Quand l’aviation demande de l’aide et reçoit… de nouvelles mesures restrictives !


Quand l’aviation demande de l’aide et reçoit… de nouvelles mesures restrictives !

Depuis le début de la pandémie, moins de 2 % de tous les cas de COVID signalés au Canada proviennent de personnes qui ont voyagé à l’extérieur du pays.

La tendance est-elle à la hausse ? Non. Depuis septembre, les cas associés aux voyages internationaux ne représentent même que 1 % ou moins.

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D’ailleurs, les organismes de santé au Canada et dans le monde ont reconnu publiquement le faible risque de transmission à bord des avions, y compris lors de voyages internationaux.

Alors que les compagnies aériennes encaissent une baisse de 90 % de leur trafic de passagers, alors que leurs revenus sont imprévisibles, voire inexistants, alors que des dizaines de milliers d’employés des compagnies aériennes ont déjà perdu leur emploi, le gouvernement ne leur a encore accordé aucune aide spécifique.

Au contraire : le gouvernement étudie de nouvelles mesures potentielles pour réduire encore plus les déplacements, vient-on d’apprendre.

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Qui plus est, Ottawa envisage ces nouvelles mesures alors qu’il vient tout juste de soumettre l’industrie à une autre rude épreuve, en l’obligeant à mettre en œuvre, en l’espace d’une semaine, un régime de tests avant les vols vers le Canada.


Quand transporteurs et syndicats parlent d’une seule voix


C’est dans ce contexte que le CNLA (qui représente Air Canada, WestJet, Jazz et Transat) et quatre syndicats représentant plus de 325 000 travailleurs canadiens (APAC, ALPA, Unifor et SCFP) appellent le gouvernement fédéral à la coopération.

Le CNLA et les dirigeants syndicaux ont adressé une lettre commune aux ministres Omar Alghabra (Transports), Bill Blair (Sécurité publique), Patty Hadju (Santé), Marc Garneau (Affaires étrangères), Marco Mendicino (Immigration) et au président de l’ASPC, Iain Stewart.

Ils rappellent que, depuis le début de la pandémie, les compagnies aériennes et les travailleurs du secteur aérien ont dû mettre en œuvre « une myriade de nouvelles réglementations » conçues pour protéger la santé des employés, des passagers et du public. Ils l’ont fait de bon gré.

« Tout au long de cette pandémie, chacun de nos syndicats a défendu la sécurité du public et des passagers. Aujourd’hui n’est pas différent », déclare Tim Perry, président de l’ALPA Canada.

Le CNLA et les syndicats souhaitent toutefois que toute mesure supplémentaire soit basée sur « un solide régime de tests scientifiques et de données ».

Ils souhaitent aussi que le Canada s’inspire des procédures en vigueur dans d’autres pays ainsi que des travaux en cours de l’OACI – « qui continue à développer les meilleures pratiques mondiales en collaboration avec les principaux pays membres, dont le Canada ».

« Nous soutenons des mesures de sécurité bien réfléchies, résume Wesley Lesosky, du SCFP. Mais nous devons également veiller à ce que l’industrie de l’aviation canadienne soit en mesure de se redresser à terme, afin de donner de l’espoir aux dizaines de milliers d’employés de l’aviation qui ont perdu leur gagne-pain. »

« Avec une baisse de 90 % du trafic, nos compagnies aériennes ont épuisé leur trésorerie, et nous n’avons toujours pas vu d’aide se rapprocher de celle que les autres transporteurs internationaux ont reçue. Le Canada doit agir de toute urgence sur ce front », lance Jerry Dias, président national d’Unifor.

« Nous voulons travailler avec le gouvernement en tant que partenaires, alors que des mesures sont en cours de discussion, pour assurer une mise en œuvre efficace et éviter des conséquences involontaires », conclut Mike McNaney, PDG du CNLA.

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