Oui au couvre-visage pour les passagers et au masque pour l’équipage. Non à la distanciation sociale en vol !


Oui au couvre-visage pour les passagers et au masque pour l’équipage. Non à la distanciation sociale en vol !
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

L’IATA plaide en faveur du port du couvre-visage pour les passagers et du port du masque pour les membres d’équipage à bord des aéronefs. L’Association s’oppose toutefois à la distanciation sociale en vol.

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Selon l’IATA, le couvre-visage et le masque peuvent être considérés comme des éléments critiques d’une approche à plusieurs niveaux de la biosécurité, à mettre en œuvre temporairement lorsque les gens recommenceront à voyager par avion.

En revanche, l’IATA juge inutile l’imposition d’une mesure de distanciation sociale qui obligerait à garder inoccupé le siège central.

« Les preuves indiquent que le risque de contamination à bord des aéronefs est faible. Le port du couvre-visage ou du masque par les passagers et l’équipage réduira davantage le risque déjà faible… »

Surtout, l’IATA évalue qu’une telle mesure de distanciation sociale augmenterait dramatiquement les coûts du transport aérien.

« Nous devons trouver une solution qui rassure les passagers tout en maintenant les coûts des voyages aériens abordables », plaide Alexandre de Juniac, directeur général et chef de la direction de l’IATA.

Autres mesures temporaires de biosécurité

En plus du couvre-visage, on propose d’autres mesures temporaires de biosécurité :

  • Prise de température des passagers, des employés de l’aéroport et des voyageurs.
  • Procédures d’embarquement et de débarquement qui réduisent les contacts entre les passagers et avec les membres d’équipage.
  • Limitation des déplacements dans la cabine durant le vol.
  • Nettoyage de la cabine plus fréquent et plus en profondeur.
  • Simplification des procédures de service à bord, de façon à réduire les déplacements des membres d’équipage et les interactions avec les passagers.

L’IATA ajoute que, lorsqu’il y aura des méthodes éprouvées et disponibles à grande échelle, le dépistage de la COVID-19 ou l’utilisation du passeport immunitaire pourraient aussi faire partie des mesures temporaires de biosécurité.

« Les passagers sont assis et regardent vers l’avant... »

Pour justifier son opposition à la restriction d’utilisation du siège central, l’IATA évoque diverses études, notamment l’une démontrant que le suivi des contacts après un vol de la Chine vers le Canada à bord duquel se trouvait un passager ayant des symptômes de COVID-19 n’a révélé aucun cas de transmission à bord.

L’IATA fait aussi valoir que les passagers d’un avion sont assis et regardent vers l’avant, et il y a peu d’interactions face à face; que circulation de l’air se fait du plafond vers le plancher; que la circulation d’air intense ne favorise pas la circulation des gouttelettes; que les filtres à air à haute efficacité nettoient l’air de la cabine à un niveau qui correspond à celui des salles d’opération des hôpitaux, etc.

« De plus, même si on oblige les transporteurs aériens à maintenir le siège central inoccupé, cette mesure ne permettra pas d’assurer la distanciation recommandée. La plupart des autorités recommandent une séparation d’un à deux mètres, alors que la largeur moyenne des sièges est de moins de 50 cm », insiste l’IATA.

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