voyages, serait que les autorités de régulation assouplissent leurs exigences de remboursement et permettent aux compagnies aériennes de remettre plutôt des bons de voyage », écrit-il.

Évoquant la récente déclaration de l’Office des transports du Canada, le DG de l’IATA prend soin de remercier le Canada « qui a déjà reconnu la nécessité de cette approche ». D’autres pays, dont la Colombie et les Pays-Bas ont  fait de même et l’IATA souhaite que d’autres gouvernements encore emboîtent le pas.

LIRE PLUS : L’OTC approuve les crédits pour des vols futurs

Selon l’IATA, les bons de voyage peuvent être gérés par le BSP (le Plan de facturation et de règlement de l’IATA) par le biais de processus et procédés déjà existants.

« Cela soulagerait les agents de la pression associée au remboursement de ces sommes à un moment où les compagnies aériennes prennent des décisions en fonction de leur besoin de préserver leurs réserves de trésorerie », opine M. de Juniac.

Sachant que son option fait l’objet d’une vive controverse en Europe, l’IATA se dit disposée à en discuter « de façon ouverte et collaborative » avec la communauté des agents de voyages (représentée au Conseil mixte mondial du Programme des agences de passagers – PAPJGC).

L’IATA dit vouloir ainsi « élaborer un processus visant ces bons, qui sera bénéfique pour les compagnies aériennes, les agents de voyages et les consommateurs ».

LIRE PLUS : L’AAVQ et l’ATOQ pressent Québec d’officialiser l’offre de crédits pour voyage futur à la place d’un remboursement

« L’IATA adopte une approche flexible »

Dans sa lettre ouverte aux agents de voyages, Alexandre de Juniac assure par ailleurs que l’IATA fait de son mieux, dans le contexte de crise actuelle, pour répondre aux attentes de flexibilité de ses membres et de ses partenaires d’affaires. Mais en même temps, l’IATA doit veiller sur la viabilité les systèmes qui constituent l’épine dorsale de l’industrie, précise-t-il.

« Pour les agents de voyages, cela suppose d’accepter que les règlements soient effectués un peu plus tard, sans pénalités », affirme M. de Juniac.

Selon lui, bien que les périodes de remise soient demeurées conformes aux calendriers des BSP, l’IATA adopte une approche flexible – ce que confirment les données préliminaires « puisque les taux de défaut de 2020 sont légèrement inférieurs à ce qu’ils étaient il y a un an, malgré les pressions sur le système en 2020 ».

« De plus, nous permettons aux agents de continuer à vendre des billets, en utilisant des méthodes sûres, même s’ils accusent des retards dans les remises », ajoute le DG de l’IATA.

Par ailleurs, l’IATA reconnaît que, dans l’environnement actuel, il peut être difficile, voire impossible, de faire réaliser des audits financiers ou d’organiser des garanties financières.

« Nous offrons d’étirer d’un mois les délais pour le dépôt de ces déclarations », souligne Alexandre de Juniac.

LIRE PLUS : Tout ce qu'il faut savoir sur la COVID-19

Indicateur